Triumph Bonneville T 100 British Customs & Mule Motorcycles



L’essence de l’essentiel

Par Claude de La Chapelle. Photos D.R.

Triumph Bonneville T 100 British Customs & Mule Motorcycles

Sur la base d’une Triumph Bonneville T 100 de 2015, Mule Motorcycles et British Customs nous livrent cette version Street Tracker Classic de toute beauté. Tour du propriétaire.

Bristish Customs, 18426 S. Broadway Street à Gardena, en Californie, est une adresse précieuse pour qui veut se préparer une Triumph aux petits oignons, avec les bonnes pièces, tant pour flatter l’esthétique que pour donner de la voix au berlingot. Ils ont du goût, les boys de Bristish Customs et des relations aussi. Parmi lesquelles, Richard Pollock, une légende de la construction de machines taillées sur-mesure. Avec une centaine de bécanes à son actif, Richard réalise des prouesses, à l’image de notre Tracker Classic. Pollock, qui acheta en 1969 sa première moto, une Honda 250 scrambler (CL 72) fut mécanicien dans l’aéronautique (son père était ingénieur électricien à Cap Canaveral) avant de bosser dans une concession Honda puis Yamaha pendant 11 ans, à une époque où Dave Aldana et Kevin Stafford venaient y faire préparer leur TZ 750.

Sur ses Triumph, il parvient assez facilement à supprimer 30 kilos et rajouter 30 chevaux, tout en améliorant le freinage, les suspensions, la tenue de cap.

Puis il œuvra dans l’aérospatial (plus précisément sur des missiles) avant de changer de trajectoire et revenir à la moto. Richard n’est pas un assembleur de pièces, mais un véritable constructeur qui met du cœur à l’ouvrage, qui ne fait pas dans le tape-à-l’œil mais dans le genre efficace. Sur ses Triumph, il parvient assez facilement à supprimer 30 kilos et rajouter 30 chevaux, tout en améliorant le freinage, les suspensions, la tenue de cap. Vous imaginez le résultat ! Chacune de ses réalisations, facturée entre 25 000 dollars et 50 000 dollars, est d’une beauté à se taper le casque par terre. Richard est méticuleux au possible et il maîtrise à la fois le travail des matériaux et la justesse des assemblages grâce à son parcours professionnel dans des univers où l’on ne plaisante pas avec les finitions... Aujourd’hui, Mule Motorcycles propose des machines clé en mains, pour une clientèle exigeante, mais aussi des pièces développées par Pollock. Notez que les produits Mule Motorcycles sont importés en France par Stéphane Bergeot, avec la possibilité de vous livrer des machines amoureusement préparées, clés en main (www.mulemotorcycles.fr).

Triumph Bonneville T 100 British Customs & Mule Motorcycles

L’inspiration des sixties

Notre Tracker Classic s’inspire des machines de flat track des années 60, reines des ovales cendrés, des bécanes minimalistes qui semblent faire écho au courant d’art contemporain du même nom, apparu à la même époque aux USA, héritier du modernisme, qui privilégie le dépouillement formel et dont le mot d’ordre était « less is more », adopté par l’architecte allemand Ludwig Mies Der Rohe. Dans le cas de la Triumph, Richard Pollock a sérieusement fait le ménage, taillant dans le gras de la Triumph sans se soucier de l’éclairage, clignotants et tout le toutim, au profit d’une coque minimaliste avec sculptural réservoir dans le plus pur esprit Flat Track. Pour un pilotage ad hoc, un large guidon et ses pontets (Mule), sans oublier les poignées old school, permettent de parfaitement maîtriser la T100 lorsqu’elle part en glisse d’autant que les suspensions d’origine sont remisées au profit d’éléments plus en rapport avec la nouvelle fonction de la Bonnie.

 

Le freinage est assuré par un ensemble Beringer, à savoir étrier 4 pistons et maître-cylindre à l’avant, sans oublier un nouveau disque pour un ensemble très performant. L’arrière est confié à un disque wave et un étrier 2 pistons. Le bicylindre parallèle qui délivre 68 chevaux d’origine n’est pas en reste : entre l’injection qui reçoit un Power Commander V optimisant le réglage air/essence et offrant 10% de punch en plus, le refroidissement d’huile (Mule avec petit manomètre de pression Autometer sur le côté), l’échappement 2 en 2 (Mule) à la fois esthétique et performant, la Triumph crache ses tripes et envoie du bois. Moins lourde, plus puissante, donc plus vive, plus maniable et mieux suspendue, la Tracker Classic devient un joujou extra que nous vous laissons détailler (repose-pieds, contacteur sous le cadre, pompe à essence sous le dosseret en lieu et place du réservoir d’origine…) pour le plaisir des yeux, une sorte de cadeau de Noël avant l’heure. Pour info, comptez 35 000 dollars pour faire-main basse sur la belle.