MX France

Interview Livia Lancelot : Les filles, venez sur le MXF !

Article ajouté le 13/03/2017

Une semaine après le naufrage indonésien, Livia Lancelot a repris le chemin des pistes de cross pour l’ouverture du championnat de France féminin à Château Gontier (53). Victorieuse des deux manches, la sextuple championne de France a presque oublié ses mésaventures asiatiques. Presque…

 

Alors Livia, comment t’es tu préparée pour cette première du France ? Entraînement à bloc ?

« Loin de là. Déjà, je ne suis rentrée d’Indonésie que mardi. Une vraie tannée ce voyage, entre les 25 heures d’avion, les escales, le trajet en arrivant à Paris pour rejoindre la maison de mes parents. Ça n’en finissait pas. Je suis du genre à bien encaisser le jet lag, mais quand tu t’enfiles un tel trip, t’es toujours éprouvé à l’arrivée et j’avoue que j’ai préféré ne rien faire de la semaine pour récupérer. En plus, j’avais besoin de digérer ce week-end pourri. Quand tu t’entraînes comme une forcenée tout l’hiver et que tu débutes par un tel GP, ça te mine le moral. Donc c’était une semaine off. Hormis ma récupération lundi, je n’ai rien fait. »

Donc la pillule indonésienne n’est toujours pas passée ?

« Non, vraiment pas. Normalement je devais en repartir avec la plaque rouge et par la faute de cette casse mécanique qui me fait chuter, j’ai déjà du retard au championnat. En plus, c’était vraiment un GP horrible à vivre. Sans parler du coût du déplacement… La caisse avec ma moto n’est pas encore rentrée mais j’imagine que mon second moteur de course est lui aussi à mettre à la benne. Comme le premier ! »

Qu’est-ce qui a cassé d’ailleurs lors de cette première manche ?

« On ne sait pas. On n’a pas eu le temps de démonter le bloc sur place… Mais bon, avec les conditions de roulage horribles, il est clair que c’est un problème de surchauffe. Quand tu mets un moteur 4T pleine charge pendant un bon bout de temps avec des radiateurs maculés de boue, il n’aime pas trop. Dans des conditions normales, il aurait tenu sans problème, mais là, ça ne l’a pas fait. En seconde manche, j’ai quand même fini avec seulement 200 cl de liquide de refroidissement ! »

Tu aurais préféré qu’ils annulent la course ?

« Oui. Et je pense que je n’étais pas la seule. Là, tous les moteurs sont à mettre à la benne. La grande question, c’est pourquoi organiser une épreuve de motocross en pleine saison des pluies. L’année dernière, le même week-end, la ville était sous un mètre d’eau ! En plus la préparation de la piste n’a pas été judicieuse. En grattant le sol si profondément, ils l’ont transformé en une mare de boue. »

Tu devais être heureuse de la météo à Château Gontier… Là encore, ce fut arrosé ?

« Oui, mais rien à voir avec l’Indonésie. Le sol étant dur, il n’y avait qu’une pellicule de boue en surface. C’était bien plus facile et sécurisant à rouler qu’à Pangkale Pinang ! D’ailleurs je ne suis pas certaine que beaucoup de filles seraient parvenues à y rouler là-bas tant c’était piégeux. »

Racontes nous tes manches d’hier ?

« La première manche fut assez simple car je suis sortie devant au départ. Mais en seconde, je me suis bien ratée et il m’a fallu forcer un peu pour revenir sur la tête. Car le niveau est hyper homogène. Si tu regardes les chronos, tu t’aperçois que de la 2e à la 8e place, les filles se tiennent dans un mouchoir. Chaque point est âprement disputé. »

Tu prends donc plaisir à y rouler ?

« Oui. Même si je suis un peu au dessus du lot, c’est un championnat sympa à disputer car encore une fois, pas mal de filles roulent à la même vitesse ce qui donne de belles courses. Et puis je me suis tant battue pour qu’on dispose de notre propre championnat, nous les filles, que je ne vais pas aujourd’hui le délaisser. D’ailleurs, nous étions près de 39 à y participer, ce qui est un chiffre encourageant. Pour un peu, il fallait organiser des qualifs. »

Le titre reste donc un de tes objectifs prioritaires ?

« Oui, même si évidemment, le titre mondial est ma grande priorité. Mais c’est un bon championnat car il me permet d’accumuler du roulage et de choper du rythme. Je pourrais évidemment participer au National MX2, mais je préfère être ici et le compléter par des cross inters, des Elite. D’ailleurs, j’ai prévu de rouler à Saint-Jean ce week-end. Et Romagné ensuite. Le message que j’ai envie de faire passer aux filles, c’est : « Venez sur ce championnat. » Au moins pour voir. Vous faites les essais et si vous ne vous sentez pas d’y participer parce que c’est trop rapide, et bien vous regardez pour apprendre. Avec le temps, vous progresserez et pourrez rouler avec nous. C’est en roulant qu’on progresse et je pense que si chacune garde à l’esprit les règles élémentaires de sécurité sur la piste, et notamment, reste attentive aux drapeaux, alors on peut toutes rouler ensemble sans se faire mal. »

 

Vincent Boudet, photos Mediacross
MOTOCROSS EMAG
 

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