Ryan Villopoto... en 2016



Quel avenir pour RV2 ?

Info Adam Wheeler www.ontrackoffroad.com - Photo Stanley Leroux / Kawasaki

Ryan Villopoto... en 2016

La pression est immense sur Ryan Villopoto : l’attente créée par sa venue en Grands Prix est telle, aux Etats-Unis en particulier, que l’on en est déjà à se projeter sur la fin de saison et… ce qu’il fera l’an prochain !

En effet, le plan de base, pour l’Américain, c’était de venir passer une saison en championnat du monde et une seule. Avant, quel que soit le résultat final, de mettre un terme à sa carrière, fin 2015. Ayant atteint son but ou non. RV2 et les GP, l’opération a toujours été présenté comme un « one shot » : une dernière aventure avant de raccrocher définitivement le casque. 

Mais le début de saison compliqué de l’officiel Kawasaki - malgré cette superbe victoire en Thaïlande qui a permis d’entretenir les espoirs de tout le peuple des fans du quadruple champion AMA Supercross aux quatre coins de la planète - et notamment le forfait au Grand Prix d’Europe à Valkenswaard suite à l’incroyable cabriole d’Arco, amènent d’ores et déjà tous les observateurs à remettre sur le tapis cette grande question que l’on croyait pourtant résolue, voire exclue, une fois pour toutes : et si Villopoto rempilait en 2016 ? 

Il existe bien, c’est une évidence, un « effet Villopoto ». Depuis l’ouverture du Mondial à Losail fin février les audiences ne cessent de battre des records, en termes de spectateurs, sur place ou bien derrière leur téléviseur ou leur ordinateur, partout le buzz est gigantesque et le coup de boost incontestable. Comme par ailleurs, même si la saison est loin d’être terminée avec cinq rounds disputés seulement sur les dix-huit au calendrier (elle ne fait même encore que commencer !), l’import US compte déjà un déficit de quatre-vingt dix points de retard au classement général provisoire sur le leader, en l’occurrence Max Nagl (214/124), certains n’hésitent pas à avancer que déjà les carottes sont bel et bien cuites pour le petit rouquin du Washington, que le titre est envolé et que le Euros conserveront « leur » mainmise sur le MXGP.

Pour l’instant, je peux dire que nous avons sans doute fait fausse route dans notre préparation

 Aussi la solution de la « deuxième chance », pour un Villo en pleine possession de ses moyens, ayant accompli une préparation spécifique parfaitement adaptée et pouvant se reposer sur une totale connaissance du système des GP, de leurs enjeux comme des circuits et des adversaires à affronter, prend-elle de plus en plus de consistance ces jours-ci. Eh, qui ne rêverait, après une première année « pour voir », d’une saison 2016 « pour de bon » avec un RV2 au top du top ? Pour sûr, Youthstream, le promoteur des Grands Prix dont les actions grâce à l’Américain sont à la hausse, de même que Kawasaki et son sponsor titre, Monster Energy, qui se trouve être aussi le principal partenaire du précédent, signeraient les yeux fermés !

Ryan Villopoto... en 2016

Lors de la conférence de presse organisée par KRT vendredi soir avant le GP d’Europe, Ryan a d’ailleurs admis publiquement que du côté de chez Kawasaki on avait déjà mis la question à l’ordre du jour. Le constructeur aimerait autant éviter de revivre la situation de l’été dernier, n’ayant su sur quel pied danser jusqu’en septembre et la confirmation définitive de la signature du contrat, d’une part. Ensuite n’oublions pas que la marque verte attend toujours, depuis la création de la catégorie MX1/MXGP en 2004, tout comme le fabricant de boissons énergisantes qui la soutient, une première couronne mondiale, quand KTM et Red Bull les enfilent comme des perles (et que Yamaha et Suzuki, quant à eux, ont connu ce bonheur).

« On me pose de plus en plus souvent la question » a reconnu Villopoto. Qui pourtant dès le départ avait été clair à cet égard. Il ne venait, quoiqu’il arrive, que pour une seule et unique saison… Mais la donne a changé, même si à l’heure qu’il est, il assure qu’il n’a pas encore songé à la question, qu’il est entièrement concentré sur ce qui l’attend à court terme, sur les prochaines épreuves, sur l’évolution de son matériel et de sa condition physique, en vue des prochains Grands Prix et rien que ça. « Pour l’instant, je peux dire que nous avons sans doute fait fausse route dans notre préparation, effectuant de nombreuses séances de testing aux USA, par exemple, alors que les conditions sont tellement différentes et que nous aurions dû venir plus tôt en Europe pour mieux nous adapter, plus tôt et plus efficacement. Voici où j’en suis de ma réflexion pour l’instant. Steve (Ndlr : Guttridge, responsable de la compétition chez Kawasaki Europe) m’a demandé d’y penser sans plus tarder et je vais devoir prendre ma décision dans les jours qui viennent : soit m’en tenir à mon plan initial, soit en changer… »

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