Yamaha présente ses teams officiels



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Eric Breton, photos Yamaha

Yamaha présente ses teams officiels

Ce mardi s’est tenu à Lesmo, tout près de Monza, au nord de Milan, dans les immenses bâtiments qui abritent habituellement l’équipe MotoGP du constructeur aux trois diapasons (juste à côté de ceux du R&D Europe), le désormais traditionnel grand raout de pré-saison de la firme japonaise en Europe face à la presse, dont c’était la troisième édition. Ainsi, tout, tout, tout, vous saurez tout sur les objectifs et les moyens mis en œuvre par Yamaha en cette saison 2017 !

 

Premier intérêt de cette journée, le fait d’afficher bien haut les couleurs (du bleu, rien que du bleu !). De démontrer en un même endroit au même moment que l’engagement officiel de l’usine et de Yamaha Europe, s’il impressionne d’abord au plan quantitatif, puisqu’une quinzaine de teams (songez qu’ils n’étaient que neuf il y a deux ans) impliqués en vitesse (hors MotoGP), en endurance, en rallye, en enduro et en motocross ont défilé à la suite les uns des autres sur une grande scène installée pour l’occasion. Quinze équipes soit pas moins de quarante-et-un pilotes OF-FI-CI-ELS au total, chaque formation se produisant accompagnée par son team-manager et exhibant une de ses machines en version 2017 dans sa livrée définitive. Pareil engagement, aussi important, aussi complet, tout en confirmant sans équivoque le caractère généraliste du constructeur nippon, prouve ainsi que celui-ci n’est étranger à aucune des disciplines majeures du sport motocycliste.

Et s’il s’agit avant tout d’une opération de communication, destinée en priorité à la presse du vieux continent, c’est aussi naturellement pour Yamaha une opportunité de mettre en valeur les différents partenaires, techniques ou financiers, sans lesquels comme on dit l’histoire ne serait pas la même…

Mais cette journée dont le principal instigateur, le maître d’œuvre en quelque sorte, n’est autre qu’Eric De Seynes, aujourd’hui Chief Operating Officier de Yamaha Motor Europe (et au surplus seul Européen à siéger au conseil d’administration de Yamaha Motor Corporation au Japon), n’est pas une simple démonstration de force. C’est une nouvelle occasion, pour le boss, d’asséner une fois de plus son credo, original, audacieux, efficace, parfaitement dans les pas de l’emblématique et inoubliable Jean-Claude Olivier auquel il avait succédé à la tête de Yamaha Motor France en 2010. Et même, malgré la frilosité ambiante, c’est plus radicalement encore si cela est possible qu’EDS mise à fond sur le vecteur compétition pour « bétonner » sans relâche la formidable image de Yamaha en Europe et dans le monde, à l’instar de celle dont la marque jouit en France depuis une quarantaine d’années. Ainsi le Chef a-t-il longuement insisté à Milan, lors de son discours d’introduction, sur cet aspect éminemment « familial » qui caractérise les teams impliqués sur le front du sport, en véritables ambassadeurs de leur constructeur : une ambiance assez unique toute de passion partagée que cette journée de présentation des différents teams officiels, aux répercussions forcément positives sur l’ensemble de la maison bleue, a d’abord en partie instaurée puis n’a fait que renforcer depuis sa création. Il est amusant d’observer comme il s’est en effet créé entre les diverses disciplines, autrefois très compartimentées, indifférentes si ce n’est même parfois méprisantes les unes envers les autres, des liens extrêmement forts. Dorénavant les pilotes Yamaha ont pris le pli, ils se passionnent pour des spécialités autres que les leurs, ils suivent plus particulièrement les courses et les résultats de gars qui sont devenus leurs copains, allant même jusqu’à venir les supporter sur le terrain lorsque l’opportunité se présente… Autrement dit : mission accomplie, patron !

MXGP : Quatre motos bleues dans le top-ten ?

Cela va de soi, nous allons, nous, ici sur mx2k, contrairement aux Yamaha boys & girls, rester concentrés autour de notre clocher et ne pas nous en éloigner, nous contenter de nous intéresser au motocross, délaissant ici faute de place la vitesse, l’endurance, le rallye et même l’enduro. Vous allez voir, il y a déjà de quoi s’occuper !  

 

L’usine Yamaha poursuit bien entendu son engagement au plus haut niveau mondial à travers le Monster Energy Factory Team dirigé par Michele Rinaldi qui continue à faire confiance au duo Romain Febvre, champion du monde 2015 & Jeremy Van Horebeek, vice-champion 2014. Une paire de pilotes redoutables, qui seront armés d’une nouvelle version d’un proto usine YZ 450FM en perpétuelle évolution et qui, comme viennent de le démontrer les courses de préparation constituées par le championnat d’Italie, batailleront à coup sûr au premier plan.

 

Mais, à côté de l’escouade d’usine, un nouveau team satellite fait son apparition cette saison, bâti sur les cendres de l’équipe Wilvo-KTM et celles de l’équipe Wilvo-Standing Construct Yamaha. Cela va sans dire, c’est autour du patron de la société de constructions métalliques Louis Vosters, sacré passionné, que s’est montée l’affaire, avec le soutien de Yamaha Europe. L’Ecossais Shaun Simpson (vainqueur du GP de Lierop 2013 pour sa dernière sortie aux commandes d’une Yamaha… privée) et le « Franco-Genevois » Arnaud Tonus, revenu des USA après deux années de galères, forment un joli couple. Clin d’œil : autrefois les deux hommes ont déjà roulé côte-à-côte sur des Yamaha chez Steve Dixon. Pas de machines Factory pour eux, mais des 450 YZF équipées des meilleures pièces (KYB usine, kit GYTR, etc), bref de quoi faire fort : on imagine très bien les deux pilotes dans le top-10 de la catégorie reine, en compagnie des caïds de Rinaldi !

 

 

MX2 : Objectif titre, mister Ben !

Hans Corvers, monsieur Kemea, s’est amusé à le répéter : d’une, il célèbre cette année les vingt ans de son team, deux décennies de fidélité sans faille à Yamaha, soit dit en passant. Et puis surtout, ces trois dernières années, parvenue au top son équipe a dû se fixer des objectifs : en accueillant Benoît Paturel, Corvers a demandé au Français de terminer le championnat dans les dix et, neuvième fin 2015, Ben avait fait le job. L’an dernier, Kemea visait un top-5 et le protégé de Jacky Vimond a dépassé toutes les espérances en grimpant sur le podium. Nickel ! Alors, très en verve, son boss a confié qu’en débarquant dans le team Ben lui avait promis, pour sa dernière saison en MX2 en 2017… la couronne mondiale ! Légende ou réalité ? On n’a pas trop réussi à démêler le vrai du faux, en tous cas cela dit le Lyonnais a l’air extrêmement motivé, solide comme jamais à l’aube d’un exercice essentiel, une impression confirmée par le patron comme par le coach… Herlings (enfin) parti, Paturel va se retrouver face à Seewer et Jonass : à lui de jouer !

 

A ses côtés, on retrouve le Belge Brent Van Doninck, hyper-vite dans le sable, sans aucun doute un sérieux outsider, et le jeune et prometteur Suédois Alvin Ostlund (ex-Standing Construct).

Yamaha présente ses teams officiels

EMX2 : Brelan d’as

A 32 ans l’ex-champion du monde MX1 (en 2008), l’Italien David Philippaerts, a très progressivement baissé le volume de sa carrière de pilote depuis qu’il y a trois ans de cela il a créé sa propre structure, DP 19. S’il a encore pris part aux Internazionali d’Italia ces deux derniers week-ends, il va peu à peu poser son casque pour se consacrer entièrement à l’équipe bâtie avec son associé Daniele Marchese (SDM Corse) et baptisée Astes4-Tesar qui va aligner en championnat d’Europe MX2 trois grands espoirs du MX européen, le Néerlandais Roan Van De Moosdijk (16 ans), le Letton Karlis Sabulis (20 ans) et le Français Maxime Renaux (16 ans). Trois garçons ultra-rapides, trois cartes maîtresses parmi lesquelles Philippaerts et Yamaha Europe ont de très fortes chances de détenir le futur champion d’Europe !

Par ailleurs le team DP 19 poursuit son travail de détection en demeurant très concerné par la Yamaha YZ 125 Cup, formule de promotion qui a révélé l’an passé le jeune Suédois Tim Edberg (intégré cette saison au team MJC, voir paragraphe suivant) et l’ancien champion du monde MX1 se hâte de prendre en charge dès qu’il les repère les éléments les plus prometteurs de la catégorie… Qu’on se le dise, les kids

 

 

EMX 125 : MJC vers les sommets !

L’équipe MJC Evolution créée par le Français Loïc Le Foll en 2013 (au sein de laquelle sont passés Nicolas Dercourt, David Herbreteau, Mathys Boisramé, Anthony Bourdon, Zach Pichon...) poursuit sa remarquable progression. Ayant très vite obtenu le soutien d’YMF puis celui de Yamaha Europe, MJC devient LE team number one des bleus en championnat d’Europe one twenty five. Ses trois pilotes, le Batave Rick Elzinga (15 ans), le Suédois Tim Edberg (15 ans) et le Français Thibault Benistant (14 ans) seront alignés en EMX 125 à partir du 23 avril prochain au GP d’Europe à Valkenswaard, mais les trois jeunes garçons participeront également à l’intégralité du championnat de France Junior, une superbe initiative, ceci à partir des 18 & 19 mars à Saint-Jean-d’Angély…

WMX : Toutes contre Livia !

L’une, Italienne âgée d’à peine 23 ans, a déjà conquis quatre couronnes mondiales (entre 2012 et 2015) et la voici de retour en bleu après une année en rouge un peu pâle. La seconde, Néerlandaise, 19 ans seulement, a menacé Livia Lancelot jusqu’à l’ultime épreuve du championnat 2016. La troisième, enfin, est arrivée de ses antipodes l’an dernier et à tout juste 21 ans la Néo-Zélandaise a fait de suite forte impression : assurément la plus rapide de toutes sur un tour, la protégée de Josh Coppins n’a pu défendre ses chances jusqu’au bout, ayant raté trois GP après avoir heurté un spectateur imprudent...

 

En tous cas ces trois jeunes filles, en l’occurrence Kiara Fontanesi, Nancy Van De Ven et Courtney Duncan, seront à coup sûr ultra-motivées en débarquant à Pangkal Pinang, sur l’île de Bangka, proche de celle de Sumatra en Indonésie : elles n’auront qu’une seule idée en tête, battre la Française et sa Kawasaki, tenantes du titre ! A noter que si toutes trois disposent de 250 YZF « full GYTR », chacune évoluera dans son propre team, respectivement dénommés Fontaracing MX, No Fear Energy Drink et Altherm Window Systems. Que la meilleure gagne, bien sûr… Mais (que ça reste entre nous !) avec tout le respect qu’on porte à ces dames ainsi qu’à Yamaha et en marge de toute considération partisane, on aimerait autant que « notre » Livia conserve l’avantage, voyez vous…