MX France

Interview Anthony Boissière : « De retour en motocross ! »

Article ajouté le 13/02/2017

Après une longue parenthèse en enduro avec Sherco, Anthony Boissière fait son come-back sur les circuits de MX au sein du Team 2B - Moraco. A 31 ans, le sudiste était sur la grille de départ des Masters à Lacapelle Marival !

Tu avais quitté le motocross fin 2012. Te voilà de retour sur les circuits… à 30 ans passés !

Je me suis lassé un petit peu de l’enduro. Je m’amusais bien en championnat de France, ce sont de belles courses, c’est bien organisé. Mais j’avais plus de mal en Mondial. Les spéciales étaient un peu moins belles à mon goût, et un peu plus typées « extrême ». Comme pour pas mal de pilotes, ça ne me convenait pas spécialement. J’ai préféré me retirer de cette discipline qui me plaisait au début mais qui, au fil du temps, m’amusait de moins en moins. Marcher tout le temps et ne pas prendre de plaisir en EnduroGP, finalement ça m’a fatigué. Pour moi, la moto doit rester un plaisir. Mais ça m’a fait du bien, j’ai vu d’autres choses durant quatre saisons.

Chez Sherco, on ne t’a pas laissé l’occasion de continuer à développer le modèle de MX ?

C’est vrai qu’on avait un petit peu commencé à travailler sur cette machine. Mais il restait beaucoup de boulot. Cela aurait nécessité pour eux de s’y consacrer à plein temps, sans faire de l’enduro à côté. Et moi de mon côté, à mon âge, j’avais envie de rouler sur une moto déjà prête à courir.

Comment as-tu organisé ton come-back dans la discipline ?

J’ai renoué le contact avec Hervé Broyer du team 2B Yamaha, qui m’a proposé cette opportunité de rouler en MX2 avec la 250 YZ-F. J’avais aussi de bonnes connexions avec Greg Aranda, qui fait partie de la structure depuis un bon moment. Lui aussi croyait en moi. Ça s’est fait doucement. Je roule en MX depuis janvier, j’ai écumé pas mal de terrains. Avec Greg on roule ensemble. C’est intéressant car il possède une super vitesse de pointe. Ça se passe super bien.

On se souvient de cette victoire de manche sur le GP d’Afrique du Sud en 2005, sur une moto bleue. Le retour sur une Yamaha, c’est symbolique ?

Ce sont des super motos, j’ai toujours aimé la marque et oui, j’ai toujours bien roulé sur des Yam. Dans le deal avec 2B, il y avait aussi cet aspect positif. On a un kit GYTR sur le moteur et des suspensions préparées par Intech Developpement, mon matériel marche fort. Après honnêtement, aujourd’hui je fais cette démarche de retour en MX surtout pour le plaisir. Je ne me mets pas la pression, je prends mes résultats de manière un peu plus cool qu’avant. Ce n’est pas maintenant que je vais devenir champion du monde. J’ai fait de bons résultats en Grands Prix entre 2005 et 2011. A présent, la compétition, c’est pour le fun. Je pense que je suis encore capable de faire de belles choses… on verra bien !

Anthony Boissière Lacapelle Marival 2017

Cinq ans sans motocross. Sur la grille de départ à Lacapelle , il se passait quoi sous le casque ?

J’avais de la pression, mais je dirai positive. J’avais juste envie de voir comment ça allait rouler, je n’avais pas de mauvais stress. Pour être franc, là où j’ai eu le plus de mal, c’est le matin aux essais chronos. Il faut d’entrée aller vite. Alors qu’après en manche, une fois que c’est parti, les écarts se font et tu vois où t’en es. J’ai toujours été comme ça, et mon expérience en enduro seul face au chrono ne m’a pas fait évoluer sur ce point. Je suis plus un pilote de « manche » et de pack, c’est comme ça ! Après tout, les chronos c’est important, mais c’est pas là où tu marques des points…

Comment s’est passée la course ?

Pour moi c’est un super week-end, une bonne reprise. Ça faisait si longtemps que je ne m’étais plus présenté derrière une grille ! Comme je l’ai dit, les essais ça n’a pas été facile. Mais au fur et à mesure du roulage, je me suis mis dedans petit à petit. Ça c’est bien passé, je suis assez content de mes résultats. Bon, c’est pas la folie (Toto score 9/7/17, NDLR). Mais c’est correct pour un retour. La piste était top, le club a super bien bossé. La texture du sol était difficile car ça se défonce beaucoup. Même si le terrain n’était pas facile, j’ai quand même pris beaucoup de plaisir.

Quels enseignements tires-tu de cette première confrontation ?

J’ai vu que j’avais des progrès à faire dans les départs. Ma sortie de grille n’était pas top. Je vais bosser sur ce point. Après je suis pas mal au niveau général, peut-être un peu court physiquement. Il est vrai que j’ai accumulé pas mal de roulage ces derniers temps. Il y a plein de jeunes qui roulent super bien, il faut que je continue à m’entraîner pour être à 100 %.

Le passage par la case enduro t’a appris des choses pour ce retour au MX ?

Complètement. Ça peut paraître étonnant pour certains mais au niveau de la traction, de la vitesse pure dans les virages à plat, ça amène des choses.

A ton âge, avec deux grosses blessures aux vertèbres en 2011 et 2014, comment on se sent parmi la meute des jeunes loups ?

C’est sûr qu’on réfléchit un peu plus. Quand il y a des gros risques à prendre, j’y regarde à deux fois. Avant, j’aurais foncé tête baissée. Et puis je suis aussi papa d’une petite Tess depuis août dernier. Mais ce n’est pas pour ça que je suis moins performant. C’est sûr que j’ai subi des grosses blessures au dos, et que je ne suis pas super de ce côté là. Mais à part ça, je touche du bois, mon corps est encore « jeune », je suis en forme. Aujourd’hui dans le motocross, il y a plein de nouvelles choses. J’ai l’impression d’arriver dans une discipline que je ne connais pas. Ça me remotive !

Quel est ton programme pour 2017 ?

J’avais prévu de faire le championnat Elite en MX2, quelques cross inters, et le championnat de France de SX. Sauf que j’ai un problème avec le supercross. Une limite d’âge a été prise et je ne pourrai pas rouler en 250. Donc je ne sais pas encore ce que je vais faire. Déjà je vais me consacrer aux six courses de l’Elite, aux cross inters, et je verrai bien.

Ton objectif ?

Dans les années 2000, j’ai été plusieurs fois vice-champion de motocross en France. A chaque fois je suis tombé sur des pilotes de niveau mondial, ça roulait fort. Cette année, je ne sais pas comment les jeunes ont évolué ni comment ils vont se comporter. Mais je vais faire mon maximum ! 

 

Par la rédaction - Photos ©Fred Cauchy, Chris Photographie
 
MOTOCROSS EMAG

Dernières vidéos

  1. La saviez-vous ? Le jour où Millsaps a remporté son premier SX 450.
    A 29 ans, Davi Millsaps fait figure de doyen dans le pack us.
  2. Video : GoPro de Minneapolis.
  3. Video : le team Rockstar Energy Husqvarna
  4. Video : Le team Suzuki World MX2 GP
  5. Video : Riding Zone, dans l'intimité de Marvin Musquin.