MX France

Le Feuilleton à Tonton Riton : "Honneur au Cross-Country !"

Article ajouté le 07/04/2017

Salut les p’tits n’veux ! Faut que je vous cause, ce jour, d’une discipline très cool qui, c’est dommage, ne bénéficie pas de toute la popularité qui devrait logiquement l’accompagner : le cross-country. Si le championnat de France (ou CFCC), organisé et promu par Thierry Chevrot, trace sa route bon an mal an, son petit bonhomme de chemin dirai-je, s’il peut être considéré comme plutôt bien portant, il me paraît navrant de constater que cette jolie série reste un peu trop confidentielle. La seconde épreuve du millésime 2017 aura lieu ce week-end en Dordogne, après une ouverture réussie quoique plutôt humide voici trois semaines dans l’Aisne. Seul hic, à mon sens, on n’en entend pas assez parler, de ce CFCC. Alors justement, parlons-en !

 

Aux USA, le cross-country est la forme la plus populaire de compétition off-road : entre véritable motocross et enduro pur et dur (outre-Atlantique l’AMA National Enduro se résume pratiquement à des qualifications en vue des ISDE), le gros de l’énorme troupe des amateurs de compétition tout-terrain participe à longueur d’année à toutes sortes d’épreuves de ce type à travers le pays, à l’échelon local, régional ou national. Si, au niveau le plus élevé, le championnat GNCC (Grand National Cross Country, « America’s premier off-road racing series ») créé par le journaliste Dave Coombs et ses parents au milieu des années 70 fait figure de porte-drapeau de la spécialité, il existe des tas d’autres compétitions du même style et en particulier celles groupées sous la bannière WORCS (World Off-Road Championship Series), sorte de pendant « West » (courses dans l’Utah, le Nevada, l’Arizona et bien sûr la Californie) du GNNC, dont les treize épreuves annuelles se déroulent toutes quant à elles dans la moitié « Est » des Etats-Unis. Mais on pourrait aussi citer le National Hare & Hound (NHHA) et bien d’autres compètes, dont de nombreuses courses dites de désert (WHS, Score, etc), vu qu’elles ont surtout le fameux Wild West pour décor.

 

En France, s’il existe depuis des lustres une certaine tradition de l’endurance tout-terrain, spécialité qui a même donné naissance dans les années 80 à des variantes de très longue durée avec les mythiques Bol d’Herbe et 24 Heures de Bretagne, si l’on peut par ailleurs se vanter de posséder un championnat de France des Sables au succès impressionnant qui, nature des sols mise à part, reprend en gros les mêmes règles, le dénommé cross-country aura connu une évolution plus laborieuse...

 En France, le dénommé cross-country aura connu une évolution plus laborieuse...

Jusqu’en l’an 2000, comme on l’a dit, toutes sortes d’épreuves d’endurance TT avaient su fleurir ici et là, regroupant sur des terrains de cross (le plus souvent) et largement au-delà, au long de parcours de cinq à vingt kilomètres de nature tout à fait variée, crossmen, enduristes et autres deux ou trois heures durant, voire un peu plus… C’est alors, sous la houlette de David Castera, qu’un premier championnat de France de Cross-Country a vu le jour au début du nouveau millénaire. Mais lorsque le Béarnais s’en est éloigné, au bout de quatre ou cinq saisons, pour se consacrer au championnat de France d’Enduro puis au Dakar, le bébé a périclité… Jusqu’à carrément disparaître du paysage, une dizaine d’années durant.

 

Lors des éditions 2001, 2002 et 2003, cela dit, le championnat avait fait escale en Charente, à Marsac : ceux qui y étaient se souviennent d’étapes remarquables, des finales notamment, clôturant la saison en beauté, réunissant jusqu’à quelque trois cent cinquante pilotes. A l’origine de ces superbes manifestations demeurées dans les mémoires, un certain Thierry Chevrot, Charentais et enduriste de son état, très tôt vacciné au cross-country, cette discipline mêlant cross, enduro et endurance, soit tout ce qu’il a toujours aimé ! S’il en est un qui fut déçu de voir sombrer corps et biens ce CFCC première époque, c’est bien lui. Alors l’homme a gambergé, pas mal, ça lui a même pris un certain temps, mais il a fini par se décider et se lancer. Et au début des années dix il est allé rendre une petite visite à la Fédération. Là il a proposé un plan très précis, afin de rendre à l’off-road français son championnat de cross-country…

 

Le règlement avait survécu dans les tiroirs de la rue Parmentier. Dans ses grandes lignes il est inspiré de celui du GNCC : un pilote, une moto non immatriculée, trois heures de course non-stop, sur un circuit fermé d’une dizaine de kilomètres environ… Si ce n’est la procédure de départ, par « vagues » toutes les trente secondes, c’est à peu près la formule du Touquet et autres courses de sable, au passage. Et, comme sur la Côte d’Opale et surtout comme aux USA, Chevrot a lui aussi voulu consacrer la journée du samedi, la veille de l’épreuve moto, aux quads. Le CFCC n’était pas encore tout à fait né : en 2013, la première année, comme les deux suivantes, TCP (pour Thierry Chevrot Performance) et les clubs auxquels le nouvel organisateur s’est associé ont dû se contenter de l’appellation Trophée de France. Ce n’est que l’an dernier que la série a acquis le titre envié de Championnat de France, vu sa réussite globale. Comme des félicitations. C’était (re)parti et bien parti ! Rien n’a été simple, faut dire que le défi était de taille, mais Thierry et sa toute petite équipe sont du genre persévérant et aujourd’hui on peut dire qu’ils filent sur la bonne voie.

 

En 2017, le championnat a acquis une véritable stature nationale, avec six épreuves, dont deux au-dessus de la Loire, quand on a parfois reproché au CFCC d’être un peu trop centré Grand Ouest, voire Sud-Ouest les saisons précédentes... S’il a débuté à la mi-mars à Montigny-les-Condé (02), cette épreuve d’ouverture n’a pas hélas bénéficié des meilleures conditions météo et les cent cinquante engagés moto ont dû affronter un circuit rendu très boueux par des pluies tenaces. Certes pas l’idéal, mais le promoteur et le club local, le Team Condé Moto Verte, ont bossé comme des lions et ont réussi à sauver l’intérêt sportif de leur manifestation. A tel point que, même un peu déçus d’avoir été trahis par le ciel et d’en avoir tant bavé dans les ornières, les participants avaient bel et bien la banane en quittant la Picardie. Ce qui est tout bonnement la règle, et je n’invente rien, au soir d’une épreuve de CFCC : oui, « ceux qui savent » vous le diront, le championnat de France de cross-country, c’est de la balle !

En 2017, le championnat a acquis une véritable stature nationale, avec six épreuves !  

Quentin Gagnerault l’a emporté chez les Nationaux, Audrey Rossat en catégorie Féminine et chez les Elite, les cracks, c’est l’officiel Beta Anthony Geslin qui s’est imposé dans l’Aisne devant Romain Dumontier (Yamaha) et Pierrick Roncin, du team TM. Car, peu à peu, les grandes équipes s’intéressent de plus en plus au championnat cross-country. Ce qui représente un gage de notoriété évident, alors on y croit : la discipline s’installe, l’histoire est en route à nouveau !

 

Le second round va se dérouler ce week-end en Dordogne à Saint-Jory-Las-Bloux (24). Puis le championnat visitera la Creuse en mai, les Pyrénées en juillet, reviendra dans les Hauts de France en septembre avant de se conclure comme de coutume vers Cahors début octobre. D’ores et déjà ces samedi et dimanche à Saint-Jory le soleil a été commandé et sachez qu’il a promis sa présence ! Les quadeurs le samedi, les pilotes moto le lendemain, Elite, Nationaux, Jeunes, Féminines et Vétérans, tous sont d’ores et déjà certains de se régaler. Je répète, confirme et signe : tous ceux qui y ont déjà goûté l’ont adopté. Le CFCC, qu’on se le dise, c’est le pied assuré !

 

www.thierrychevrotperformance.fr et Facebook

Eric Breton
MOTOCROSS EMAG
 

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