Detroit et ce qu'on peut en dire



Par Ganjaman - photos copyright Simon Cudby

Detroit et ce qu'on peut en dire

Une décision litigieuse de la part des commissaires a influé sur l'issue d'une finale 100 % Baker Factory en 450, quand, en 250, on a eu droit à un quatrième vainqueur en quatre épreuves. Autant dire que rien n'est fait sur la côte est, parce que c'est plié depuis un moment chez les grands !

Voici enfin la seconde victoire de la saison pour Jason Anderson. Pas celle qu'il racontera à ses petits enfants au coin du feu dans son ranch, toutefois. Parti quatre, remonté trois derrière Marvin, Jason n'a jamais réussi à revenir sur ses sparring partners. Avant, au dernier tour, d'avoir à éviter le Français à terre pour couper la ligne derrière Dungey, et ensuite hériter de la première place après le déclassement de RD1. Bonne course, donc, mais sans éclat particulier. JA21 a quand même fait le show en heat, en passant Reed et Grant en même temps dans les whoops, puis en appliquant à sa façon la règle de « l'enroulage » des sauts sous drapeau croix rouge. En fait, il est normalement obligatoire de ne pas sauter du tout les doubles ou autres triples quand ce drapeau est présenté. Jason a interprété la règle à sa façon, on va dire... Il se passe toujours quelque chose dans le monde d'Anderson, et c'est déjà pas mal.

Et un second succès en SX US qui s'envole dans le dernier tour pour Marvin Musquin, à cause d'une glissade de l'avant avant les whoops. Décidément, quand ça veut pas... Ok, celui-ci aurait eu moins de valeur que celui d'Atlanta, mais le chèque de 100 000 $, lui, aurait eu la même. Peu importe, parce que si le pilote KTM continue sur cette lancée, il ne fait quasi aucun doute que ça va arriver tôt ou tard. Les départs sont au point, la confiance comme la technique sont là, il ne lui manque qu'un peu de réussite (et de vitesse dans les gros whoops) pour conclure le deal. Dommage de n'avoir pas pu voir à l'écran son « wheel tap » sur le petit enchaînement avant la ligne d'arrivée, il paraît que c'était aussi joli que rapide. Marvin est devenu un pilier de la catégorie, aucun doute là-dessus.

Ryan Dungey est le grand perdant de ce week-end. Lol. Déclassé de deux places pour avoir sauté sous drapeau croix rouge, c'est rude comme sanction. D'autant que les différents observateurs sur place jugent tous que RD ne pouvait pas voir le drapeau là où le commissaire était placé. Et qu'il n'est de toutes façons pas le genre de pilote à commettre de telles erreurs, à fortiori quand il est tout seul devant avec cinq secondes d'avance. D'autres pilotes l'ont fait également, en plus...  Météorique dans les whoops, solide partout ailleurs, le Dunge a pourtant encore prouvé qu'il était bien le boss. Il monte sur un podium de plus, tout en consolidant son avance au championnat. Bref, même s'il était semble-t-il furieux après la course, il doit pouvoir relativiser avec un peu de recul. Puis il n'est plus à 100 000 dol' près, quand même...
Chad Reed est de retour, après n'avoir roulé que la première ligne droite la semaine dernière. Longtemps distant cinquième, il a profité du mauvais départ des autres big guns du championnat pour se faire sa place gentiment, aidé par les gros whoops où il a l'habitude d'exceller. Ensuite, il n'a eu qu'à profiter de l'abandon de Justin Brayton pour s'offrir une quatrième place certes méritée, mais pas tant que ça, finalement. Bref, on attend mieux. Ou pas, ça dépend des semaines, ce qui est d'autant plus étrange pour celui qui a longtemps été considéré comme le plus régulier des pilotes de SX. L'âge, sans doute. 34 ans, pour un pilote de SX, ça équivaut à 112 ans pour un agent territorial, faut pas l'oublier.

Encore un de ces nombreux week-ends à oublier pour Eli Tomac. En fait, tous sont à oublier, à part Daytona... Bref. Moyennement parti, moyennement revenu, on n'a encore pas vu du grand Eli, pas aidé par une texture du sol bien glissante. La façon dont il s'est fait déposer par RD1 en heat n'a pas du l'aider moralement, non plus.

On pourrait en dire un peu autant de Ken Roczen, même si Kenny est parti de plus loin et a quand même fait du ménage dans le paquet pour revenir sixième. Il n'empêche que ce n'était sûrement pas ce qu'il avait en tête une semaine après sa démonstration de Toronto. Auteur du holeshot en heat, il s'est fait passer par Canard et n'a pas su contre-attaquer, avant de s'offrir un départ catastrophique en finale. Toujours second au championnat, il voit JA21 revenir à seulement 14 points... Je parie que ça va griller de la cloche à l'entraînement cette semaine !
On ne l'a pas trop vu à l'image, mais Peick a sûrement du faire une bonne finale pour revenir de 11e à 7e. Sa vitesse dans les whoops a dû bien aider, si je devais deviner.
Trey, Trey, Trey... Rapide, vainqueur en heat après avoir battu KRoc, il a réuni en une finale toutes ses faiblesses depuis le début de saison. Un départ bon dernier au bout de la ligne droite, et une bonne gaufre à la lutte avec Blake Baggett, qui l'a effectivement un peu tassé sur les bottes de paille. Reparti loin, revenu encore, il faudrait vraiment qu'il reste sur ses roues pour espérer mieux. Sur l'affaire avec Baggett, il lui suffisait d'un peu de patience pour doubler propre, plutôt que de forcer le passage alors qu'il n'y a visiblement pas la place. À croire que le Man Above ne fait pas un si bon riding coach que ça...

Neuvième place pour Mike Alessi, pas si mal, à fortiori sur un terrain avec de tels whoops. Mine de rien, Mike fait une saison solide, sans presque faire parler de lui. Ce qui est déjà bon signe, de la part du team Jacuzzi et son barge de team-manager Tony Alessi. Et lui, au moins, sait prendre un départ.
Justin Bogle rentre dans le top 10. Loin derrière Musquin, avec qui il se battait pour le titre Est l'an dernier. J'avoue que j'attendais mieux de lui cette saison, même s'il a connu pas mal de petites blessures avant et pendant.
Cole Seely était dans le wagon de tête au premier tour, avant de s'offrir un plongeon de footballeur italien au bout des whoops, tête la première dans les ballots. Dans ces conditions, il a sauvé ce qu'il a pu, à savoir pas grand chose. Et s'est fait passer au général par Musquin. Salaud de Français !

Pas grand chose de plus, si ce n'est deux nouvelles crevaisons, la tendance 2016, pour BB et surtout Brayton, parti pour faire son meilleur résultat de la saison. Carcasse trop tendre, pression trop basse, pierres qui roulent, coup des Républicains ? Faites votre choix, j'en sais rien. Nick Schmidt a encore été en finale, lui qui n'a raté qu'Anaheim 1. Et Cody Gilmore et Kyle White (qui?) ont fait leur première de l'année. Ah si, Jeff Alessi a une nouvelle fois décidé qu'il ne prendrait les whoops que quand il le voudrait. #thuglife

Chez les deux et demi, on est rarement déçu depuis le début de la saison Est. Pensez donc, un championnat dont le pilote le plus régulier est Malcolm Stewart... Le grand n'importe nawak a débuté dès les essais, avec la blessure de Justin Hill, une semaine après sa première victoire de la saison. Juste comme ça, le nouveau grand favori au titre grille un Joker. Heureusement, en contre-partie, on enregistrait le retour de Martin Davalos, l'ancien favori, remis de ses « problèmes familiaux ». Après des heat conformes aux prévisions, le chaos est une nouvelle fois venu de ce fucking premier virage. Difficile de pointer du doigt les responsabilités, à moins d'être expert en assurances. Disons que Mookie serre Hampshire qui serre lui-même Davalos qui serre lui-même Martin... et holeshot de Plessinger, qui se fait déboîter par Tonus, qui manque de s'en coller une direct dans les whoops ! Oui, je sais, tout ça est un peu confus. Pendant ce temps-là, J-Mart, en même temps que Bowers, ramasse sa brêle pour ce qui va être une longue finale pour lui... Arnaud Tonus a du style et de la vitesse, c'est un fait. Mais en SX, il fait penser à une grenade dégoupillée. Tu sais qu'elle va t'exploser en pleine poire, tu ne sais juste pas quand. C'est ce qui a fini par arriver dans les whoops, alors qu'un podium synonyme de rédemption lui tendait les bras. Espérons qu'il ait quitté le monde des GP en bons termes... Et qu'il n'ait pas attrapé froid, avec le courant d’air que Mookie lui a mis dans les whoops. Ensuite, Malcolm Stewart n'a pas eu à trop forcer pour aller chercher sa première victoire de la saison, qui lui offre la plaque rouge par la même occasion. Good job. Plessinger, auteur d'une course solide, second, loin devant McElrath, enfin à son niveau. Surtout, Tyler Bowers est revenu de son crash au départ pour prendre une belle quatrième place, devant Davalos. Quant à J-Mart, visiblement en délicatesse avec l'avant de son YZF, s'en est mis une de plus, sans compter un nouveau passage au stand. Treizième, ça fait tâche sur le CV... Cédric Soubeyras, neuvième, pourra donc s'enorgueillir d'avoir battu le double outdoor champ'. Mais n'est pas le meilleur européen en finale, devancé par Paul Coates l'Anglais. À part ça, je ne saurais trop vous conseiller le LCQ, et l'action de folie d'un autre anglais, Gradie Featherstone. Comment on dit couillu en anglais ? Ballsy ? That was ballsy, then. Allez, on se repose la semaine prochaine et on revient en forme pour Santa Clara, dans deux semaines !