Kawasaki KRT en mode attaque en 2016



Info Adam Wheeler www.ontrackoffroad.com - Photo Stanley Leroux & Pascal Haudiquert / Kawasaki KRT

Kawasaki KRT en mode attaque en 2016

Le Monster Energy Kawasaki Racing Team doit redresser la barre en 2016. Après avoir remporté des Grands Prix, survolé les Nations et bataillé aux avant-postes trois ans durant avec Gautier Paulin, la structure basée aux Pays-Bas représentant l’usine japonaise a connu un drôle de trou d’air en 2015 en ayant misé sur Ryan Villopoto, une expérience dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle a tourné court.

Aussi entend-elle bien revenir au cœur de l’action la saison prochaine et ce dans les meilleurs délais. Avec ses deux recrues, Clément Desalle, qui sort d’une union de six ans avec Suzuki, et Jordi Tixier, rookie en catégorie reine, la voici qui revient d’une première campagne de testing en Espagne, où ses deux pilotes effectuaient d’ailleurs leur retour en piste, ayant été tous deux contraints d’interrompre leur saison l’été dernier sur blessure. François Lemariey, le team-manager, nous éclaire sur la façon de travailler du Belge et du Français et sur ce qui a changé par rapport à l’an dernier et aux tribulations nées du fait de l’irruption de « l’american way of life »… quatre GP durant.

François Lemariey

« Je connais très bien Clément, nous avions travaillé ensemble chez Honda LS en 2009 et donc la confiance existe entre nous. Avec Jordi même chose, dans la mesure où son mécanicien Christophe, qui officiait à ses côtés chez CLS l’an passé, est désormais chez nous. C’est un immense gain de temps, les pilotes sachant à quoi s’attendre, quant à nous nous savons déjà comment ils travaillent, ce qu’ils désirent et nous n’avons plus qu’à tâcher de les satisfaire. Par rapport à la saison qu’on vient de vivre, c’est tout à fait autre chose : Ryan et Tyla arrivaient des USA et Ryan en particulier avait sa propre façon de voir les choses et de concevoir la course. J’ai envie de dire qu’aujourd’hui nous sommes revenus à une approche plus normale, « européenne », des Grands Prix ».

François conçoit très bien que les fans et les différents observateurs regarderont de près comment le KRT va aborder la saison 2016 et ses dix-huit rounds. Au Qatar, au début de l’année 2015, Villopoto et Rattray n’étaient pas du tout dans le coup et ils ont admis par la suite qu’ils s’étaient fourvoyés dans leur préparation à l’intersaison, qu’il y avait vraiment beaucoup de boulot à effectuer au lendemain de Losail, avant le GP de Thaïlande huit jours plus tard. Un GP que Ryan a remporté, sur sa classe propre, aux commandes d’une KXF qui n’était toujours pas au point… Lemariey reconnaît très sportivement qu’il y a eu comme une erreur… Un sérieux bug !

« Nous avons tous vu au Qatar que la moto n’allait pas du tout et je n’irai pas dire que ce n’était pas notre faute car c’est nous qui avions la responsabilité du matériel, même si nous avions travaillé dans la direction que réclamaient les pilotes à partir de leur expérience aux US. Bien sûr, suite à ce qui s’est passé cette saison, nous allons être dans le collimateur de pas mal de gens l’an prochain, mais nos partenaires et ceux qui collaborent avec nous et nous connaissent bien savent qu’ils peuvent compter sur nous, qu’on sait bosser… Et je rappellerai tout de même qu’en 2014 nous avions été plutôt bons, terminant l’année avec deux pilotes sur la plus haute marche du podium des Nations ».

Une équipe d’usine doit être capable de bâtir de A à Z une machine qui réponde aux desiderata de ses pilotes, afin de leur offrir le meilleur outil possible pour exprimer tout leur talent - François Lemariey

Tixier, ex-champion du monde MX2 est là pour apprendre à domestiquer la KX 450F mais, en ce qui concerne Desalle, vainqueur de quelque dix-neuf Grands Prix, monté cinq fois sur le podium final du championnat ces sept dernières années, il a été engagé pour remporter des courses et le titre, c’est clair. Son transfert chez Kawasaki, son passage en vert après tant de saisons en jaune, coïncide avec l’arrivée d’une nouvelle machine chez le constructeur nippon. « Chaque pilote est un cas unique et bien sûr, comme les autres, Clément a ses exigences mais, pas de souci, ses demandes ne nous posent pas de problème particulier, on sait faire ! », assure le manager français. « Une équipe d’usine doit être capable de bâtir de A à Z une machine qui réponde aux desiderata de ses pilotes, afin de leur offrir le meilleur outil possible pour exprimer tout leur talent ».

« Nous disposons cette année d’une nouvelle machine, il s’agit donc d’un nouveau défi. Je dirai que ce sont 90% de la moto qui ont changé par rapport à l’an dernier, ce qui à notre niveau signifie un gros, gros boulot ! La préparation a débuté dès le milieu de l’année 2015 et les tests avec Clément et Jordi ont tout de suite confirmé qu’on allait bien dans la bonne direction. Tous deux rentraient de blessure, mais on a pu voir qu’ils étaient déjà en très bonne condition puisqu’ils ont roulé quasiment non-stop cinq jours durant. Il reste encore du travail à effectuer, mais disons qu’il ne s’agit plus que de points de détail à présent… ».