Monster Energy AMA Supercross Series 2016 preview



Ready, steady, go !

Par Eric Breton - Photos constructeurs

Monster Energy AMA Supercross Series 2016 preview

A la veille du lancement d’une nouvelle saison (la quarante-troisième de l’histoire du championnat US), petit tour d’inspection des forces en présence. Qui succédera à Ryan Dungey ? Le pilote KTM conservera-t-il sa couronne (ce serait sa troisième en catégorie SX 450) ou bien devra-t-il céder son sceptre à un Roczen, un Tomac, un Canard, voire un Barcia ? Ou à un outsider plus inattendu ?
Supercross « twenty sixteen », on y est : sans boule de cristal, ni marc de café, le jeu des pronostics est lancé !

On sait comme en supercross la situation évolue vite, les blessures notamment pouvant ruiner des mois de préparation, d’efforts, en quelques secondes. Au soir d’Oakland, fin janvier, après les quatre premiers rounds, on y verra plus clair. Mais il faudra sûrement attendre jusqu’à mi-avril et les quatre dernières courses (on espère bien !) pour que la hiérarchie finale se dessine. Ce qui n’empêche surtout pas de donner quelques pistes…

Il va porter le numéro un, ce qui veut déjà dire beaucoup. Mais c’est loin d’être tout. En ce mois de janvier 2016 Ryan Dungey, 26 ans (27 en avril), est au top de sa forme : en pleine confiance, fort d’une préparation impeccable (rappelons qu’il est client de la Baker’s Factory d’Aldon Baker), disposant d’un matériel au top au sein d’un team surpuissant dirigé par une icône absolue, « Dunge » ne gagnera sans doute pas dès Anaheim 1, ce n’est pas dans ses habitudes. Mais le 7 mai à Las Vegas, au bout de ce trip de dingue de dix-sept épreuves en dix-huit semaines, il y a fort à parier que le natif du Minnesota ne sera pas loin du compte. Boss du SX 2015, le favori numéro un cette année c’est lui, pour sûr.

Ken Roczen a remporté l’épreuve d’ouverture ces deux dernières années et cela n’étonnerait personne qu’il réussisse la passe de trois .

Ken Roczen a remporté l’épreuve d’ouverture ces deux dernières années et cela n’étonnerait personne qu’il réussisse la passe de trois . Pour la première fois de sa jeune carrière (rappel : il aura seulement 22 ans fin mars) il a souffert en 2015 mais, au vu de sa prestation à la Monster Cup fin octobre, ce ne sont plus que de mauvais souvenirs. Tout comme les dissensions avec son équipe. Mais en ce qui concerne la conquête du championnat, saura-t-il conserver le même niveau de concentration dix-sept semaines durant, c’est toute la question. A ce petit jeu, on le sait, Dungey est tellement fort... 

 

A un moment ou à un autre de la saison Eli Tomac sera sans doute le plus vite en piste. D’aucuns assurent qu’il sera encore meilleur que sur la Honda aux commandes de la Kawasaki… Mais, entre ses blessures, sa longue convalescence et son changement d’environnement, est-il prêt ? Sera-t-il déjà complètement opérationnel, dans le coup dès les premiers rounds du championnat ? Et parviendra-t-il à éviter les écueils habituels (mauvais départs, chutes au premier tour, etc) ? Si tout se passe bien, saura-t-il rester sous contrôle ? Bref, à ne pas faire « du Tomac »… On apprend forcément de ses erreurs.

On ne peut que voir en Trey Canard le quatrième mousquetaire, celui qui à l’instar des trois pilotes précités, peut très bien dicter sa loi et gagner des courses, voire régner sur le championnat. Mais le pilote Honda doit prendre de bons départs pour se tenir à l’écart des « embrouilles » lors des premières boucles et préserver son intégrité physique trop souvent mise à mal. Si Dungey fait figure de favori, ses plus farouches rivaux seront à n’en pas douter Roczen, Tomac et Canard. S’ils parviennent à approcher le pilote KTM au plan de la constance. C’est d’eux que viendra la menace pour le tenant du titre. Et c’est entre ces quatre-là que, sur le papier, se jouera l’affaire.

Ensuite, quatre autres noms s’imposent, ceux de garçons qui, semble-t-il, devraient être capables de fréquenter le podium et de gagner une ou deux courses, si tout va bien, mais qui n’auront sans doute pas la régularité nécessaire pour se mêler à la bagarre au sommet quatre mois durant et peser sur le championnat. Premier d’entre eux, Justin Barcia, question vitesse pure, a sa place aux côtés des quatre favoris, au même niveau en théorie. Tout le problème consiste à savoir si le « BamBam » qui va s’attaquer au SX 2016 sera celui du SX 2015, ou bien celui de l’outdoors, il y a six mois ? Un Barcia en confiance, magnifique, alignant les holeshots ? Ou anonyme, comme perdu, multipliant les bourdes ? Evidemment, on souhaite que le sociétaire du team JGR poursuive sur sa lancée du second semestre, des Nations par exemple. Et alors on aurait tendance à plutôt y croire…

On en arrive aux « vétérans » et en premier lieu au cas James Stewart : alors, ce retour, suite à sa suspension ? Euh, quel retour ? Loin de tout casser, Bubba nous a laissés sur notre faim (Monster Cup, Lille), pour le moins. Bien malin qui peut dire à quoi s’en tenir : à 30 ans, Stewart peut-il reprendre le train en marche et retrouver une part de son fabuleux standing, c’est à dire, au minimum, s’en tirer en signant quelques succès significatifs ? 

Il a bien monté son affaire, ne se dévoilant que quelques heures avant Anaheim, ce qui n’a pas manqué de créer quelques interrogations mais, finalement, Chad Reed sera bien au départ, au guidon d’une Yamaha tout ce qu’il y a de plus officielle, « comme prévu ». Certes il a toujours su réussir ses retours depuis le diable vauvert, certes il a encore enlevé une finale l’an passé… Mais à 33 ans, ça risque tout de même de devenir de plus en plus compliqué, non ? N’empêche, quelle bête de course, ce Reedy ! Sur la vidéo accompagnant l’annonce de son « retour » chez Yamaha, il porte un pantalon avec aux fesses l’inscription Home dans le O de laquelle figurent les trois diapasons. Chic. Et il explique clairement que son but n’est autre qu’un troisième titre Supercross après ceux de 2004 et 2008. On a du mal à se sentir aussi confiant que lui, mais allez savoir, avec ce type-là !

Deux ans de suite, après une saison 2013 exceptionnelle (vice-champion), ce furent deux « annus horribilis » à la suite pour Davi Millsaps. Inutile de revenir sur ses différentes tribulations, aujourd’hui le voici pilote BTO Sports et, sur une bonne moto, on a vu du bon Millsaps à Vegas en octobre. Si bien que certains observateurs n’hésitent pas à prédire que 2016 pourrait être l’occasion de son grand retour au sommet. Ça paraît un petit peu présomptueux mais, après tout, ne dit-on pas que les grands champions ne meurent jamais ?

Après avoir évoqué le super favori, puis ses trois (voire quatre ?) principaux rivaux et ensuite trois anciens qui, sait-on jamais, pourraient encore mordre, voici deux garçons qui, quant à eux, pourraient bien chambouler tous les pronostics. Carrément ! En effet, vu sa progression météorique et son aisance assez unique en SX, il se dit ici et là que Cole Seely, rookie, vainqueur d’une finale et troisième du championnat 2015, officiel Honda, peut très bien s’incruster au top cette saison et non seulement rééditer son podium final de l’an dernier mais, mieux encore, jouer le gros lot ! Certains y croient dur comme fer et il est vrai qu’il est assez tentant de les suivre dans cette voie… La nouveauté, ça na se refuse pas !

Mais plus encore on a envie de croire en Jason Anderson : éternel rival du précédent, débutant en 450 lui aussi il y a douze mois (il venait d’ailleurs de taxer Seely en 250 West…), il ne s’est certes pas encore imposé et n’a terminé qu’au septième rang du classement final (scorant deux podiums au passage), mais sur la nouvelle Husky ce produit de la  Baker’s Factory semble être taillé juste comme il faut pour tenir le rôle du chien dans le jeu de quilles. Et faire exploser toutes les prévisions. Incontestablement, Seely et Anderson ont réussi leur entrée sur la grande scène la saison passée et, aujourd’hui, à l’heure de la fatidique seconde année, celle où l’on doit confirmer et franchir un palier, ils ont l’air prêts, l’un et l’autre, à s’immiscer aux avant-postes. Et, qui sait, à créer la surprise ! Alors, Seely ou Anderson ? Eh bien pourquoi pas les deux ?

Cette année, les rookies sont au nombre de trois : parmi eux, un « vrai » youngster et deux pilotes plus confirmés. Deux Français ! A 26 ans Marvin Musquin va enfin faire ses grands débuts en cylindrée supérieure, plusieurs blessures ayant retardé son éclosion en deux-et-demie. Chose faite, le voici vêtu du costume de « second » du champion régnant. On a encore très peu vu Marvin au guidon d’une 450, mais nombreux sont ceux qui prétendent, De Coster en tête, qu’un pilote aussi « technique » ne peut que faire merveille sur une machine plus puissante. Et que le champion SX 250 Est va en surprendre plus d’un. Comment ne pas être d’accord avec ça ?

Naturellement, le second Frenchie n’est autre que Christophe Pourcel. Cela fait cinq ans qu’on n’a pas vu CP en SX US et jamais en 450 cc… Peut-il reprendre le cours de l’histoire là où il l’avait laissée ? C’est à dire au top… Les voyants sont tous au vert : il a l’air bien dans sa tête, sur sa moto, dans son team. « Comme jamais » prétend-il. Et comme, nul ne l’ignore, ce type est capable de tout… Par le passé, on n’a pas toujours compris où il voulait en venir, mais cette fois ça s’annonce intéressant !

Troisième rookie de l’année, Justin Bogle est plus jeune (23 ans) et va donc entamer une année d’apprentissage mais, ayant eu du mal à trouver un guidon (il a été « repêché » par son ancienne équipe), il doit tout de même essayer de se faire remarquer dans les plus brefs délais… 

Monster Energy AMA Supercross Series 2016 preview

Reste à citer les noms de quelques pilotes officiels ou assimilés qui a priori ne vont bagarrer que pour accéder au top-ten. Cela dit, on le sait, les surprises, bonnes ou mauvaises, ne sont jamais rares au cours d’une saison de supercross ! Justin Brayton a connu une année 2015 très délicate mais on peut compter sur lui, si tout se passe sans encombre, pour glisser sa 450 SX-F BTO Sports au plus près du podium à l’occasion. Maintenant, à près de 32 ans (en avril) peut-il retrouver son meilleur niveau (quatrième en fin d’exercice 2012) ? En tous cas il sort d’une campagne de meetings européens très encourageante, moralement parlant au moins…

Nombreux sont ceux qui posent la question : a-t-on déjà vu Weston Peick « at his best » ? Quelles sont donc les limites du second « King of Lille » ? En fait personne n’en sait rien : ceux qui le connaissent bien affirment que lui-même l’ignore. 2016 sera sa deuxième saison en tant que pilote d’un team de pointe : va-t-il franchir un palier ? Exploser, stagner, régresser ? Tout est possible…

Les maniaques du tour par tour le savent bien, Broc Tickle est le roi des remontées un peu désespérées, des fins de course solides. C’est qu’il se faciliterait tellement la tâche s’il réussissait ses envolées… Un jour, peut-être, trouvera-t-il le déclic ? Et là on peut s’attendre à de sérieux progrès !

Il a été champion 250 SX (en 2013), c’est donc qu’il a le niveau, Wil Hahn. Sa saison 2015 a été une catastrophe : out dès les essais d’Anaheim 1 ! Alors que peut-il espérer cette année ? Il bénéficie d’une super moto dans un super team, mais la gniaque semblait l’avoir quitté pour de bon… Peut-elle revenir ? Bonne question.

Il y a un mois Blake Baggett avait l’air en pleine bourre au sortir d’une saison de rookie plutôt réussie. Hélas il s’en est mis une sévère à l’entraînement (épaule, côtes…) et sa saison SX est fichue. Rendez-vous fin mai à Hangtown !

Andrew Short (clavicule) lui non plus ne sera pas de la partie à Anaheim mais il ne devrait manquer que deux ou trois courses.  A bientôt donc pour une dernière valse, Shorty ayant annoncé, à 33 ans, que cette saison serait sa dernière chez les pros. Comme une tournée d’adieux…

Un mot enfin de Mike Alessi, ou tant d’espoirs déçus... A 27 ans l’ex-wonderkid réussira encore peut-être, parfois, un de ces holeshots dont il avait le secret, jadis. Dans l’anonymat complet, ou presque.

Pour terminer, un mot de la météo ! Obligé. En effet, il pleut en Californie du Sud ces jours-ci et les prévisions pour samedi soir sont extrêmement pessimistes. Certes la piste est pour l’instant bâchée, mais s’il pleut au moment de la course… On avait vécu une « wet race » à Anaheim en 2005 : à l’époque Kevin Windham (sur une 450 CRF) avait été celui qui s’était le mieux sorti du cloaque, devant Mike LaRocco. Ricky Carmichael avait chuté à deux reprises (la seconde fois il était même reparti en sens inverse !) alors qu’il caracolait très largement en tête. Il avait tout de même fini troisième, devant Sébastien Tortelli et James Stewart, à terre dès le premier tour. Chad Reed, le champion en titre, avait été contraint à l’abandon, frein avant bloqué par la boue. Pourvu qu’on nous épargne pareil bourbier, pour l’amour du sport ! On croise les doigts…

 

250 West : Qui peut battre Cooper Webb ?

Tenant du titre « Ouest » Cooper Webb, même si on l’a beaucoup vu aux commandes d’une 450 cc en fin d’année 2015 (GP US à Glen Helen, Nations, Japon, Gênes, Lille, SX australien…), remet son titre en jeu comme le veut le système américain (il a droit à une défense de sa couronne, et une seule). Il retrouve donc la deux-et-demie et ainsi arborera-t-il à Anaheim la plaque numéro un. Ce statut de patron, a priori on le voit bien le préserver : en effet, qui paraît de taille à lui disputer son hégémonie ? Les trois Pro Circuit boys Joe Savatgy, Chris Alldredge et Tyler Bowers seront sans doute, aux côtés des hommes de Geico-Honda Christian Craig et Jordon Smith ainsi que de Jessy Nelson/KTM TLD et de son « cousin » Zach Osborne/HVA, ses plus féroces adversaires : ultra-rapides, ces sept-là vont forcément harceler celui qu’on appelait encore « Mini-Coop’ » il n’y a pas si longtemps. Ils vont l’avoir dans leur viseur et ne manqueront pas de le menacer, voire de lui piquer des victoires, c’est évident. Savatgy, Bowers, Craig et Smith et peut-être plus encore Nelson et Osborne ont « l’étoffe », ils peuvent aller chercher Webb, sans aucun doute. Quant à lui piquer son number one, ça semble beaucoup plus improbable : si le p’tit gars de Caroline du Nord ne se blesse pas, je suis prêt à parier qu’il sera double champion SX 250 en mai prochain !
Ce championnat 250 côte Ouest aura cette saison un goût particulier grâce au superbe effort consenti par Bud Racing : coup de chapeau aux infatigables frères Dassé car non seulement on suivra de jeunes Frenchies dans la course (ce qui n’est pas nouveau), mais au sein d’un team tricolore pur jus, émanation US d’une structure française, avec des mécanos français et même un team-manager français (dont le cœur a beau balancer entre Méditerranée et Pacifique, il se plaît à représenter à nouveau sa terre natale) en la personne de David Vuillemin himself ! Hissez les couleurs… Maxime Desprey et Simon Mallet, remplaçant au pied levé le jeune Darian Sanayei blessé, sont les pilotes Bud dont nous allons suivre les aventures au Nouveau Monde. Tout comme celles de notre double champion SX2,Thomas Do, qui lui aussi est parti se colleter au supercross, au vrai.

Signalons au passage qu’il n’y a pas que la France qui vibre pour le SX US : au fil de la liste des engagés d’Anaheim on découvre ainsi au milieu des Yankees, en plus de nos compatriotes, du voisin Canadien Cole Thompson et des Australiens Hayden Mellross et Geran Stapleton, le champion EMX 250 néerlandais Nick Kouweberg, le plus obscur Allemand Philipp Klakow et l’ami suisse Killian Auberson !  

 

Les principaux teams en lice

HONDA
Team HRC :
14 Cole Seely
41 Trey Canard
Team manager : Dan Betley

Geico Powersports :
19 Justin Bogle
250 : 31 RJ Hampshire (E)
38 Christian Craig
39 Jordon Smith
50 Malcolm Stewart (E)
58 Jimmy Decotis
Manager : Mike Larocco

HUSQVARNA
Rockstar Energy Racing :
21 Jason Anderson
377 Christophe Pourcel
250 : 16 Zach Osborne
49 Martin Davalos (E)
Manager : Bobby Hewitt

KAWASAKI
Monster Energy Racing Team :
3 Eli Tomac
54 Wil Hahn
Manager : Dan Fahle

Monster Energy Pro Circuit (250) :
35 Chris Alldredge
37 Joe Savatgy
44 Adam Cianciarulo (E)
53 Tyler Bowers
66 Arnaud Tonus (E)
Manager : Mitch Payton

KTM
Red Bull Factory Racing :
5 (1) Ryan Dungey
15 Dean Wilson
25 Marvin Musquin
Manager : Roger De Coster

BTO Sports :
10 Justin Brayton
18 Davi Millsaps
39 Andrew Short
Manager : Forrest Butler

Troy Lee Designs Racing (250) :
13 Jessy Nelson
30 Shane McElrath (E)
36 Justin Hill (E)
42 Mitchell Oldenburg
128 Alex Frye (E)
Manager : Tyler Keefe

SUZUKI
Yoshimura :
4 Blake Baggett
7 James Stewart
Manager : Mike Webb

RCH :
20 Broc Tickle
94 Ken Roczen
Manager : Mark Johnson

Motorcycle Superstore (250) :
45 Kyle Cunningham
84 Jimmy Albertson (E) Manager
172 Mark Worth
174 Josh Osby (E)

YAMAHA
Monster Energy Factory Racing :
22 Chad Reed
Manager : Keith McCarthy

Toyota Joe Gibbs Racing :
28 Weston Peick
34 Philip Nicoletti
51 Justin Barcia
Manager : Jeremy Albrecht

Star Racing (250) :
6 Jeremy Martin (E)
17 (1) Cooper Webb
23 Aaron Plessinger (E)
26 Alex Martin
289 Mitchell Harrison
Manager : Steve Lamson

Cycle Trader Rock River Racing :
71 Kyle Partridge
250 : 46 Luke Renzland
Manager : Christina Denney