SX US

Culture MX, épisode 5 : David Bailey vs Rick Johnson, Anaheim 1986.

Article ajouté le 24/03/2020

L'ouverture de la saison 1986 à Anaheim est tout simplement perçue par la plupart des observateurs comme la plus belle finale de SX de tous les temps. Un affrontement dantesque entre deux coéquipiers, Ricky Johnson et David Bailey.

"The greatest SX of all time" : 


En 1986, le tout puissant team Honda managé par Roger De Coster accueille un petit nouveau, Ricky Johnson. Le kid d'El Cajon a démarré sa carrière à 16 ans sur Yamaha et n'a pas tardé à faire du dégat, en remportant en 1984 le championnat outdoor. À 21 ans, quand il signe chez les Rouges, Johnson est (très) confiant dans sa capacité à renverser ses glorieux aînés, notamment ses deux talentueux coéquipiers, amis dans la vie et partenaires d'entraînement Johnny O'Mara et David Bailey. Mais le mieux, c'est de laisser les principaux intéressés parler eux-mêmes de cette course mythique, ce qu'on a fait en traduisant leurs propos tirés de cette vidéo : 


« Rick était un peu l'outsiders parce que Bailey et O'Mara était déjà là (chez Honda). Il y avait un peu de friction. Nous, on faisait les choses de notre côté parce qu'il sentait qu'il ne rentrait pas vraiment dans le moule là-bas. » Brian Luniss, mécano de RJ. Des propos confirmés par Cliff White, le mécano de Bailey : « Il y avait de la rivalité entre David Bailey et Ricky. Ricky était le nouveau et ferait tout pour s'imposer, et David ne voulait pas laisser faire ça. »

David Bailey : « Ricky essayait de s'intégrer, de venir avec nous courir ou faire du vélo, mais Johnny et moi étions si proches, on se connaissait si bien qu'il s'est senti un peu exclu de cette relation. »

Ricky Johnson : « Ils me tuaient. Leur style d'entraînement n'avait rien à voir avec le mien. Je me blessais, je roulais au-dessus de mes pompes... Ils avaient tellement l'habitude du terrain à Hondaland, qui était en plus un circuit un peu hybride. J'avais un terrain à Sna Diego construit par John Savitsky qui ressemblait plus à un vrai terrain de SX. Honnêtement, je savais que Broc Glover, Jeff Ward ou Johnny O'Mara seraient durs à battre, mais celui que je craignais le plus et que je voulais absolument battre, c'était David Bailey. » RJ

Solide, comme team. 


David Bailey : « J'étais si nerveux toute la course que je n'en ai pas vraiment profité. Je comprenais en entendant les gens qu'ils étaient dedans, c'était comme un film de Rocky. Chaque fois que je passais Ricky, je pensais que c'était fini, mais il continuait à me recouper et me repasser. J'étais juste nerveux. »

RJ : « Je savais que si je lui mettais la pression et que je le tassais un peu, je pourrais peut-être lui enlever un peu de son habilité en le gênant comme ça. Et le battre. C'était mon but. Le plan de David, c'était de me passer, mettre un peu de distance et me faire lâcher. Mais je n'ai jamais lâché ! »

Brian Luniss : « C'était excitant, ils étaient loin devant. Ils ont vite commencé à mettre un tour, et les sauts étaient extrêmes pour l'époque, très pointus. »

Roger De Coster : « C'était chaud mais très fun à regarder. En tant que pilote comme spectateur, c'est pour ce genre de course qu'on fait ça ! »

RJ : « Avant la finale, j'ai dit à David : « on est tous les deux les plus rapides, je vais tout faire pour te battre mais je te promets que je ne vais pas te sortir. » On s'est regardé dans les yeux et on s'est serré la main ».

DB : « Je voulais gagner la course, mais je ne voulais surtout pas faire d'erreurs et lâcher des points parce que Jeff Ward était out pour la soirée (NDR : non qualifié à cause d'un cable de gaz cassé en heat) et il fallait en profiter. »

RJ : « David était mon adversaire le plus redoutable. Son style et le mien allaient bien ensemble. Il prenait l'extérieur, je faisais intérieur ».

La beauté de cet équipement ! Et ce numéro 5 ! Et cette fourche inversée ! 


Cliff White : « Brian et moi étions côte à côte dans la zone de panneautage, en train d'essayer de coller le panneau devant l'autre ! »

DB : « Ce n'est que dans les toutes dernières minutes que Ricky a commencé à lâcher et que j'ai pu me détendre un peu, mais ça a duré deux minutes ! »

RJ : « Il n'y avait aucune raison pour que je ne gagne pas cette course, à part mon physique. Je n'étais pas aussi fort que j'aurais du l'être physiquement. »

DB : « C'est évidemment très agréable de gagner une bataille comme celle-là, dont on parle encore tant d'années après ! »

La beauté de cette tenue ! Et cette fourche classique ! 


RJ : « Honnêtement, David était content, mais moi aussi parce que je savais que j'avais la vitesse. Je savais aussi ce qui me manquait. »

DB : « Anaheim a été une bonne course pour moi, mais ça a aussi été un tournant : je pensais avoir l'ascendant sur Ricky, mais il a fait le boulot pour me battre et a réussi en fin de compte. »

RJ : « Je savais qu'il était souple et technique, mais que j'avais cette capacité à me dépasser et rouler au-dessus de mes pompes. Je savais ce qui n'allait pas : je devais travailler plus dur, plus dur, plus dur. »

DB : « Oui, c'est un des points culminants de ma carrière. »

Et Ronnie qui se demande quelle fille il va ramener après ! 


Finalement, Ricky Johnson a perdu la bataille, mais il a bien gagné la guerre, en s'imposant pour le titre SX devant David Bailey et Johnny O'Mara. Et de récidiver en MX, devant les deux mêmes. Et pour conclure cette fabuleuse saison pour le team Honda, qui a aussi vu Micky Dymond remporter le titre outdoor en 125, Johnson, O'Mara et Bailey vont également offrir le spectacle qu'on connaît au Motocross des Nations de Maggiora, en Italie. Un autre monument du sport, et la fin d'une ère. Car si Johnson va encore remporter quelques titres, la carrière de Bailey va tourner court début 1987 sur une course de préparation, quand David se loupe sur un double. Moelle épinière touchée, il ne se relèvera pas. Son pote Johnny'O, lui, est viré de chez Honda à l'issue de la saison. Sa signature chez Suzuki, puis Kawasaki, ne sera qu'une lente agonie, avant que the O'Show ne devienne celui qui a présenté Ricky Carmichael à Aldon Baker, faisant ainsi entrer le coach sud-africain dans le petit monde du motocross.

Par Richard Angot.

Bonus, MXdN 1986, avec nos trois mousquetaires : 



 

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