Essai Suzuki 450 RM-Z 2018



Presque nouvelle, mais totalement séduisante !

Vincent Boudet et Jérôme Hémery, photos Suzuki

Essai Suzuki 450 RM-Z 2018

Essai Suzuki 450 RM-Z 2018 

 

Presque nouvelle, mais totalement séduisante !

 

C'est sur le circuit de Bitche, dans l'est de la France, que Suzuki nous présentait il y a deux jours sa dernière production tout-terrain : la 450 RM-Z 2018. Une moto plus qu'attendue après dix longues années sans gros changements, esthétiques notamment, même si la bête continue de démontrer son énorme potentiel sur les championnats de France de motocross et de supercross, titres à l'appui. Enfin, la nouvelle RM-Z a séduit notre essayeur du jour, Jérôme Hemery, alors ne comptez pas sur nous pour vous gâcher le plaisir !

Ce qui change

 

Cadre : C'est la grosse nouveauté. Suzuki l'a redessiné pour qu'il offre une meilleure ergonomie, une position de pilotage plus moderne et qu'il vire mieux. Sa géométrie évolue pas mal, mais surtout sa conception diffère au niveau de la platine de fixation du berceau inférieur ce qui facilite le travail de l'amortisseur notamment. Ses cotes changent également : il est plus court de 8 millimètres, un peu plus haut de selle et présente un guidon plus reculé. Le bras oscillant adopte en sus une forme retravaillée pour une rigidité optimisée et s'appuie sur des biellettes revues. Pour un meilleur amortissement, évidemment !

 

Suspensions : Du lourd aussi à ce chapitre. Suzuki revient à la fourche "classique" puisque la nouvelle Suz est équipée d'une Showa à ressort de 49 mm plus rigide. Grosse nouveauté aussi derrière avec l'arrivée d'un amortisseur d'un nouveau type, le "Balance Free Rear Cushion". En gros, le piston est plein, sans clapets gérant l'hydraulique et le corps de l'amortisseur est dessiné pour un meilleur contrôle des pressions interne, et externe.

Habillage : Inutile de vous préciser qu'il est 100% inédit ! En revanche avez-vous remarqué ces ouïes de radiateurs à la finition carbone ?

Freins : Le maître-cylindre de frein arrière est revu pour plus de puissance. Le disque de frein avant passe aussi à 270 millimètres de diamètre. Et il est 20 millimètre plus épais que l'ancien.

Moteur :

S'il ressemble fortement à son prédécesseur, il évolue sur pas mal de points.

- Boîtier de contrôle électronique amélioré par l'arrivée d'un processeur plus performant.

- Boîtier d'admission modifié pour laisser passer 30% d'air en plus.

- Injection Mikuni retravaillée : injecteur repositionné, pression augmentée

- Conduits d'admission et d'échappement revus.

- Arbre à came modifié.

- Piston redessiné

- Silencieux

- Assistance au départ upgradé : deux modes disponibles selon le profil du départ (système S-HAC)

Réservoir :

Exit le magnifique modèle en alu, il est désormais en plastique... Dommage. Enfin, il gagne un litre de contenance et est 275 grammes plus léger. Un gros travail d'allègement a d'ailleurs été réalisé sur les jantes, les tés de fourche, la selle, le guide-chaine...

Essai Suzuki 450 RM-Z 2018

Ce qu'en dit Jérôme

" On a eu tous très peur de passer à côté d'un super moment parce que la nuit précédent la présentation, il a énormément plu sur le site et la piste était totalement gaugée le matin. Heureusement, la journée de roulage s'est déroulée sous une météo clémente qui lui a permis de sécher rapidement et sur les coups de midi, on a pu disposer d'une piste parfaite. Juste un poil détruite au niveau des appels, mais sinon, le grip était top et je me suis fait super plaisir. Enfin, parlons de suite de la moto qui marque une grosse évolution par rapport au millésime précédent. Ce n'est pas que de la cosmétique même si, sur la question, les avis sont assez tranchés. Certains ont trouvé les nouveaux plastiques magnifiques, d'autres, laids... Elle ne laisse pas indifférent en tout cas. Pour ma part, je la trouve jolie cette nouvelle RM-Z. Les plastiques sont jolis, modernes et le code couleur est sympa. C'est juste un peu dommage qu'on ait perdu dans l'affaire le réservoir en alu, une pièce que je trouvais sublime. Mais la marque a justifié son remplacement par un élément en plastique par deux raisons "indiscutables" : il est plus facile d'en augmenter le volume pour les courses de sable et l'élément en plastique est plus léger. Enfin, vous ne me ferez pas croire qu'ils n'ont pas voulu gratter quelques yens non plus dans l'affaire…

Quoiqu'il en soit, dès qu'on s'assoit sur la bête, on sent l'étendue du boulot réalisé. Moi qui avais toujours un peu de mal avec l'assise typique de la Jaune, son guidon bas, cintré, son arrière un peu haut, là je m'y suis fait immédiatement. C'est comme si c'était ma machine. Tout est à sa place, comme sur une Honda CR-F, une moto exemplaire sur ce chapitre crucial de l'ergonomie. Je ne sais si les ingénieurs de Suz s'en sont inspirés, mais on se croirait sur une Rouge... Même le gabarit s'en approche. Elle a gagné en finesse et paraît très courte.

Play bike !

Une impression qui se retrouve sur la piste. La nouvelle Suz est hyper facile à placer en virage. C'est un vélo que l'on glisse dans les ornières avec une facilité qu'on ne soupçonnait pas parce que l'ancienne était déjà remarquable à ce niveau. Sauf que celle-là monte la barre encore plus haut. Avec son empattement réduit, elle se place et se couche très naturellement. C'est du caviar. Le truc bien, c'est que ce progrès ne se paye pas par une stabilité en baisse. Dans les bouts droits, elle tient bien sa ligne et même à bonne allure, je n'ai pas senti de réactions vicieuses alors qu'elle est très courte. Le châssis est bien rigide, mais surtout, l'amortisseur travaille super bien. Il encaisse tout sans broncher et c'est, selon moi, l'explication de l'homogénéité de la machine. Ce nouveau Showa BFRC, dont la spécificité est de fonctionner avec un piston plein qui pousse le plus gros volume d'huile dans la tête d'amortisseur où se trouve toute la partie hydraulique, les clapets en clair, est une réussite. Même la fourche, une Showa classique à ressort, comme celle de la Honda soit dit en passant, m'a bluffée. Elle est progressive, précise, relativement confortable et je l'a trouve carrément plus homogène, et réussie, que celle de la CR-F qui souffre de ressorts bien trop souples. J'ai passé le chemin du retour à réfléchir aux éventuelles modifications que je pourrais lui apporter et franchement, hormis, durcir un poil la compression, je ne vois pas quoi lui faire... Y'a pas de comparaison possible avec l'actuelle oléopneumatique en tout cas.

Quant au moteur, si l'on évolue en terrain connu, il a gagné en vivacité à bas régime. Sa réponse au coup de gaz est très directe, immédiate. J'ai adoré ça, mais certains "collègues" journalistes le trouvait trop agressif, violent et préféraient l'adoucir en montant le plug qui enrichit la carburation et calme la bête. Perso, j'aime les blocs qui jappent car ça permet de jouer avec les trous, notamment dans les ornières sur les appels. Et là, il y en avait ! En tout cas, il parait très fort à mi-régime. Il a beaucoup de force et son allonge semble avoir progressé, même s'il est difficile d'être catégorique car je manque de référence avec l'ancienne machine. Sur la question du démarreur électrique, les Japonais ne se sont pas franchement étendus... Comprenez, ils n'en ont même pas parlé, ce qui est très étonnant quand on pense que la Suz, avec la Kawa, sont les deux dernières machines à ne pas en disposer. Alors que tout le monde l'approuve !

Enfin, la bête démarre sans trop forcer, ceci explique peut être cela !

Pour finir, un mot sur les freins qui ont gagné en puissance avec l'arrivée à l'avant d'un gros disque de 270 mm, comme sur toutes les autres machines. Suz s'est mise à la page, ce n 'est pas plus mal ! Reste plus qu'à connaitre le prix qui n'était pas encore déterminé lors de notre essai. Espérons qu'il n'augmente pas trop, comme c'est souvent le cas sur les machines qui évoluent beaucoup. La disponibilité est quant à elle annoncée vers la fin septembre, donc ne claquez pas tout vos sous en vacances !!! "