SX US

Las Vegas et ce qu'on peut en dire

Article ajouté le 11/05/2016

La pluie a certes gâché la fête pour cette finale 2016 du SX US, mais c'est tout de même le meilleur pilote de cette saison qui a gagné, en la personne de Ryan Dungey. Chez les 250, Webb l'emporte au bout du suspens sur le cote Ouest, Stewart empochant confortablement le titre à l'Est.

Quel chaos ! Cette finale de Vegas 2016 restera dans les annales, mais pas pour les bonnes raisons. Des pluies torrentielles, dans une région où il ne pleut JAMAIS, ont transformé un très intéressant tracé en cloaque infâme, digne du SX de Donnery en 1993 (ou 94, pour les plus pointilleux, je ne me souviens plus...). Voir les meilleurs supercrosseurs du monde enrouler les whoops les deux pieds sortis des repose-pieds a quelque chose qui sonne faux. C'est comme croiser Trey Canard au Hell Fest ou Weston Peick à la première du Lac des Cygnes, ce n'est juste pas normal. Pourtant, comme d'habitude, le meilleur l'a emporté. En l’occurrence, un certain Ryan Dungey, pour la neuvième fois en 2016, soit son record personnel sur une saison. Le champion a su mettre toutes les chances de son côté, en remportant sa heat puis en partant devant en finale. Ça n'a pas été facile pour autant, avec un Ken Roczen plus incisif que jamais. Lui aussi bien parti, il a réussi à passer Dungey, avant de tomber sur un enchaînement et de faire chuter le champ' avec lui. Plus prompt à se relever et disposant du bouton magique pour démarrer, le Dunge n'avait plus alors qu'à contenir Anderson pour cruiser jusqu'à la ligne d'arrivée, Kenny ayant décidé d'aller prendre sa douche rapidement après sa chute. Rien à dire sur cette saison : Dungey a été le plus rapide, souvent, le plus consistant, tout le temps... Sans parler de ses départs, quasi systématiquement dans le top 3, au pire dans le top 5. Difficile de croire qu'il va baisser de rythme en outdoor... Et si la paire Roczen/Tomac pensait lui mettre un coup moral avant la fin du championnat, c'est râpé.
Jason Anderson a su profiter d'un bon départ pour tenir solidement sa place, avant de bénéficier de la chute de Kenny pour s'emparer d'une excellente seconde place. Pas gagné d'avance, tant l'agressivité du pilote HVA ne paraît pas, à priori, convenir aux subtilités du pilotage dans la boue. D'autant qu'ayant grandi au Nouveau Mexique, on suppose légitimement qu'il n'a pas l'expérience du Breton Charles Lefrançois (au hasard !) dans ces conditions. JA21 termine donc sur une bonne note une superbe deuxième saison de SX chez les grands, avec une victoire et demi au compteur (Detroit n'est pas une vraie, selon moi) et une troisième place finale. Avec un hiver de plus chez Aldon dans les pattes, il risque bien d'être un caillou dans la chaussure de son sparring partner RD1 l'an prochain...
On peut en être sûr maintenant, ça va mieux pour Eli Tomac. Super mal parti, ET3 est revenu comme un boulet de canon aux avant-postes, pour monter sur son troisième podium de rang. Reste quand même à régler cette histoire de départs, sous peine de connaître les mêmes problèmes outdoor qu'indoor. Mais ET3 a incontestablement le vent dans le dos, et ça fait plaiz'.
C'est un cliché de dire que Chad Reed est un dur à cuire. Pourtant, on en a encore eu la preuve samedi soir, avec cette bonne quatrième place décrochée dans le dernier tour par l'Australien. Lâche rien, l'ancien ! Un temps largement distancé par Baggett, il a réussi à puiser dans ses réserves pour le reprendre à quelques mètres de l'arrivée. Trois podiums dans l'année, quelques courses transparentes, CR22 a connu une saison en dent de scie, mais a montré qu'il était toujours présent. Pas encore signé pour l'an prochain, on devrait toutefois le retrouver sous l'auvent Yamaha aux côtés du jeune Cooper Webb. À suivre.
Trop rapidement catalogué allergique au SX après une carrière Lites certes peu convaincante, Blake Baggett commence à s'y faire. Avant-dernier au premier virage, BB a dû mettre du très gros gaz pour revenir aussi fort devant, puisqu'il a longtemps tenu la quatrième place. Pourtant, sa petite taille n'était pas franchement un avantage sur ce terrain ! Ce deuxième top 5 fait du bien, dans une saison marquée par les blessures pour notre nain de jardin. L'outdoor, sa spécialité, sera décisif pour notre homme, en fin de contrat avec Suzuki à l'issue de la saison.
Pas facile, voire impossible de parler de ce qui s'est passé derrière, on n'a rien vu. Si ce n'est que Broc Tickle, toujours à l'aise dans les conditions pourries, signe de très loin son meilleur résultat de la saison, avec une belle sixième place « à l'enduriste ». Il a su rester sur ses roues, le plus important. Parce que la quasi-totalité de ceux qui sont derrière ne peuvent pas en dire autant. C'est simple, les drapeaux jaunes tournaient plus vite partout que les pétards à un concert de Tryo... Justin Brayton a réussi lui aussi à bien se sortir du bourbier, lui permettant au passage de prendre une belle huitième place finale. Quand on voit les noms devant, on se dit que le type est solide. Une preuve ? Il n'était pas passé par un LCQ depuis 2012. Lui aussi sera en fin de contrat avec BTO en fin de saison.
Trey Canard allait vite, dans la boue, mais jamais plus de trois virages/whoops/enchaînements d'affilée. Je suis certain qu'au total, sur la soirée, il a passé plus de temps à ramasser sa machine qu'à rouler dessus.
Cole Seely, en pur Californien, n'avait pas l'air content d'être là. La pluie, c'est normalement un truc qu'on voit qu'à la télé... Chez Spy, ils doivent être ravis de l'avoir vu jeter avec dégoût ses lunettes par terre en heat.
À la dixième place, on retrouve Justin Barcia pour son meilleur résultat de la saison ! Un premier top 10 à la finale... Qui l'eut crû, pour un type qui gagnait des finales il n'y a pas si longtemps ?
Justin Bogle a gagné sa première heat chez les grands et était bien parti (comme d'hab'!) en finale avant de faire une erreur dès le premier virage. Il remontait comme un tire-fesses avant de se faire sortir par Grant, le pilote le plus dirty de la saison. Bravo Josh, c'est toujours ça de pris !
Un mot sur notre Marvin. Incapable de se rapprocher de Weimer en heat, pas spécialement mieux en semi, MM25 était pourtant bien parti pour tâter du podium, ou pas loin, seulement grâce à un bon départ. Avant de tomber et de refuser de reprendre la piste à cause d'un avant plus tout à fait en ligne, malgré les injonctions de son mécano Frankie. Résultat, il se fait passer au général par Seely pour cinq points... J'avoue ma totale incompréhension devant ce fait de course. J'ajoute que dans ces conditions très « européennes », j'attendais une autre prestation de la part de notre gars. Qui, de fait,  termine une bonne saison SX sur une notre décevante.
Thomas Ramette et Charles Lefrançois avaient fait le déplacement. Ils étaient tous les deux dans le coup en LCQ, avant de s'auto-éliminer. Lefrançois, notamment, nous a offert une belle figure sur le saut d'arrivée. Quant à Ramette, il n'avait plus que quelques virages à faire pour s'offrir la finale, avant se la coller lui aussi seul comme un grand. Dommage, il était bien, Ramette, sur le papier. Notez que Peick n'a pas fait mieux, en se crashant à intervalles réguliers, tous les trois virages, pour finalement ne pas aller en finale. Ça sent la baisse de salaire l'an prochain...

Chez les 250, il restait des titres à distribuer lors de ce shoot-out qui réunissait les meilleurs pilote des cotes Est et Ouest. Même avec une bonne marge sur leurs poursuivants, Webb et Stewart n'étaient pas à l'abri d'une catastrophe, à fortiori dans cette boue. Si Malcolm a parfaitement géré son affaire en gagnant sa heat puis en réussissant son départ en finale pour finalement terminer confortablement sur le podium, les choses ont été plus compliquées pour Webb. Déjà, il s'est pointé avec le scaphoïde cassé, ce qui n'aide pas... Ensuite, notre roquet est tombé au départ, alors que son adversaire principal pour le titre Savatgy s'envolait en tête. De quoi stresser un peu. Cooper a pourtant su garder la tête sur les épaules, en en faisant juste assez pour remporter le titre avec un point d'avance grâce à sa 11e place. Aucun doute, il a été chercher ce titre, bravo à lui ! Maintenant, restent à connaître ses plans pour l'outdoor, avec un poignet dans le sac.
Savatgy, en tout cas, n'a rien à se reprocher. Honnêtement pas le meilleur sur l'ensemble de la saison, il a dominé Vegas de bout en bout. Il y a bien eu la comète Nichols, qui l'a un temps déposé, avant de partir à la faute pour terminer sixième. Mais globalement, Joey a été solide. Et sera un favori au titre l'an prochain sans aucun doute.
Belle course d'Osborne également, revenu du fond du pack pour prendre une méritoire seconde place. Et que dire de la prestation de Plessinger ? Son père, Scott, possède la réputation d'être le meilleur pilote dans la boue depuis ses exploits en GNCC dans les années 80. Aaron ayant lui-même été formé dans les bois, il a montré à tout le monde comment on roule dans le gras, malgré un mauvais départ puis un passage par les stands pour redresser un sélecteur tordu. Cette quatrième place ne fait pas honneur à sa course, dommage. Reste une très honnête seconde place finale, c'est déjà pas mal. Juste derrière, un nouveau top 5 pour Audette, qui aura tiré profit au maximum de son statut de remplaçant chez Pro-Circuit. Sixième finale à l'Est à un point seulement de Bowers, voilà une performance dont Mitch se souviendra s'il a de nouveau besoin d'une doublure lumière ! Et ça pourrait venir plus vite que prévu. Ceci à cause d'Alldredge, magnifique second de sa heat Ouest, sa meilleur performance chez les pros, avant de se blesser sérieusement à la hanche en finale. On n'est pas près de le revoir en action... « Allo, Gannon, c'est Mitch. Oui, Payton. T'as quoi de prévu, cet été ? »  
Chez les autres top guns, pas grand chose à signaler. Jérémy Martin a passé son temps par terre, Davalos était scotché, Craig invisible... Pourtant, il suffisait de rester sur ses roues pour espérer finir convenablement. Dommage que personne n'ait été mis au courant, en dehors de Malcolm ! Chez les 250, je reste persuadé que Pichon ou Everts, même aujourd'hui, auraient pu jouer un podium en se contentant d'enrouler les obstacles !
J'imaginais bien Soubeyras tirer profit de cette épreuve galère pour sortir un résultat. Las, une nouvelle fois Soub' n'a certes pas démérité, mais n'a pas non plus su saisir sa chance. Il sera de retour en Europe sur une Yamaha JK Racing dès le prochain GP d'Italie, selon les rumeurs. La fin du rêve américain, avec comme meilleur score une neuvième place. Honnêtement, j'attendais mieux, et lui aussi sûrement.

Et fin de saison, donc, avec cette dernière chronique consacrée à cette belle saison SX. J'espère que vous avez apprécié. Pour ma part, je me suis régalé. A voir les courses, comme à écrire ces quelques lignes hebdomadaires. Je sais, ça va faire un peu Julie Zenatti, mais merci d'avoir pris le temps de les lire. @ plus, pour la suite des aventures, ou pas, d'ailleurs. God only knows, comme dirait Trey. Ou Ryan. Ou Cooper. Bref, tchao.

Par Ganjaman - photo Simon Cudby
 
MOTOCROSS EMAG

Dernières vidéos

  1. MXGP de Chine : les temps forts des qualifications MX2 et MXGP
  2. Real Moto 2 : Ricky Carmichael en démo
  3. MXDN à Assen : Euro Trip, le second épisode
  4. MXDN : Les Américains se préparent en Hollande
  5. SX de Brienon : Fonvieille et Soubeyras triomphent en Bourgogne