MXGP

Romain Febvre : merveille en bleu

Article ajouté le 13/05/2015

En 2008, David Philippaerts avait remporté le titre dès sa seconde saison en 450 et en 2011 Steven Frossard était devenu vice-champion dès sa première année en MX1. L’an dernier Jeremy Van Horebeek avait été éblouissant et lui aussi avait fini au second rang, dès sa seconde saison en classe MXGP. Si aujourd’hui le Belge galère, soignant un pied blessé, son nouveau coéquipier, qui s’est parfaitement intégré au team, console son équipe avec ses performances somme toute assez inattendues. Nous avons attrapé ce charmant jeune homme qui porte le n°461 à sa descente du podium.

Vous n’étiez pas passé loin depuis le début de la saison, alors vous n’allez pas dire « enfin », tout de même ?

C’est super de monter sur le podium, mais je ne dirai pas « enfin », non, parce qu’il faut réussir deux bonnes manches après deux bons départs pour y accéder et, même si je savais que j’avais la vitesse pour le faire, je n’avais pas encore réussi à réaliser complètement deux bonnes manches. Ici, tout le week-end j’ai eu de bonnes sensations. Les gars devant étaient un peu plus vite que moi en première manche, et je me suis dit qu’il fallait que je me concentre sur mon départ lors de la seconde, ce que j’ai fait. J’étais troisième au premier virage et j’ai commencé à dépasser…

Vous étiez, à ce point de la course, deux secondes plus rapide que tout le monde. La façon dont vous avez passé Nagl a paru insensée, comment avez-vous trouvé ce rythme fou ?
(Rires) Je me sentais bien ! J’avais de bonnes trajectoires, et comme je l’ai dit aux gens du team après la course, si j’étais très rapide en début de course, c’était sans être du tout à 110%, j’essayais juste d’être relax, de piloter coulé et, bon, je doublais ces gars-là. J’avais le bon « flow », je dirais…



Vous vous êtes porté en tête d’une manche MXGP pour la première fois. Qu’est-ce que ça fait ?
C’est super : ne ressentir aucune pression, juste être là… Ce n’était pas facile, attention ! Mais j’étais confiant. Et puis j’ai commis une erreur (il a calé et donné à Cairoli l’occasion de revenir). C’est ma faute, je sais d’ailleurs que Cairoli a commis la même au même endroit quelques tours avant l’arrivée.

Ça vous console ? Si un octuple champion du monde peut faire la même erreur qu’un rookie…
Hmm, pas vraiment. Je dois éviter les erreurs. Je veux dire, c’est top d’être sur le podium, le team est content, mais quand vous êtes en tête, quand vous avez pris le commandement, que vous êtes allé le chercher, vous devez l’emporter. Dans ma tête, j’étais déjà à me dire : « celle-ci elle est pour moi », je la voulais, mais…

"On dit que je suis la « surprise » de la saison, mais au début de l’année ça n’a pas été facile, le team n’était pas très rassuré je pense, parce que l’hiver s’était plutôt mal passé."


Je savais bien que vous seriez furieux contre vous-même…
Oui, mais en même temps tout ce que je pensais, c’était « allez, repars, vite ! » alors que Cairoli n’était pas loin et il m’a vite repassé. En repartant, je voulais le rejoindre aussi sec et le repasser mais je me suis montré un peu trop agressif, quand lui a réussi à me mettre cinq secondes. D’où j’étais c’était difficile de revenir. A la fin je n’étais pas trop certain de monter sur le podium, c’est pourquoi j’ai fait profil bas en passant la ligne… J’attendais le résultat et là ça m’a fait plaisir.

Avec les blessures de l’hiver (hernie et poignet), un tel début de saison semblait impossible ?

Bien sûr. On dit que je suis la « surprise » de la saison, mais au début de l’année ça n’a pas été facile, le team n’était pas très rassuré je pense, parce que l’hiver s’était plutôt mal passé. Ce n’était pas simple pour moi non plus. Quand vous êtes rookie, les gens vous regardent en se demandant si vous êtes le bon choix, dans ce team, dans cette catégorie. Ça crée une certaine pression… Mais tout se passe tellement bien avec le team et la moto marche si bien que tout s’est très vite mis en place. Depuis le Qatar je n’ai pas commis de grosse bêtise, je suis toujours aux alentours du top-5, mon but est de me montrer régulier et j’y parviens, je fais le boulot, je crois, même s’il y a toujours moyen de faire mieux.

En début d’année vous évacuiez la pression en disant « nouveau team, nouvelle moto, nouvelle catégorie » et en prétendant que vous ne saviez pas du tout où vous situer en MXGP. Mais, après six épreuves, vous voici sur le podium et vous pouvez dire que vous avez fait le bon choix !
Evidemment. Yamaha m’a fait confiance, pour commencer. Ensuite, quand j’ai essayé la moto la première fois, j’ai senti qu’il y aurait peut-être quelque chose à faire dès cette première saison. Elle m’allait tellement bien, je l’ai tout de suite aimée. La semaine dernière j’étais en testing en Italie et nous discutions avec Michele à propos de mon feeling sur la 450, de mon adaptation, très rapide, comment tout ça s’était passé. En venant de la deux-et-demie il faut parfois une période d’acclimatation, mais pour moi il n’y en a pratiquement pas eu, ça s’est fait très vite. J’espère juste que je vais pouvoir terminer 2015 sur la même trajectoire et devenir meilleur encore l’an prochain.

Cela ne fait que quatre ans que vous courez en Grands Prix. Votre premier podium remonte à 2013 seulement. Les choses semblent aller super vite pour vous, plus que pour quiconque…
C’est ce qu’on me dit, « vous et vos progrès fulgurants » ! Pour le moment, je ne veux pas trop y penser, m’y attarder. Je n’en ai pas besoin d’ailleurs. Le but c’est d’être un jour champion du monde et je veux tout mettre en œuvre pour y parvenir. Il est vrai que ma carrière a très vite évolué mais il y a cinq ans, quand j’ai décidé de revenir au motocross, j’avais en moi une motivation toute neuve. Et puis j’ai eu la chance d’être bien entouré, d’avoir les bonnes personnes à mes côtés, quand je suis passé en championnat d’Europe puis lorsque j’ai débuté en Grands Prix. Ce sont ces gens-là qui ont fait la différence, moi j’ai juste essayé de croire en moi et, apparemment, ça fonctionne !  

Info Adam Wheeler www.ontrackoffroad.com - photo Yamaha Racing

 
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