Atlanta et ce qu'on peut en dire



Par Ganjaman - photos copyright Simon Cudby

Atlanta et ce qu'on peut en dire

Une bataille de folie, une controverse impliquant James Stewart, des block-pass et des crashs et l'ouverture de la cote est, Atlanta a été fidèle à sa réputation de course qui compte dans le calendrier. On s'ennuie pas, en SX US.

Si le Man Above n'est pas tendre avec son ouaille Trey Canard, il est compatissant avec Ryan Dungey. Car il en a fallu, des circonstances favorables, pour que le leader du championnat remporte une nouvelle victoire, et creuse un peu plus un écart de points
qui va vite être insurmontable, hors blessure évidemment. Ok, RD sait se mettre dans les meilleures conditions. Déjà, il part systématiquement bien, ce qui représente une bonne partie du boulot. Mais quand même... Il paraissait plus triste que son pote Musquin se soit fait battre que content de sa propre victoire, allant même jusqu'à déclarer que MM était « le vrai vainqueur ce soir. » Ce n'est pas ce que retiendra l'histoire, en tout cas.

Faut dire qu'on y a cru longtemps, à cette première victoire française depuis Indianapolis 2002. Parti devant, Marvin a tout de suite creusé un petit écart le temps qu'RD recolle, avant de lutter jusqu'à ce dernier tour face à un Dunge pas spécialement prêt à tout pour le passer, bien posé sur ses 22 points face à « son ami » insignifiant au provisoire. C'est beau, l'amitié entre hommes. Marvin était de loin le pilote le plus créatif sur le circuit, utilisant des trajectoires d'un autre monde. Son petit intérieur avant le mur, notamment, était juste magnifique, et plus rapide que l'exter. La série de whoops avalée en deux jumps était tout aussi magique. J'ai été moins convaincu par son 3/2 avant le dragon back, même si ça ne paraissait pas spécialement beaucoup moins rapide que le 3/3. Disons que c'était inhabituel, d'autant que c'était bien le premier 3 en sortie de virage qui était le plus délicat à envoyer. C'est d'ailleurs ce saut qui lui a coûté la victoire. Aidé, en cela, par James Stewart. Pas habitué à prendre un tour, le James, et ça s'est vu. Il lui a fallu deux séries de whoops, la ligne droite de départ et autant de drapeaux bleus pour consentir à légèrement resserrer son virage avant l’enchaînement crucial. Ça fait beaucoup, d'autant qu'il n'avait aucune pression venue de derrière. Et qu'honnêtement, il n'en avait sûrement rien à carrer de terminer 14 ou 15e...

Bref, il a bel et bien coûté la victoire à Marvin, même si ce dernier a aussi ses torts dans l'action. Le plus grand ? Avoir essayé de faire 3 malgré tout, alors que faire 2/3 aurait suffit largement, puisque Dungey était gêné également. Sûr que c'est plus facile d'ici, au chaud devant son PC, que dans le feu de l'action... Il n'empêche qu'il n'y a que du positif à en tirer. MM sait maintenant qu'il a la vitesse et l'endurance pour gagner, même avec le grand patron du championnat qui respire ses gaz d'échappement pendant 20 tours. Avec sa prestation tout aussi météorique de la semaine dernière, ça fait deux courses de suite qu'il postule à une place de boss dans cette catégorie. Ça doit donner confiance, j'imagine.

MM sait maintenant qu'il a la vitesse et l'endurance pour gagner, même avec le grand patron du championnat qui respire ses gaz d'échappement pendant 20 tours. Avec sa prestation tout aussi météorique de la semaine dernière, ça fait deux courses de suite qu'il postule à une place de boss dans cette catégorie.

Il m'a fallu rechecker les classements pour voir qui avait finalement hérité de la troisième marche du podium, tellement la course a été intense devant. Ce vieux renard de Reed, qui ne cesse de se réinventer, a su tirer profit d'un bon départ pour se placer, sans perdre d'ailleurs trop de temps face aux deux leaders à partir du cinquième tour. Et termine pour la 248000e fois sur un podium de SX US, à l'endroit même de sa dernière victoire. Fort.
Davi Millsaps est mine de rien en train de réussir sa meilleure saison depuis 2013. A la rue l'an dernier, payé chichement chez BTO, c'est pourtant lui qui ramène les meilleurs résultats au team depuis le début de la saison. Moyennement parti, il a su tirer profit du carnage derrière pour prendre l'avantage sur son coéquipier Brayton et arracher une belle quatrième place. Et le bonus qui va avec.

Brayton retrouve donc le top 5, avec aussi une victoire en heat à son crédit. Pas mal. Sa facilité dans le difficile enchaînement 3/3 avant le dragon back était assez bluffante. Technique, le gars, ça ne fait aucun doute.
Parti quinzième, Ken Roczen n'a pas pu faire mieux que sixième. Autant dire que la vague de confiance accumulée après sa belle victoire de la semaine passée a vite disparu. Et même s'il est bien remonté, il n'a pas non plus fondu à travers le pack. Bref, soirée à oublier, et encore des points de perdus.

Une nouvelle fois, Anderson ne s'est pas fait que des amis à Atlanta. Ajoutez Eli Tomac et Justin Brayton à sa liste de Friends sur Facebook. Surtout, il a quand même réussi à s'accrocher deux fois avec son meilleur pote Seely. Passer autant de temps par terre et finir sept, ce n'est pas si mal. Éviter les accrochages à chaque course serait peut-être aussi une bonne idée. Lui-même semble y souscrire, ce qui est plutôt bon signe. Il peut aussi dire merci à Husky pour le démarreur...
Bogle huitième, tant mieux pour lui.

Et hop, un nouveau top 10 pour notre CP national. Passé totalement inaperçu à cause, ou grâce, à la course de Marvin. Monde de merde. Heureusement, il lui reste son chien.

Au-delà du top 10, c'est un peu le cimetière des ambitions... Seely et Tomac, victimes d'Anderson. Peick, blessé mais obligé de rouler pour que JGR continue de toucher les chèques des sponsors. Stewart, pour son retour, contraint de finir une course où il prend un tour, ce qui n'a jamais du lui arriver dans toute sa carrière, hors grosse chute évidemment. Et Trey Canard, qui poursuit, en bon pénitent, son chemin de croix...
Une petite pensée pour Short, Hahn et Nicoletti, tous pris dans un énorme accrochage en heat. Si Phil devrait être de retour à Daytona malgré un genou en vrac, on n'est pas près de revoir Hahn. Fracture de la clavicule et de l'omoplate. Moche, quand tu n'as rien à te reprocher. Quant à Short, un deuxième trauma crânien en moins de trois mois, pas top pour une dernière saison. A mon avis, il va prendre son temps avant de revenir derrière une grille de SX !
Régalade du jour, l'éphémère battle Pourcel/Peick en semi. La danseuse étoile contre le boxeur poids lourd. Preuve que comme au rugby, y'a de la place pour tous les gabarits, en SX...

Atlanta et ce qu'on peut en dire

Ah, le début d'un nouveau championnat ! Toujours un bon moment, à fortiori avec une côte est plus imprévisible qu'un Stewart sous acide. Et finalement, c'est ce bon vieux vétéran de Martin Davalos qui s'impose. Vainqueur en heat et en finale, meilleur tour en course, quasi pas d'erreurs... L'Équatorien a sorti une copie on ne peut plus propre. Il y a fort à parier que ce ne sera pas le cas toute la saison, mais ça commence bien. L'effet Tim Ferry, avec qui Martin bosse depuis cet hiver ? On verra, mais ça fait toujours 25 points de pris.
Décidément, ils sont un poil daltoniens, chez les Stewart. Parce que si James n'a visiblement pas compris qu'on lui tendait le drapeau bleu, Malcolm a du rater le cours du CASM sur les drapeaux jaunes. Plus rapide aux essais, lui aussi vainqueur facile en heat, il s'est empalé plein fer sur McElrath, qui ramassait sa brêle OKLM dans le bac à sable. Malgré tout, Mookie sauve une belle seconde place qui peut valoir des pions en fin de saison.
Autre belle surprise, Aaron Plessinger. Mal parti mais rapide, costaud jusqu'au bout, il pourrait bien être LA révélation du championnat, lui qui ne fait pas beaucoup d'erreurs par rapport aux autres prétendants. Va juste falloir penser à partir devant. Ou mieux, en tout cas, pour espérer contrer les deux précédents (et Justin Hill).

Par contre, on peut être légitimement déçu de la perf de Jérémy Martin. Très mal parti, comme d'hab, il n'a pas montré une vitesse de pointe digne de son rang de double champion outdoor. Au moins, il s'est qualifié, c'est un progrès, mais difficile après cette course de voir en lui un prétendant au titre. Wait and see.
Au contraire, quelle course de Justin Hill ! 21e au premier tour, il s'en est fallu de peu qu'il croque JMart. Décevant l'an dernier, c'est peut-être enfin la bonne année pour confirmer son immense potentiel. En tout cas, il va gagner des finales. Reste à voir s'il aura la régularité pour le titre. Mais avec des favoris tous à priori irréguliers, y'a ouverture.
RJ Hampshire, encore à court physiquement à cause d'un hiver passé à récupérer de sa chute de la Rhythm Lane, s'en est encore pris une bonne cette semaine. Du coup, cette place est bonne à prendre, mais on ne pourra juger de sa vraie vitesse que dans quelques courses. Or, ce championnat ne dure, précisément, que quelques courses...

Et avouez que voir un type encourager celui qui le passe (Hill en heat), ça n'arrive pas tous les jours et ça apporte un peu de fraîcheur dans le SX US.

Darryn Durham is back ! East coast is toast, c'est le slogan de son team. Au programme : « having fun ». Comprenez boire des bières et fumer des trucs légaux dans le Colorado. Ça a bien marché à ATL, avec un bon départ et une belle vitesse de pointe, pour un gars qui n'a pas roulé en course depuis des lustres. Bon, ok, ça manque un peu de physique, mais au moins, il finit, et plutôt bien. Et avouez que voir un type encourager celui qui le passe (Hill en heat), ça n'arrive pas tous les jours et ça apporte un peu de fraîcheur dans le SX US.
Tyler Bowers a eu une opération du dos et un Epstein-Barr en moins d'un an. Ça fait beaucoup. Ajoutez à cela un arm-pump massif, et ça donne un des favoris qui part devant et finit huitième, déposé au physique par DD. De quoi faire tâche chez PC. En tout cas, le titre paraît bien loin.
Que dire de la prestation d'Arnaud Tonus ? Par terre à chaque fois qu'il a pris la piste, sauf au LCQ qu'il emporte, le Suisse a fait une entrée fracassante, au vrai sens du terme. JT$ a le mieux résumé la situation : « Si j'étais Mitch, je lui aurais mis Hangtown sur le panneau avant de le faire sortir de la piste. » Pas faux, c'est sûrement le plus prudent...
Une pensée pour le jeune privé Josh Bartosh, qui holeshote sa heat avant... le drapeau rouge. C'est moche. D'autant qu'après être de nouveau parti correctement, il s'en est mis une belle dans les whoops, avant de se rater au départ du LCQ. DNQ, du coup.

Allez, en route pour Daytona, épreuve atypique si il en est. En attendant, lâchez vos coms sur le forums, bande de feignants !