MX France

Interview Milko Potisek

Article ajouté le 02/01/2017

Blessé au genou à mi saison, Milko Potisek a vécu une nouvelle année difficile lui qui avait déjà dû se remettre d’une saison 2015 ternie par une double fracture tibia péroné. Annoncé dans le team 24MX pour 2017, il espère repartir du bon pied avec une campagne mondiale fructueuse même si avant cela, un gros morceau l’attend, l’Enduropale ! Et une confirmation de son futur team...

 

Alors Milko, ça y est, te revoilà d’attaque ?

« Quasiment ! Cela fait quatre mois exactement que je me suis fait opérer de mon genou et si c’est encore un poil juste, je vais reprendre la moto ces jours-ci. L’articulation tient bien. »

Ça semble précipité quand même !

« Mouais… C’est certain que pour une personne « normale », c’est précoce maintenant, pour un sportif, ça le fait. C’est toujours moins chaud que Dylan (ndr, Ferrandis) qui a roulé après trois mois ! Déjà l’année dernière, il avait rattaqué ainsi et j’avoue que ça m’avait bluffé. »

Elle datait de quand cette blessure ?

« C’est à Saint-Thibéry lors de l’Elite que je me suis abimé le genou la première fois : ça a tapé et je me suis cassé le ligament et détruit le ménisque. Mais je ne voulais pas me faire opérer. Ça signifiait une nouvelle saison off et on m’a dit qu’en strappant, avec pas de musculation, l’articulation pouvait tenir. J’ai roulé comme ça une bonne partie de l’année, avec dans l’idée de voir ça plus tard. Mais lors d’un cross inter à Gimont, j’ai cassé mon amortisseur sur un appel de saut et je me suis réceptionné sur les genoux. C’était le coup de trop. Par la suite, il n’a cessé de se déboîter. En roulant, en marchant. Je suis même resté 40 minutes bloqué dans un transat à cause de lui. Il a fallu que je me le remette seul… Bref, l’opération était inéluctable et au final, d’après mon chirurgien, il a pas mal morflé. Il fallait mieux y passer le plus vite possible. »

On a vu ton nom inscrit sur la liste officielle des teams du MXGP, chez 24MX, tu rempiles donc pour une nouvelle année de grand-prix ?

« Et bien, je vais t’avouer que c’était une surprise de voir mon nom sur cette liste ! Si l’on a bel et bien discuté avec 24MX et que, à priori, on est d’accord sur les grandes lignes du contrat, il reste des trucs à voir. Tout n’est pas complètement validé. Ça devrait l’être vers le 5, 6 janvier. »

Tu souhaites en tout cas poursuivre en GP ?

« Oui. C’est sportivement le top. C’est là que tout se passe et j’ai montré que j’étais capable de faire de belles choses même si avec mon genou, j’ai pas mal galéré la saison dernière. J’ai tellement investi dans les grands-prix que je trouve dommage de m’arrêter maintenant. Surtout que 24MX dispose d’un team compétent. Ils l’ont prouvé en sortant des pilotes comme Desalle, De Dycker… Je ne peux pas laisser tomber maintenant. J’ai 27 ans, c’est maintenant ou jamais. »

Ça présente un intérêt de faire les GP dans une structure privée, comme celle dans laquelle tu évoluais, Tip Top Racing ?

« C’est un peu déraisonnable c’est sûr, car ça coûte très cher. Mais avec Hervé (ndr, Hagnéré, le boss de Tip Top), on voulait tellement les faire que l’on a accepté l’idée d’y laisser des plumes. Après, ça reste du cross. Se battre avec quasi rien contre les structures usines, c’est possible dans notre sport. Mais bon, il est vrai que c’est usant et qu’en ce moment, j’ai plutôt envie de me concentrer sur mon entraînement. Me contenter d’être pilote. Aller chercher des sponsors, c’est pénible, même si Megan, ma copine, m’a bien aidé. »

"J’ai 27 ans. Les GP, c’est maintenant ou jamais !"

Qu’est-ce que tu retiendras de cette année ?

« Quelques belles manches, comme en Angleterre, en France, en Lettonie… Après, j’ai eu un gros souci, mes départs. Je n’en ai pas réussi un de l’année ! Alors que normalement, je me débrouille pas trop mal… »

Le championnat comptera 20 GP cette année, c’est encore plus lourd à encaisser physiquement ?

« 17, 18 ou 20 courses, c’est à peu près identique. Le problème, c’est d’ajouter à ce championnat un autre, national celui-là. Les sponsors aimeraient bien qu’on y participe mais c’est chaud, physiquement ou matériellement. Sans parler des concurrences de dates et des risques de blessure. »

Tu ne devrais donc pas repiquer au SX, comme tu l’avais fait il y a deux ans ?

« J’ai pris énormément de plaisir à rouler en SX et j’ai adoré rouler à Lille, devant mon public, mais il y a une différence énorme entre rouler à l’entraînement et en course. Je l’ai expérimenté. Mais là, tout de suite, je ne m’imagine pas sur une piste de SX. C’est trop loin et il faut que je me canalise. J’ai un objectif aujourd’hui, c’est le Touquet ! D’ailleurs, c’est pour cela que j’ai déjà repris la moto. L’Enduropale, c’est dans un gros mois, je n’ai plus de temps à perdre ! »

Tu vises une belle place ?

« Il y a tellement de facteurs qui peuvent entrer en ligne de compte lors de cette course que je me dis que tout peut arriver. D’après ce que j’ai entendu, la nouvelle Honda est une super machine donc, je ne suis pas inquiet. Ça aurait de l’allure de gagner avec cette moto, totalement nouvelle. Comme Tim l’avait fait avec la Honda en 2008. En tout cas, il me reste 5 grosses semaines pour être en forme à l’Enduropale, il ne faut pas traîner. Je vais reprendre mercredi avec une moto prêtée par 24MX, une 2016. Pour retrouver des sensations et voir comment se comporte mon genou. Là, ça risque de tirer mais dans 5 semaines, ça devrait le faire. »

On devrait te croiser à Loon Plage alors ?

« Non, je vais bouger. Je roule une fois ou deux ici et ensuite, je migre vers le sud. En Italie, je pense, où les conditions sont parfaites. Ça coûte des sous, mais si tu veux bien bosser, c’est obligatoire. Après j’avoue que dans ma tête c’est un compliqué aujourd’hui car je ne sais pas totalement de quoi sera fait demain. Je vous tiens au jus ! »

La rédaction, photos RedBull, FFM.
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