SX US

San Diego vu du canapé

Article ajouté le 10/02/2020

Hum, vous le sentez tourner, le vent ? Pas celui de Ciara qui passe en ce moment sur la France, celui qui souffle sur le SX US... Jusqu'ici, on avait globalement eu le Tomac/Roczen show. On dirait bien que le champion en titre a décidé de se joindre à la partie pour de bon ! Chez les 250, le scénario se répète : Dylan Ferrandis est le plus fort. Les supporters de base peuvent siffler autant qu'ils veulent, ça ne ne change rien !


Quand tu es content de ton investissement... 


« All about confidence », qu'ils disent les américains. La confiance en soi, c'est la plupart du temps ce qui sépare les tops des très bons. Et c'est un truc dont Cooper Webb ne manque pas, même s'il a mis du temps à la récupérer totalement, sans doute freiner par ses problèmes physiques (grosse crève, notamment) de début de saison. Chez Aldon Baker depuis deux ans maintenant, on peut penser qu'il n'est pas non plus allergique au travail intense. Ainsi, on a appris qu'après avoir exposé ses faiblesses dans les whoops ces dernières semaines, lui et le staff KTM ont pris le taureaux par les cornes en convoquant Blake Baggett, à l'aise dans l'exercice, à l'entraînement avec lui cette semaine, « pour devenir le meilleur ». Technique, testing, on ignore ce qui s'est fait sur le terrain. Gonflé, le petit, mais devinez quoi ? C'est bien dans les gros whoops de San Diego qu'il a fait la différence et gagné la course. OK, ce n'était pas de la façon qu'on pensait. Mais en devinant avant tout le monde que ces whoops seraient de ceux qu'on saute en fin de finale, il a pris le pack de vitesse. Incontestablement, ce Webb possède une intelligence de la course au-dessus de la norme. Ce ne sont ni Kenny (à de multiples reprises ! ) ni Adam (pas plus tard que samedi soir) qui diront le contraire. Voici donc notre mini pit-bull calé à 9 petits points, contre 18 une semaine avant, de la tête. Impressionnant. Inquiétant, même, si j'étais un des deux qui le précède, vu qu'en plus, il a retrouvé ses départs et qu'on va sur la côte est, historiquement sa favorite. Vous avez déjà vu un pit-bull lâcher un gros os bien baveux ? Voilà... En plus, il a même la chance avec lui, avec une place sur la grille qui s'ouvre, que sa 11e position d'entrée n'aurait jamais du lui offrir.

Pris comme un lapin dans des lumières de phare

Plus rapide encore une fois aux essais, Adam Cianciarulo a cette fois concrétisé et s'est rapproché un peu plus près de son rêve de gosse et objectif aujourd'hui : gagner une finale 450. Comme dit précédemment, il n'a pas su varier sa technique assez tôt, avant d'essayer de sauter « Musquin-style » dans les whoops. Grimper une montagne ne se fait pas en une étape (OK, sauf Kilian Jornet, mais rien à voir), mais AC9 ne s'est jamais approché autant du sommet. Si se faire battre dans les dernières minutes par son ennemi d'hier ne doit pas forcément faire plaisir, au moins il sait qu'il est prenable, puisqu'il a passé sa jeunesse entière à lui mettre la fessée... Reste à être plus malin. Pris comme un lapin dans des lumières de phare, il ne savait plus quoi faire tous les tours arrivé au « Ferrandis corner », l'espèce de virage surélevé. Cooper avait déjà failli passer une autre fois, mais ce n'est pas une porte qu'a ouvert AC sur le dépassement, c'est carrément le portail en fer forgé. Bref, le deuxième n'est pas forcément le premier loser sur ce coup-là, on va dans la bonne direction avec le jeune.


C'est mieux là que par terre, non ? 

Eli Tomac aurait-il réussi à revenir sur BB4 sans « l'affaire Barcia » ?

Blake Baggett régale à chaque course. Rapide, par terre, à l'arrêt, mal parti... On ne sait au moins jamais à quoi s'attendre ! Cette fois, il y avait à la fois la grosse vitesse et un bon départ. Peut-être même que BB prévoyait une attaque en fin de course, s'il n'avait pas été gêné par Benny Bloss. Rien d’intentionnel, mais quand les gars se battent à coups de centièmes... Autant dire en tout cas que c'est un sacré rebond par rapport aux autres courses, c'est le moins qu'on puisse dire. BB4 fait partie de cette élite qui peut gagner des finales, on a parfois tendance à l'oublier. À fortiori quand les whoops sont costauds, il sait faire. En plus, c'est cool d'avoir un nouveau pilote dans le mix. #deepfield.

Eli Tomac aurait-il réussi à revenir sur BB4 sans « l'affaire Barcia » ? Aucune idée, mais il est sûr que ça ne l'a pas aidé ! Encore une fois mal parti, Tomac faisait son Tomac, quoi, en remontant efficacement quand il est tombé sur ce relou de Barcia. Même si en toute honnêteté, ce n'était pas non plus du très grand Tomac comme on peut en voir quelque fois, du genre à partir 15 et passer tout le monde comme on coupe une file chez McDo. Ceci dit, si les fameuses journées sans de Tomac, ça ressemble à ça cette saison, ça sent quand même bon pour le championnat. Un point de la plaque rouge seulement...

Barcia a fait du Barcia

Si Tomac a à peu près fait du Tomac, Barcia a bien fait du Barcia, lui aussi. Pas du genre à laisser sa place sans réagir, quoi. Certains observateurs crient au scandale. Je peux comprendre, sauf que cette année, d'une, Justin est encore au contact au championnat. De deux, il pense sincèrement (à tort ou à raison) pouvoir battre n'importe lequel de ces gars-là. De trois, ça a en quelque sorte marché. Car s'il s'est effectivement fait passer par Tomac, Ken Roczen, qui arrivait sur lui comme un balle, n'a du coup jamais réussi à se rapprocher, encore moins à placer une attaque. Justin clame haut et fort que sa moto est au top, lui dans sa meilleure forme. Comptez sur lui pour animer encore quelques finales. Et franchement, ça fait du bien de voir quelqu'un ne pas s'écraser/laisser passer Tomac, non ?

Parfait en heat, Kenny Roczen a cette fois raté son départ en finale. Ensuite ? Difficile à dire. Peut-être qu'il a juste mal roulé, ça leur arrive aussi. Timide, c'est la réaction que j'ai eu de mon canapé. La bonne nouvelle, c'est que ça bien longtemps qu'il n'avait pas connu si bon début de saison, il faudra donc se contenter de ça.

Derrière, on n'a franchement rien vu de la course, ce qui est logique quand c'est si tendu devant ! On retiendra quand même l'exceptionnel bon départ d'Aaron Plessinger, qui était parti pour faire SA course référence en 450 en attaquant Cooper Webb. Hélas, le grand échalas s'est vautré comme un pilote UFOLEP après trois bières en en mettant trop sur une sortie de virage. Dommage, vraiment, de ne pas avoir un vrai aperçu de son potentiel en 450. Ça viendra sûrement, mais c'est long !

Malcolm 2.0


Justin Brayton termine bon 7e derrière le tas de furieux, et on peut dire que c'est plus ou moins sa place. Fantastique en heat, où il a battu Baggett, JB10 est mal parti et en a profité pour régler ses comptes avec Anderson, qui l'a (encore) chauffé. Une fois de trop, puisque Justin l'a collé au sol propre et net, au point de gagner un voyage dans le camion de la fédération pour s'expliquer. Rien de grave, mais sûr qu'il faut pas trop le gonfler, le Brayton, depuis le temps qu'il est là, il connaît la musique !

Sur un terrain aussi whoopsé (ou whoopseux?), on s'attendait à du grand Malcolm Stewart, surtout avec ce bon départ. On a eu la version 2.0 encore une fois, avec une solide course dans le top 10, mais sans ces « Stewart moments » qui vous colle la chair de poule. Sûrement mieux sur le long terme, surtout pour lui, mais nous on veut le spectacle ! Reviens James !

Tout aussi étonnant de régularité et de stabilité, Justin Hill poursuit sa moisson de top 10. Décidément, si c'était vrai que ce fameux Tony Alessi soit un fucking good team manager ? Fort plausible !

Zach Osborne, 11e. À mon avis, la semaine à la Baker Factory va être longue comme un jour sans pain...

Bravo à Jason Clermont pour sa qualif !


Jason Anderson a connu sa première soirée pourrie. #braytoniser

Dylan king of whoops

Chez les 250, les finales se suivent et se ressemblent étrangement, avec le même chasseur, Dylan Ferrandis, et le même chassé, Austin Forkner. Et c'est toujours le même qui finit dans l'assiette ! « J'ai tenu plus longtemps cette fois », a déclaré Austin Forkner. Au moins, le pilote a eu la correction de répéter (encore une fois!!!) que le dépassement de Dylan Ferrandis était totalement loyal. Notez tout de même qu'aux essais, même s'il est compliqué de comparer les temps entre les séances, Dylan Ferrandis était le plus rapide du plateau, 250/450 confondus... Avec des gros whoops propres ! Bien parti, Dylan s'est parfois un poil précipité sur certaines de ses tentatives, mais à chaque fois il a recollé tout de suite. Avant de repartir à l'assaut ! Franchement, DF1W a l'air d'avoir atteint une maturité et une confiance dans son pilotage qui font que l'on ne voit pas bien (sauf soucis physiques évidemment) qui va pouvoir l'arrêter, sur sa côte comme en outdoor... Parce que là, imaginez le carnage que ce serait sans Forkner, le roi sans couronne de la côte est l'an dernier ! On aura une meilleure idée lors des confrontations est/ouest, mais pour l'instant la hiérarchie sur cette côte est claire : Ferrandis devant, Forkner deux, Cooper trois.

Après, c'est plus incertain. J'attendais de Mosiman qu'il s'accroche plus aux basques de Justin Cooper. Cameron McAdoo a encore montré de belles choses, mais celui qui bosse dorénavant avec Nick Wey et AC9 a cassé la moto. Pas son année ! Hartranft et surtout Clout ont encore marqué des bons points et les esprits, pour le second. Belle performance de Jacob Hayes également.

Voilà, on quitte enfin la côte west pour s'offrir un nouveau départ à l'est, du côté de Tampa. Décidément, ça ne s'arrête jamais, et c'est ça qu'est bien !


Belle quatrième place de Mosiman, mais trop loin de Coooper ! 


Par Rich'.
San Diego en intégralité par Automoto La Chaine.

 

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