Le Feuilleton à Tonton Riton



Le Roc Zen

Eric Breton, photos : Honda

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Premier jet d’une chronique à retrouver chaque semaine sur votre site favori : OK ? Rendez-vous est pris. Clap première !

 

D’aucuns diront (et auront-ils vraiment tort ?) : ce vieux schnock commence à radoter sérieux avec son « meilleur pilote du moment »… Mais que voulez-vous, c’est mon dada, aussi ne vais-je certainement pas laisser passer l’occase ! Car en ce mois de janvier « vingt’ dix-sept » qui voit la série AMA Supercross démarrer à douze mille à l’heure, ce championnat « le plus relevé de la planète », le plus glamour, le plus disputé, le plus convoité, bref la compétition la plus populaire au monde en matière de sport motocycliste off-road, la voici d’ores et déjà sous la coupe d’un vrai taulier, double vainqueur des deux premiers rounds, Ken Roczen !

 

Comme on pouvait sans doute s’y attendre, vu sa saison 2016, son titre outdoor et sa prestation « inaugurale » aux commandes de sa toute nouvelle monture rouge à la dernière Monster Cup (bluffant, comme direct le Germain, cousin, est passé à deux doigts du million de doll’s !), ça n’a pas traîné. Changement de moto comme d’équipe, dans ces cas-là il y en a qui mettent des mois à trouver leurs marques, il en est même qui n’y parviennent jamais, eh bien avec Kenny pas de ça Lisette ! Machine orange, jaune ou rouge, team européen, américain ou nippon, le météore allemand n’en a cure : en bon flingueur il éparpille par petits bouts façon puzzle, véritable Volfoni du motocross il montre aussi sec qui c’est Raoul, ah ça il ne correctionne même plus, il dynamite, il disperse, il ventile !

 

Tout cela en démontrant à la fois une sûreté absolue, (il n’a pratiquement pas commis une seule erreur de la finale ! Sur vingt-quatre tours d’un circuit hyper-piégeux, glissant et se détériorant à toute allure, on arrive à se demander comment c’est possible, tout simplement. Moi, ça me scie…), une imperturbabilité à toute épreuve, très loin au-delà de la coolitude bon enfant habituellement affichée, en fait une assurance hors du commun qui fait sa force : le K-Roc’ version 2017 est tout bonnement blindé de confiance en lui !

 

La démonstration de Roczen à San Diego a d’autant plus impressionné que de son côté le champion en titre, ultra-remonté, n’a (presque) jamais rien lâché. La semaine précédente, le n°94 s’était envolé dès les premiers tours de roues pour l’emporter avec un boulevard d’avance sur ses poursuivants au terme d’une chevauchée solitaire (une position, avait-il confié au pied du podium d’A1, qu’il craint davantage qu’une bonne baston, redoutant une baisse de concentration par exemple, ce qui ne risque pas d’arriver en cas de duel au couteau. Si pareil discours pouvait laisser quelque peu incrédule, la deuxième épreuve a bel et bien confirmé, et même explicité les dires du pilote Honda) mais à San Diego ce ne fut pas du tout la même limonade ! Au Petco Park KR a du aller s’imposer (au prix d’un magnifique dépassement sur la KTM n°1) avant de devoir contenir une grosse douzaine de minutes durant la pression permanente d’un Dungey remonté comme un coucou suisse…

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A écouter l’intéressé, ça paraît d’une simplicité biblique : « Just stay calm, trust my capabilities, keep the focus, just what I‘ve done ! » (« Juste rester calme, croire en ma valeur, demeurer super concentré, exactement ce que j’ai fait ! »). N’est-ce pas ?

 

Comme j’avais déjà eu l’occasion de l’écrire l’été dernier en le voyant dominer comme il l’a fait le championnat AMA MX, l’Allemand a tout simplement repris, après (en gros) une année 2015 marquée par les pépins physiques et le doute, le cours de sa fabuleuse carrière en constante progression depuis ses débuts pro, exactement comme s’il ne s’était rien passé entre temps. Il y a un an réapparaissait le vrai K-Roc : bien qu’encore un tout petit peu juste en SX, il a su être le seul à donner une vraie réplique à un Dungey au sommet de son art, enlevant pas moins de cinq finales. Puis l’été dernier on a définitivement retrouvé le « vrai » Roczen, complètement intraitable en motocross… A nouveau la fusée KR 94 filait sur son orbite impériale. Et le « ravalement » de l’hiver dernier, comprenez l’adoption d’une livrée rouge, ne semble pas avoir enrayé le mécanisme, bien au contraire !

 

Bref, tout ça pour énoncer, on y arrive, qu’à l’heure actuelle, comme souvenez-vous ce pouvait déjà être le cas, de manière assez flagrante, à un moment donné en 2014, le jeune Teuton, si superbement intégré à la way of life du Nouveau Continent, plus Américain qu’un Américain même s’il ne renie pas ses racines, peut être considéré comme le numéro un mondial. The best in the world. Number One, folks (les Ricains adorent ça et moi aussi) ! Au jour d’aujourd’hui s’entend, dans la mesure où, on ne le sait que trop, les choses évoluent tellement vite dans le monde du sport pro et des sports mécaniques en particulier. Mais bon, vous ne me retirerez pas de l’idée que, sauf accident, va falloir aller le chercher, le garçon… Ça pourrait les occuper un moment, ses adversaires. Depuis le temps que Honda courait après le bon numéro ! Ce coup-ci ils l’ont enfin réussie, la bonne pioche… 

 

« Hep, Houston, euh non, Murrieta ! We have a problem… Roger ! Enfin, pas si roger que ça, justement… ». Les KTM-boys, par ailleurs fort réjouissants en ce début d’exercice (on peut associer Marvin à RD, tant ces deux-là font la paire, en revanche oubliez le « Duck » qui, décidément, ne connaîtra jamais une saison sans bobo), on dirait que leur ancien équipier risque de leur causer pas mal de tracas... Eux, les porte-drapeaux de l’industrie européenne, barrés par un « import » ! C’est fort de café. Et puis il y a tant et tant de lustres qu’un Euro n’a pas imposé sa loi au plus haut niveau du supercross US ! Bien sûr on n’en est pas encore là, la route sera longue, longue, longue, jusqu’à Vegas, mais la dernière couronne en première classe remonte à plus d’un quart-de-siècle… bla-bla… JMB… bla-bla… Air connu… bla-bla…