Interview Romain Febvre



« Ma vie a changé… un petit peu ! »

Info Adam Wheeler www.ontrackoffroad.com - Photos Yamaha

Interview Romain Febvre

A 23 ans, le Vosgien a d’abord brillamment dominé la première manche, s’imposant avec pas moins de vingt-cinq secondes d’avance sur le second, un David Philippaerts retrouvé chez les siens, puis il s’est relevé d’une terrible gamelle en seconde manche pour aller conquérir, sur une machine pourtant bien froissée, la sixième place et la victoire au général sur l’ensemble de la journée. Ainsi Romain Febvre a-t-il accédé au podium lors des quatre dernières courses, deux fois de suite sur la plus haute marche au son de la Marseillaise. Nous l’avons intercepté juste après cette émouvante cérémonie…

« Romain, difficile de faire mieux ?

Oui, j’ai réussi une bonne première manche ! Avec cette boue le départ prenait encore plus d’importance et j’ai pu virer en seconde position. Rapidement, Philippaerts et moi avons pris de l’avance, ça m’a permis de le dépasser le plus soigneusement possible, au meilleur moment, et ensuite je me suis échappé, pas si facilement que ça car ce n’est jamais facile, mais j’ai pu creuser un avantage de quelque vingt-quatre secondes, je crois...

Ça paraissait facile !

Peut-être, du bord de la piste ou à la télé, mais en vérité sur la moto ça ne l’est pas ! Même si, grâce à un bon départ, un jour comme aujourd’hui vous pouvez vous permettre de rouler plus décontracté. Je me suis fait plaisir en piste et j’avais l’impression d’aller de plus en plus vite.

 

Interview Romain Febvre

Que se passe-t-il à la suite d’une victoire en Grand Prix ? Que faites-vous les jours suivants, vous décompressez ? Comment gérez-vous ce genre d’exploit ?

Je ne suis pas trop du genre à bousculer mes habitudes, mais il est certain que ces derniers temps j’ai reçu beaucoup plus de coups de téléphone et de messages que d’ordinaire ! La victoire implique forcément davantage d’obligations au niveau des médias notamment et il faut donc aller ici ou là pour répondre à toutes sortes de sollicitations, à droite, à gauche… Alors, oui, ma vie a changé, un petit peu, disons, ces dernières semaines. Mais j’essaie de préserver mon mode de vie, une certaine routine dont j’ai besoin et j’y parviens tant bien que mal pour l’instant.

 Votre coéquipier Jeremy Van Horebeek a dit qu’il avait bénéficié de quelques nouveautés sur sa Yamaha ce week-end. Vous aussi ?

Nous avions effectué deux jours de tests le mardi et le mercredi précédant Maggiora pour travailler sur le moteur. Et ça nous a véritablement apporté un plus. On bosse toute l’année, l’équipe n’arrête jamais ! Quand j’ai eu franchi la ligne d’arrivée, aussitôt après avoir répondu à une première interview pour la télé, le staff technique m’a d’emblée attrapé pour que je leur donne mon sentiment sur certaines pièces et leur préciser ce qu’on pourrait améliorer ! En tous cas je pense qu’on a fait un bon pas en avant cette semaine. Nous garderons les mêmes settings pour Teutschenthal, mais ensuite il y aura un week-end libre avant la Suède et nous reviendrons en Italie pour effectuer de nouveaux essais. En ce qui me concerne, je pense que je fais mon boulot comme il faut à l’entraînement : je suis sérieux, appliqué et ça se voit, en course, sur la moto, non ? J’ai tendance à croire que je ne dois rien changer à ce niveau. En revanche, du côté de la moto, il y a toujours matière à progresser… 

Vous avez gagné à Villars devant votre public venu en masse, il y avait encore un monde fou aujourd’hui et l’on sait qu’en Allemagne la foule sera au rendez-vous : vous appréciez de rouler ainsi devant des milliers de fans ?

Pour sûr le GP de France a été quelque chose de vraiment très spécial pour moi et sans doute ne vivrai-je jamais d’autre course aussi particulière : c’était mon premier succès en Grand Prix. Le premier et même si j’en gagne cent, ça restera toujours le premier ! Gagner à domicile, c’est évidemment un truc énorme, c’était génial. Ici le public encourageait les Italiens, même s’il y avait bien quelques fans français, et en Allemagne ils soutiendront tous Max (Nagl). Bon, quant à moi, peut-être vais-je devoir surmonter un peu de pression désormais… Cela dit, même en France je n’en ai pas vraiment ressenti ! Pas de souci : je crois que ça va aller ».