Beta X-Trainer 300 2T



Séduisante facilité !

La rédaction, photos : Beta

Beta X-Trainer 300 2T

Prix : 6780 euros

C’est en Toscane, à 150 kilomètres de son usine florentine, que Beta a présenté le millésime enduro 2017 et notamment son modèle loisir, la 300 X-Trainer. Une machine pensée pour le plus grand nombre, autant par son prix ciblé que par son caractère facile ! Une moto tellement réussie qu’on souhaiterait la voir plagiée !

 Beta a le vent en poupe et ne se prive pas de l’évoquer lors de la conférence de presse qui ouvre la présentation. Entre 2014 et 2015, sa production est passée de 13 000 à 15 000 machines et pour 2016, elle passera les 18 000 unités. Avec des exportations qui s’envolent en Amérique du nord (+ 50 %) et en Europe (+35%). Tout va pour le mieux pour la « petite » usine transalpine menée par l’énigmatique Lapo Bianchi, qui doit une partie de son succès à une carte maîtresse, sa créativité.

 Beta fut la première usine à produire en série une 350 4T. C’était fin 2011. Ce fut elle aussi qui innova en déclinant ses 4-temps en quatre cylindrées relativement proches (350/390/430/498), mais complémentaires. Ou en greffant sur ses 2-T une pompe à huile permettant de ne plus s’infuser la corvée du mélange à la main.

 Pour autant, pour 2017, on devra se contenter d’un régime pain sec puisque les gammes 2T et 4T évoluent peu (look revu, fourche plus longue de 5 mm, nouveaux réglages d’amortisseur, tés de fourche rigidifiés, compteur redessiné, arbres à cames modifiés sur les 4T). Une occasion, s’il en fallait une, de se pencher d’un peu plus près sur cette X-Trainer apparue il y a un peu plus d’un an !

 

Pour le randonneur sportif !

 A sa sortie, fin du premier trimestre 2015, la 300 X-Trainer a crée la surprise. Déjà parce qu’on ne s’attendait pas à ce que les italiens sortent une machine à cette période de l’année. Ensuite parce qu’en assumant une philosophie d’enduro loisir, elle prenait ouvertement le contre-pied de toute la production transalpine du moment, elle dont l’ADN est traditionnellement riche en gênes de la compétition.

 Jusque là, seule la KTM Freeride, la Scorpa T-Ride (moteur de WR-F dans une partie cycle ultra compacte) et la Gas Gas Pampera dans les années 90 s’étaient engouffrées dans la voie. Mais en se positionnant plutôt comme des trials aux aptitudes de randonneuses ce qui explique, exception faite de l’Autrichienne, qu’elles aient connu un succès d’estime, plutôt qu’un réel succès commercial…

 Rien à voir ici, on parle d’une véritable machine d’enduro qui se veut à la portée de tous, du randonneur au compétiteur occasionnel. Pour y parvenir, Beta a eu trois idées de génies. La première fut de dégonfler le bloc de sa 300 2T d’enduro, la RR, pour ramener la puissance à 36 chevaux et privilégier sa disponibilité, sa présence à bas et mi régime. Notamment en lui greffant un échappement castrateur.

 La seconde fut de dessiner un cadre périmétrique compact, mais à la géométrie classique, dont le centre de gravité est positionné très bas pour lui donner une maniabilité naturelle. Un châssis sur lequel Beta a greffé des suspensions 20 mm plus basses que celle de la gamme sport pour contenir la hauteur de selle et mettre en confiance son pilote dans le technique.

 

 Enfin, troisième idée judicieuse, équiper sa machine d’une pompe à huile pour que le mélange se fasse automatiquement. Ceci pour éviter les fastidieuses séances d’appoint d’huile et lui offrir une convivialité totale.

 Le résultat est pour le moins flatteur. La machine est jolie à regarder, équilibrée, plutôt racée grâce à son cadre périmétrique et surtout, elle ne fait pas cheap. Aucun équipement ne trahit la volonté de faire des économies. Au contraire, l’Italienne fait cossue avec ses tés taillés dans la masse, son petit ventilateur, ses jantes noires, son pot chromé, son sabot et son démarreur électrique. Bref, c’est une belle machine qui, à 6280 euros, paraît peu chère, pour ne pas dire bon marché...

Beta X-Trainer 300 2T

Le juste milieu.

 En action, le résultat est étonnant. La machine offre une facilité désarmante : son moteur décolle tout en bas avec une bonne volonté bluffante, il prend ses tours avec entrain, mais sans à-coups lorsque sa valve à l’échappement s’ouvre et offre une puissance toujours maîtrisable. Contrairement à ses grandes sœurs, les RR, elle ne file pas ce coup de pied au cul lorsqu’on tourne le caoutchouc droit. C’est toujours dosable, feutré et il est même possible de rouler en sous-régime. Elle accepte un rapport de trop sans peiner ce qui la rend agréable en rando.

 Surtout, son bloc paraît en osmose avec la partie-cycle. C’est le parfait cocktail entre maniabilité et stabilité et la machine paraît légère. Plus qu’une 250 ou une 300 « classique ». Certes, à rythme soutenu, les suspensions sembleront trop souples, et pas suffisamment progressives, mais pour l’usage prévu, la rando sportive, elles s’avèrent amplement suffisantes. La position de conduite n’appelle aucun commentaire désobligeant en tout cas. Le guidon est relativement haut et droit, les repose-pieds n’obligent pas à trop plier les genoux et la selle est moelleuse quoiqu’un peu étroite pour les longues sorties. On chevauche au final une enduro classique, pas une trial maquillé en randonneuse. Ça permet d’être à l’aise dès les premiers tours de roue.

 Une présentation qui permet donc de mieux comprendre les raisons pour lesquelles cette X-Trainer s’est vite imposée comme un succès commercial. Classique de conception, elle est privilégie la facilité et tape dans le mille niveau prix. C’est le juste tarif pour celui qui pratique l’enduro « à l’épicurienne », sans recherche de la performance absolue, mais avec l’idée d’être armé pour passer en mode attaque ou s’essayer à du franchissement copieux au besoin. Pas une surprise donc si l’usine a eu du mal à assurer les commandes depuis sa sortie !

 

Verdict

+

Le prix

Le graissage séparé

La facilité

-

L’absence de kick

Fourche un poil souple

Disponibilité ?

 

 

 

Fiche technique

Mono 2T à refroidissement liquide ● 293,1 cm3 ● 72 x 72 mm ● Carbu Keihin PWK, Ø 36 mm ● 6 rapports ● Démarrage électrique ● Cadre périmétrique en acier ● Fourche inversée Ø 43 mm, déb. 270 mm ● Amortisseur S16V, déb. 270 mm ● Disques AV/AR : Ø 260/240  mm ● Empattement : 1 467  mm ● Garde au sol : 320  mm ● Hauteur de selle : 910  mm ● Réservoir : 8,5 l ● Poids constructeur : 99  kg

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