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HS : mag' de Motocross contre décrochage scolaire ...

Le décrochage scolaire

Le modèle Alma

Par Daphnée Dion-Viens, Le Soleil

Le Soleil - Alma - Au Québec, malgré les efforts, le taux de décrochage scolaire n'a pas baissé depuis 15 ans : un jeune sur quatre quitte l'école sans diplôme. Malgré ce sombre portrait, certaines initiatives donnent des résultats encourageants. L'exemple de l'école Jean-Gauthier, à Alma, inspire.

À première vue, l'école Jean-Gauthier ressemble à toutes les autres écoles secondaires. Pourtant, son équipe peut se vanter d'avoir réalisé un tour de force : faire augmenter le nombre de garçons qui en ressortent avec un diplôme de près de... 20 %, depuis 2000. La recette de ce succès ? Le Soleil est allé y voir de plus près.

13h pile. La cloche sonne le début des cours à l'école Jean-Gauthier. Mais elle marque aussi, comme tous les jours, les 15 minutes de lecture obligatoire. Que les jeunes commencent un cours d'éducation physique ou d'arts plastiques, la règle est la même pour tous, y compris pour les enseignants. Même la secrétaire et le directeur d'école se prêtent au jeu!

Ce qu'ils lisent? « N'importe quoi », lance Sylvain Ouellet qui était jusqu'à tout récemment directeur d'école. Romans, revues de motocross ou de mode, peu importe. L'idée, c'est de développer l'habitude de lire.

Pour M. Ouellet, décrochage scolaire et lecture sont étroitement liés. « À l'école, on est tout le temps confronté à la lecture. En math, en sciences, en histoire... Augmenter sa capacité de lecture, c'est augmenter ses chances de réussir. » Un jeune qui en arrache moins à l'école aura pas mal plus de chances d'en sortir avec un diplôme, ajoute-t-il.

À l'école Jean-Gauthier, qui compte environ 600 élèves, « on partait de loin », rappelle M. Ouellet. Une enquête réalisée il y a quelques années a révélé que 80 % des élèves lisaient moins de 15 minutes par jour. « Ici, quand les profs arrivaient à faire lire deux romans en secondaire cinq, c'était tout un exploit ! »

Quelques années et des milliers de pages plus tard, les résultats sont au rendez-vous. L'an dernier, la moitié des garçons en difficulté en français avaient augmenté leur niveau de lecture. Et à entendre les jeunes, l'expérience n'est pas si douloureuse.

« Avant d'arriver ici, j'aimais pas lire », lance Sébastien, 14 ans. Maintenant, il dévore un roman fantastique de Will Ghündee en trois jours. « Je pense que ça m'aide à être meilleur en français », ajoute-t-il.

Le bon remède

Mais les séances de lecture quotidienne sont loin d'expliquer à elles seules les succès de l'école Jean-Gauthier. En 2001, avec la collaboration du CREPAS (Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean), une grande enquête a été lancée auprès des élèves et de leurs parents afin d'établir le bon diagnostic.

Dans le secteur nord d'Alma, le revenu familial moyen est de 26 000 $. Quand l'école fait trop rusher les ados, plusieurs pensent à tout laisser tomber pour aller travailler dans le bois, avec leur père.

« Les parents eux-mêmes n'ont pas toujours eu une relation très rose avec l'école », lance M. Ouellet. La majorité des mères interrogées ont affirmé avoir de la difficulté à aider leurs enfants à faire leurs devoirs à partir de la deuxième année du primaire.

Une des premières actions a donc été de renforcer la communication avec les parents, en multipliant les lettres et les rencontres. Le téléphone reste la solution la plus pratique, mais le directeur se déplace au besoin pour rencontrer les parents.

« Je leur dis que s'ils ne sont pas d'accord avec l'école, qu'ils nous le disent, mais pas devant leur enfant. Sinon, on part avec deux prises au bâton », illustre M. Ouellet.

En plus des parents, il faut aussi convaincre les jeunes qu'un diplôme, c'est beaucoup plus qu'un bout de papier. Un homme d'affaires travaillant dans le secteur forestier, aujourd'hui millionnaire, est par exemple venu raconter aux jeunes qu'avec une cinquième année, il est peut-être président d'entreprise mais il dépend des autres pour la gérer.

École à la carte

Par ailleurs, l'école Jean-Gauthier a pu compter sur 1,2 million $ pour mettre sur pied différentes mesures de soutien grâce au programme Agir autrement, qui a été créé en 2002 par Québec pour aider les écoles défavorisées. Le nombre d'élèves par classe a été réduit.

Davantage de services sont disponibles pour les élèves en difficulté (l'école embauche quatre orthopédagogues) qui font l'objet d'un suivi serré. Autant que possible, les services sont personnalisés pour coller davantage aux besoins de l'élève.

Un exemple? Cette année, un enseignant a été envoyé chez un élève, qui ne venait plus à l'école, pour lui permettre de terminer son anglais de troisième secondaire. Il s'agit du seul cours qui lui manque pour faire une formation en foresterie, au secteur professionnel. Sans le financement de la stratégie Agir autrement, il aurait été impossible d'y arriver.

Mais il y a plus que l'argent. Les 255 autres écoles qui ont accès au même programme n'arrivent pas nécessairement aux mêmes résultats. Par son approche, le directeur tente aussi de responsabiliser les ados qui défilent dans son bureau. Et de leur faire prendre conscience de leurs choix. Il essaie autant que possible d'éviter de mettre un jeune à la porte. « Sinon, c'est l'école qui fabrique des décrocheurs », dit-il de sa voix calme et posée.

Pour arriver à ces résultats, il a aussi fallu choisir son camp. À l'école Jean-Gauthier, il n'y a pas de gala méritas. La persévérance passe bien avant la performance. « On n'est pas une boîte à miracle, lance M. Ouellet. Mais on a une équipe, et tout un milieu, qui travaille ensemble dans la même direction. » La clé du succès, ni plus ni moins...

Le décrochage scolaire

Le modèle Alma

Par Daphnée Dion-Viens, Le Soleil

Le Soleil - Alma - Au Québec, malgré les efforts, le taux de décrochage scolaire n'a pas baissé depuis 15 ans : un jeune sur quatre quitte l'école sans diplôme. Malgré ce sombre portrait, certaines initiatives donnent des résultats encourageants. L'exemple de l'école Jean-Gauthier, à Alma, inspire.

À première vue, l'école Jean-Gauthier ressemble à toutes les autres écoles secondaires. Pourtant, son équipe peut se vanter d'avoir réalisé un tour de force : faire augmenter le nombre de garçons qui en ressortent avec un diplôme de près de... 20 %, depuis 2000. La recette de ce succès ? Le Soleil est allé y voir de plus près.

13h pile. La cloche sonne le début des cours à l'école Jean-Gauthier. Mais elle marque aussi, comme tous les jours, les 15 minutes de lecture obligatoire. Que les jeunes commencent un cours d'éducation physique ou d'arts plastiques, la règle est la même pour tous, y compris pour les enseignants. Même la secrétaire et le directeur d'école se prêtent au jeu!

Ce qu'ils lisent? « N'importe quoi », lance Sylvain Ouellet qui était jusqu'à tout récemment directeur d'école. Romans, revues de motocross ou de mode, peu importe. L'idée, c'est de développer l'habitude de lire.

Pour M. Ouellet, décrochage scolaire et lecture sont étroitement liés. « À l'école, on est tout le temps confronté à la lecture. En math, en sciences, en histoire... Augmenter sa capacité de lecture, c'est augmenter ses chances de réussir. » Un jeune qui en arrache moins à l'école aura pas mal plus de chances d'en sortir avec un diplôme, ajoute-t-il.

À l'école Jean-Gauthier, qui compte environ 600 élèves, « on partait de loin », rappelle M. Ouellet. Une enquête réalisée il y a quelques années a révélé que 80 % des élèves lisaient moins de 15 minutes par jour. « Ici, quand les profs arrivaient à faire lire deux romans en secondaire cinq, c'était tout un exploit ! »

Quelques années et des milliers de pages plus tard, les résultats sont au rendez-vous. L'an dernier, la moitié des garçons en difficulté en français avaient augmenté leur niveau de lecture. Et à entendre les jeunes, l'expérience n'est pas si douloureuse.

« Avant d'arriver ici, j'aimais pas lire », lance Sébastien, 14 ans. Maintenant, il dévore un roman fantastique de Will Ghündee en trois jours. « Je pense que ça m'aide à être meilleur en français », ajoute-t-il.

Le bon remède

Mais les séances de lecture quotidienne sont loin d'expliquer à elles seules les succès de l'école Jean-Gauthier. En 2001, avec la collaboration du CREPAS (Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean), une grande enquête a été lancée auprès des élèves et de leurs parents afin d'établir le bon diagnostic.

Dans le secteur nord d'Alma, le revenu familial moyen est de 26 000 $. Quand l'école fait trop rusher les ados, plusieurs pensent à tout laisser tomber pour aller travailler dans le bois, avec leur père.

« Les parents eux-mêmes n'ont pas toujours eu une relation très rose avec l'école », lance M. Ouellet. La majorité des mères interrogées ont affirmé avoir de la difficulté à aider leurs enfants à faire leurs devoirs à partir de la deuxième année du primaire.

Une des premières actions a donc été de renforcer la communication avec les parents, en multipliant les lettres et les rencontres. Le téléphone reste la solution la plus pratique, mais le directeur se déplace au besoin pour rencontrer les parents.

« Je leur dis que s'ils ne sont pas d'accord avec l'école, qu'ils nous le disent, mais pas devant leur enfant. Sinon, on part avec deux prises au bâton », illustre M. Ouellet.

En plus des parents, il faut aussi convaincre les jeunes qu'un diplôme, c'est beaucoup plus qu'un bout de papier. Un homme d'affaires travaillant dans le secteur forestier, aujourd'hui millionnaire, est par exemple venu raconter aux jeunes qu'avec une cinquième année, il est peut-être président d'entreprise mais il dépend des autres pour la gérer.

École à la carte

Par ailleurs, l'école Jean-Gauthier a pu compter sur 1,2 million $ pour mettre sur pied différentes mesures de soutien grâce au programme Agir autrement, qui a été créé en 2002 par Québec pour aider les écoles défavorisées. Le nombre d'élèves par classe a été réduit.

Davantage de services sont disponibles pour les élèves en difficulté (l'école embauche quatre orthopédagogues) qui font l'objet d'un suivi serré. Autant que possible, les services sont personnalisés pour coller davantage aux besoins de l'élève.

Un exemple? Cette année, un enseignant a été envoyé chez un élève, qui ne venait plus à l'école, pour lui permettre de terminer son anglais de troisième secondaire. Il s'agit du seul cours qui lui manque pour faire une formation en foresterie, au secteur professionnel. Sans le financement de la stratégie Agir autrement, il aurait été impossible d'y arriver.

Mais il y a plus que l'argent. Les 255 autres écoles qui ont accès au même programme n'arrivent pas nécessairement aux mêmes résultats. Par son approche, le directeur tente aussi de responsabiliser les ados qui défilent dans son bureau. Et de leur faire prendre conscience de leurs choix. Il essaie autant que possible d'éviter de mettre un jeune à la porte. « Sinon, c'est l'école qui fabrique des décrocheurs », dit-il de sa voix calme et posée.

Pour arriver à ces résultats, il a aussi fallu choisir son camp. À l'école Jean-Gauthier, il n'y a pas de gala méritas. La persévérance passe bien avant la performance. « On n'est pas une boîte à miracle, lance M. Ouellet. Mais on a une équipe, et tout un milieu, qui travaille ensemble dans la même direction. » La clé du succès, ni plus ni moins...

Eh oui mon martin ,,,,c'etait pour ne pas que tu decroches .....;-)  bon vas pas quand meme les distribuer a la sortie des ecoles hein maintenant  !!!!!  :-((((

 
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