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MX2 : Interview Jacky Martens - Team manager Husqvarna Factory MX2

Article ajouté le 20/04/2018

Jacky from Belgique

Jacky Martens, aujourd’hui âgé de 54 ans, a su – oh combien! – assurer sa reconversion dans ce qui a toujours été sa passion, le motocross. Aujourd’hui à la tête d’un des meilleurs teams présents sur le MXGP Circus, le Rockstar Energy Husqvarna Factory Racing team, il nous raconte un bout de son histoire et nous en dit plus sur sa structure. Nous avons eu l’occasion de le rencontrer dans ses ateliers peu avant que se tienne le GP d’Agueda au Portugal. Les locaux du team impressionnent par leur taille et leur modernité en même temps que par l’organisation du travail. Tout est bien à sa place et les techniciens se déplacent en silence, chacun sachant à l’évidence ce qu’il a à faire. Martens n’est pas peu fier de sa réalisation. On peut le comprendre car lui seul sait ce qu’il lui en a coûté de temps et d’énergie pour mettre sur pied JM Racing. Au fait, pour ceux qui l'auraient oublié, Jacky Martens a été en 1993 le premier champion du monde sur un quatre-temps moderne. Au total, il a été quatre fois champion du monde, a remporté de nombreux GP et autres places d’honneur. Il sait de quoi il parle !

2018 est une année historique puisque cela fait 25 ans que tu as été sacré champion du monde.
Jacky Martens:
 « C’est vrai. Je n’y avais pas encore pensé. Cela reste bien sûr un agréable souvenir. D’autant que c’était avec Husqvarna que j’ai été champion et que cela fait maintenant 5 ans que je collabore à nouveau avec Husky! »

Sur le plan technique, tu es quelqu’un qui s’est toujours intéressé à tout ce qui touche le bloc-moteur ou les suspensions. Tu fabriques d’ailleurs parfois toi-même des pièces.
Jacky Martens
: « Oui, c’est vrai. Nous sommes en communication constante avec l’usine en Autriche. Si nous avons une idée nous lui soumettons et elle va ensuite étudier sa faisabilité et surtout voir si cette idée apporte véritablement quelque chose. Si c’est le cas, Husqvarna va la réaliser et la faire tester par les pilotes d’essai qui se trouvent en Autriche. C’est un cycle qui dure généralement une année. Si tout se passe bien, les pilotes d’usine recevront la nouvelle pièce. »

Des collègues comme Roger Decoster passent encore énormément de temps à l’atelier pour produire eux-même des pièces. Est-ce que c’est un aspect du boulot qui te manque?
Jacky Martens
: « En fait, c’est quelque chose dont je m’occupe encore. C’est la meilleure manière pour rester en prise avec la nouvelle technologie. C’est vrai que le travail porte surtout sur l’amélioration du fonctionnement de certains composants. Il n’y a plus des dizaines de nouvelles choses à inventer! C’est quelque chose que les gens du département R&D (Recherche et Développement) de Husqvarna ont bien compris. Ils sont ouverts, ils veulent essayer de nouvelles choses et ils sont rapides à se mettre au travail. Tout au début – j’ai monté mon team en 1993 – je réfléchissais constamment à des améliorations. Je passais parfois des nuits à fabriquer des pièces. Cela me prenait énormément de temps. Maintenant, il y a encore certaines choses que je fais moi-même pour autant que ce soit vraiment pour moi ou alors je fais une proposition à l’usine pour qu’elle l’étudie. De cette manière, un très intéressant processus peut se metre en place. Notamment grâce à la collaboration avec des jeunes techniciens. Tant à l’intérieur de notre team que chez Husqvarna, les jeunes ont une approche différente pour gérer des problèmes identiques. Ils possèdent d’autres références et ont une autre expérience. Ensemble, nous arrivons parfois à des solutions novatrices. Cela marche très bien et les résultats sont là pour le prouver! »
 

L’an dernier, Thomas Kjer-Olsen a fait une entrée retentissante dans le championnat MX2. Comment a évolué la situation maintenant qu’il est un candidat au titre?
Jacky Martens
: « Nous avons déjà travaillé avec énormément de ‘rookies’ dans le passé et nous essayons toujours de bien les préparer pour leur première année en GP. Si tu as travaillé dur durant l’hiver, tu seras prêt pour ton premier GP et cela t’enlèvera énormément de pression. Cela a bien fonctionné avec TKO (Thomas Kjer-Olsen, NDLR). Le seul désavantage de la chose, c’est qu’il a dû gérer une saison longue et fatigante. En effet, il était au travail avec nous depuis déjà octobre, novembre 2016. Il y a bien eu des périodes de repos mais physiquement, c’était usant. Maintenant, Thomas suit un programme identique à celui de n’importe quel pilote de GP. Avec un bon équilibre et des spécialistes dans chaque domaine, c’est possible de prester toute une saison de façon constante. L’accompagnement est tellement important que chaque pilote dispose de son propre entraîneur. Rasmus Jorgensen s’occupe de Thomas Kjer-Olsen tandis que Joêl Roelants entraîne Thomas Covington. »

Kjer-Olsen a déjà fait voir qu’il était physiquement costaud. Comment cela se passe-t-il mentalement? Il est prêt à subir la pression et à se battre pour la victoire?
Jacky Martens
: « TKO est très posé. Il s’entraîne durement et il sait précisément ce qu’il veut. Au contraire de certains autres jeunes pilotes, il ne va pas s’emballer trop vite. En tout cas, nous sommes là pour veiller à ce qu’il garde les deux pieds sur terre. »

Selon toi, quelles sont les principales qualités de TKO?
Jacky Martens
: « Thomas a toujours vécu pour son sport. Il a toujours été un pilote sur lequel on pouvait compter même lorsqu’il n’avait pas le meilleur matériel ou lorsqu’il était dans des teams moins professionnels. Il a toujours dû se battre. Lorsqu’un tel pilote reçoit la chance de rouler dans les meilleures conditions, il peut progresser énormément car c’est motivant pour lui et cela lui donne davantage d’énergie. En fait, les choses vont se faire naturellement. »


Comment décrirais-tu Thomas Covington?
Jacky Martens
: « Il a un comportement très professionnel. Depuis qu’il a rejoint l’Europe, Thomas est devenu un pilote plus complet. Ses résultats montrent que c’est un pilote fait pour jouer la gagne. Malheureusement, l’an dernier, il a connu quelques chutes et il a eu cette blessure au genou. En fait, nous sommes très contents de nos deux pilotes. Nous savons qu’ils sont capables de jouer le top-cinq et davantage. Même si nous sommes persuadés que le meilleur reste encore à venir, nous préférons laisser parler les résultats! »

Tout à l’heure, tu as évoqué l’expérience qu’il faut donner à de jeunes techniciens. Qu’est-ce que cela te fait de travailler avec des pilotes qui ne vont plus à l’école ce qui n’était pas ton cas lorsque tu roulais en championnat d’Europe 250?
Jacky Martens
: « L’expérience prime en ce qui me concerne. Nous avons aussi travaillé avec des pilotes dotés d’une grande expérience comme Yves Demaria. Au final, tu dois prendre en compte l’ensemble d’une existence. Comment pouvons-nous aider les pilotes à devenir meilleurs? Ce que j’ai appris avec d’autres pilotes m’aide encore aujourd’hui. Nous construisons constamment en nous basant sur l’expérience vécue auparavant. C’est une sorte de capital humain. Regarde les teams tels que celui de Rinaldi et celui de Sylvain Geboers dans le passé; c’est l’expérience qui a rendu ces teams si forts. »

Peux-tu comparer Covington et Kjer-Olsen avec des top pilotes formés par JM Racing dans le passé?
Jacky Martens
: « Pour moi, ce qui compte, c’est de faire en sorte que nos pilotes soient ‘occupés’. Je veux dire par là qu’ils aiment ce qu’ils font. Avant, les jeunes pilotes que nous avions allaient encore à l’école de sorte que le sport n’était qu’une partie de leur vie. Lorsque tu deviens pilote professionel, le sport est toute ta vie. C’est pour cela que tu as besoin d’être entouré par les bonnes personnes. Lorsque tu as un programme à suivre, ce n’est pas possible de t’ennuyer. Tu as suffisamment de pression! Il n’y a plus de place pour des distractions. »

Merci pour ton temps et bonne chance pour le reste de la saison, Jacky !
Jacky Martens
: « C’était un plaisir ! »

Tom Jacobs, photo Shot

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