MXGP

INTERVIEW : Quelques minutes avec Jeffrey Herlings

Article ajouté le 13/05/2015

Cela fait déjà quelques crashs cette saison…
La chute en Argentine n’était pas de ma faute, c’est clair. On pratique un sport un peu limite, parfois ! Celle d’aujourd’hui, en revanche, je la revendique complètement. Je suis parti en glisse et je ne pense pas que leur arrosage était très judicieux, mais c’est juste une opinion personnelle… J’ai perdu le contrôle et j’ai volé.

Ça paraît bizarre, vous sembliez justement contrôler la situation tout ce week-end, même lorsque vous étiez à la poursuite de Thomas Covington hier en qualif’…
Bien sûr que je contrôlais ! Là, j’étais cinq ou sixième, avec toute la seconde manche devant moi pour revenir quand c’est arrivé. Si le saut n’avait pas été là où il est, je ne serais pas tombé, mais j’en ai fait un peu trop. Je suis passé par dessus le guidon, j’ai tapé la tête assez fort, encore une fois, et j’étais un peu secoué mais, quand je suis remonté sur la moto, ça allait. La machine était tordue, le guidon de travers et les leviers n’importe où. Et le frein avant ne fonctionnait plus très bien…   

Aviez-vous une idée d’où vous en étiez par rapport au podium, en fin de course, ou bien vous défonciez-vous pour prendre le maximum de points ?
Des points au maximum… Mais lorsque j’ai vu Max (Anstie) et Jordi (Tixier) devant, j’ai commencé à penser à l’overall. D‘ailleurs si Ferrandis avait fait le boulot, ou si Tim (Gajser) était allé chercher Guillod, je gagnais. Ce qui aurait eu une certaine allure, après un pareil crash. Mais bon, félicitations à Valentin, il les mérite.




C’est intéressant de voir que Ferrandis et vous avez des destins contraires sur ce championnat : vous chutez en Argentine , il gagne, ici il abandonne en première manche et vous gagnez, en seconde manche c’est l’inverse ou presque… Et il semble que vous ayez eu un problème avec lui sur la grille, non ?

Je ne sais pas ce que je lui ai fait, mais il a coupé ma trajectoire au second départ d’une façon incroyable. Je ne lui ai jamais rien fait, rien de mal en tous cas, car je ne pense pas que ce soit digne d’un champion du monde de mal se comporter en piste. Mais c’est la course, je pense, il faut se frotter à des pilotes qui ne pensent pas comme les autres. Enfin, aujourd’hui j’ai 56 points d’avance au championnat et c’est le principal !

Vous pensez qu’il a voulu faire de l’intox ?

Il a voulu me couper en deux, oui ! Quand vous partez devant, c’est beaucoup plus facile que si vous êtes coincé dans le paquet, surtout sur une piste comme celle-ci. Il pensait sûrement à ce genre de choses… Tout ceci est un peu ridicule, dans la mesure où, à la fin de la journée, de toutes façons le meilleur l’emporte, si personne ne se blesse.

Comment ça ira, demain matin ?
Bien, je pense. Un peu courbatu. J’en ai quand même pris une bonne…

Aux yeux de beaucoup de gens vous êtes sans doute l’un des plus grands pilotes du moment en GP et tous se demandent ce que vous allez faire l’an prochain. Vous serez pilote KTM, ça on le sait, mais votre approche du MX2 a-t-elle changé ?

Il n’est jamais facile de remporter un titre, mais je pense que cette saison seuls d’autres gros crashs et une blessure peuvent m’empêcher d’être champion. J’ai beaucoup gagné et largement prouvé ma régularité ces deux ou trois dernières saisons. Je ne veux pas trop faire de plans sur la comète. L’an dernier, avant que je me brise le fémur, on regardait déjà du côté de Loket pour ce qui était de plier le championnat, puis il était question de courir à Lommel en grosse cylindrée et ensuite d’aller à Unadilla pour un National US, et tout s’est effondré en cinq secondes. Cet accident a changé ma vie pour des mois. C’est donc un peu difficile d’établir des plans pour un sportif. On me demande déjà ce que je ferai l’an prochain, et franchement ça dépend de comment vont se passer les GP d’ici la fin de saison. En ce qui me concerne, bien sûr, mais aussi en ce qui concerne Antonio (Cairoli). Si Tony remporte un neuvième titre, ce serait un peu bête de la part de KTM de m’aligner contre lui et ainsi de perdre une bonne chance de remporter les deux catégories à nouveau en 2016. Je pense que d’ici deux mois on y verra beaucoup plus clair, on saura ce qui peut se mettre en place en MXGP et en MX2.

"Quant aux US, pour le moment ce n’est pas du tout à l’ordre du jour, il nous faut gagner en MX2"


Il y a deux ans vous aviez déclaré que vous étiez trop jeune pour les 450, mais à la fin de la saison vous aurez 21 ans…

Je ne suis plus si jeune ! Chacun a sa propre opinion à ce sujet, mais oui, j’ai l’âge désormais. Je suis sous contrat avec KTM-Red Bull et c’est une décision qui se prendra en commun, une fois encore largement en rapport avec ce que fera Tony. Personnellement j’ai tendance à croire qu’il va continuer à s’imposer, parce que c’est un vrai champion, mais on ne sait jamais ce qui peut arriver.

Vous aviez prévu d’aller à Unadilla l’été dernier. Ça vous tente toujours ? Et quid des US, dans la mesure où l’on sait que chez KTM c’est assez facile, on l’a vu, de passer d’un côté de l’océan à l’autre ?
L’an dernier j’étais en super forme, après un hiver impeccable, avec 145 points d’avance au championnat. Je ne suis pas aussi bien cette année, c’est certain... Maintenant, on verra, la décision peut se prendre en un ou deux coups de fil… Quant aux US, pour le moment ce n’est pas du tout à l’ordre du jour, il nous faut gagner en MX2.



Au Qatar vous avez montré beaucoup d’émotion sur le podium, en rapport avec les six mois que vous veniez de passer. Vous reveniez au niveau auquel on vous a toujours connu, et depuis vous avez plutôt confirmé. Et vous dites que vous ne vous sentez pas complètement au top, aujourd’hui ?
Les résultats sont une chose, ils disent une partie de la vérité : je ne sais pas vraiment pourquoi mais c’est un fait, je commets des erreurs cette saison. Qui ne devraient pas arriver. En Italie, une petite chute, aujourd’hui ce gros gadin, ce n’est pas normal. Je me dis toujours de rester calme, d’assurer parfois, qu’une troisième place n’est pas la fin du monde… Mais quand je suis en piste, c’est pour être devant le plus vite possible et gagner. Par moments, j’ai dû rester très jeune ! Tony, par exemple, il se contenterait de cette troisième place, sans aucun stress. Mais moi il faut que je me montre super agressif, que j’attaque au maximum. Sans doute un peu trop parfois !     

Info Adam Wheeler www.ontrackoffroad.com - photo Ray Archer / KTM

 

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