San Diego II et ce qu'on peut en dire

Par Ganjaman - photos copyright Simon Cudby

San Diego II et ce qu'on peut en dire

Si Glendale la semaine dernière a permis de voir émerger un nouveau vainqueur en la personne de Ken Roczen, le championnat a repris son train-train habituel cette semaine avec la victoire limpide de Ryan Dungey. La saison s'annonce longue pour les autres...

Et voilà. Je m’absente pour une semaine de vacances au ski bien méritée, et voici que deux de mes pilotes favoris gagnent, sur le plus beau circuit de la saison. J'ai le même problème au foot comme au rugby. Dès que je vais pisser, la France marque un but ou un essai. Bref, de retour cette semaine, j'ai visionné avec attention les deux derniers SX. Et j'ai vu un truc de ouf à Glendale : Ryan Dungey à l'attaque ! Au delà du top 10 après le premier virage, le Dunge n'a mis que six tours pour revenir sur le podium, avant de prendre la seconde place, pas si loin que ça du vainqueur. Le tout avec un mélange de patience et d'agressivité digne des plus grands. Décidément, l'effet Aldon marche à plein régime sur notre gars. Rien de tout ça à San Diego, vous noterez. Chat échaudé craint l'eau froide. Du coup, deux bons départs en heat et en finale, et le beau gosse du Minnesota signe une nouvelle victoire en mode balade dominicale (j'ai regardé la course dimanche). La routine, quoi. Et il compte maintenant plus d'une course d'avance au provisoire. Et n'est toujours pas descendu du podium depuis le début de la saison. Genre de performances, quand on voit le plateau...

Pourtant, ça roule derrière ! Personne ne se ménage, c'est le moins qu'on puisse dire. Bon, pas grand chose à dire sur Cole Seely, si ce n'est qu'il a réussi le plus dur sur ce terrain glissant et pas évident à doubler : réussir son départ. Ensuite, il a su enchaîner les tours comme des perles, et hop, une seconde place. De quoi lui redonner du baume au cœur après un sérieux passage à vide ces dernières courses. Solide, quand même, le Cole. D'autant qu'il faut être bien dans sa tête pour accepter de rouler déguiser en Bozo le Clown, avec des numéros réalisés au scotch d'électricien...

Ken Roczen est un peu passé à côté de sa soirée. Pas trop mal parti, il est vite revenu dans la roue de Canard, mais a été bien trop gentil avec le rouquin pour espérer mieux que cette troisième place. Fallait le sortir, bordel ! Pas à l'aise avec le terrain, ce n'était pas ce qu'on pouvait attendre de lui après sa victoire de la semaine passée que j'imaginais être un déclic dans une saison jusqu'ici bien en deçà de ses attentes légitimes. Le championnat s'envole petit à petit pour Kenny.
Si la quatrième place de Jason Anderson peut sembler être une légère déception sur le papier, le pilote HVA a encore prouvé qu'il est bien l'autre homme fort de ce début de saison. L'attaque, l'intensité qu'il met dans chaque tour de chaque course sont quand même assez réjouissantes et apportent véritablement à cette série. Sans parler de sa vitesse, qui est là. Reste à partir devant... Pourtant, j'imagine bien que Baker doit lui faire fondre quelques cloches à l’entraînement. Quand ça veut pas ! N'empêche, il est le seul à réussir à revenir aux avant-postes et à réussir à doubler après ses départs pourris. Chapeau.

Quel plaisir de retrouver Trey Canard en piste ! Après un début de saison désastreux, le pilote HRC signe mine de rien sa meilleure performance de l'année. Après un break de trois courses, on sait qu'il est difficile de retrouver le rythme. Alors, oui, il a baissé physiquement après la mi-course, mais il a su rester sur ses roues et contenir Tomac jusqu'au bout, ce qui n'est déjà pas un mince exploit. Qui plus est, il est bien parti en finale, ce qu'il n'avait pas su faire depuis le début de saison. Un bon retour, donc. Et ce style...
Eli Tomac, lui, doit encore se demander ce qu'il s'est passé. Meilleur temps chronos des essais, rapide en heat, bien parti en finale, on pouvait penser que la seconde place lui tendait les bras. Mais non, incapable de trouver l'ouverture sur Canard, Eli échoue mollement à la sixième place après s'être fait proprement déboîter par ce furieux d'Anderson. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé. Son triple à l'entrée de la partie sable lui faisait bien gagner du temps à chaque tour, mais n'a pas suffi. La saison est certes encore longue, mais on est quand même en droit d'attendre mieux d'un des gros favoris. On le tire quand, le signal d'alarme ?

Marvin Musquin, septième. Comme Anderson, ça sonne moyen sur le papier, mais c'est plutôt pas mal, en vrai. Longtemps au contact de la bataille Canard/Roczen/Tomac avant de baisser un peu de rythme, Marv, auteur d'une belle heat, commence à trouver son rythme parmi les grands. D'autant qu'il a retrouvé ses départs. Dommage qu'il ait fait une Mamola dès le premier virage, qui sait s'il n'aurait pas réussi une Seely sans cette erreur. Mais aucun doute, il est sur la bonne pente. Reste à bosser les whoops et l'agressivité. Pourtant, avec JA21 comme sparring-partner, ça doit pouvoir se faire...

La si prometteuse saison de Reed est entrain de dérailler petit à petit. Moyennement parti, pas assez vite pour revenir devant, Chad sort du groupe des Galactiques pour redevenir un pilote parmi d'autres. Simple passage à vide ou tendance à confirmer ? J'en sais rien, je ne suis pas Madame Soleil, mais je suis persuadé que l'atmosphère n'était pas à la teuf après la course du côté du camion bleu. A surveiller, Reed étant pire qu'un phœnix.

Derrière, on n'a pas vu grand chose de la course. Signalons quand même la nouvelle victoire en heat de Millsaps, décidément plus à l'aise sur 8 tours que sur 20. Bizarre, hein ?
Le team Jacuzzi d'Alessi/Friese devrait ouvrir un centre de formation pour les départs, les deux étant plus que régulièrement dans le top 3 au bout de la ligne droite, quelque soit leurs places sur la grille. Fort, très fort ! En parlant de Friese, il s'est retrouvé impliqué dans le plus bel exemple de course d'équipe qu'il m'ait été donné de voir depuis l'opération fer à cheval. En semi, Tommy Hahn a montré la trajectoire intérieure à son frère pendant qu'il est allé sortir Friese à l'extérieur. Énorme !
Christophe Pourcel a enfin gagné une course, et avec quelle facilité ! Ok, c'était le LCQ. Baby steps... Mais quand même, quel style. La classe. On dirait presque qu'il n'attaque pas. C'est ce qu'il fait ? Au temps pour moi. Décidément, le round 7 n'arrive pas assez vite. Ah, au fait, c'est la semaine prochaine ! Ne soyez pas surpris de le retrouver sur le podium. Ou pas. CP est aussi imprévisible que les cinq numéros et deux étoiles de l'Euromillions.
A part ça, sympa de retrouver Baggett, Bogle ou encore Andrew Short, même s'ils n'ont, il faut bien l'avouer, rien apporté au show. Et une nouvelle fois, ce crevard de Jeff Alessi a réussi à s'introduire par effraction en finale, pour cruiser tranquille vers une belle 21e place. Et les 2000 $ qui vont avec.

Mal barré, avec les victoires successives de Cooper Webb, ce championnat 250 est entrain de joliment tourner. Car depuis son problème mécanique (et ses multiples sautes d'humeurs avec les autres pilotes), on a l'impression que Coop' a perdu son totem d'invincibilité. De fait, chacun veut sa part du gâteau, et plus personne n'est disposé à lui laisser la porte ouverte. C'était vrai à Glendale, c'était encore une fois le cas ici, avant qu'il ne perde les deux roues tout seul comme un grand. Finalement, il va falloir qu'il aille le chercher, ce titre, le futur pilote officiel Yamaha Racing (c'est signé, il parait). D'autant que cette semaine, oui, il paraissait quand même un poil plus vite que Savatgy, mais on n'est plus sur le même type de domination qu'en début de saison. Il y tient, le Joey, à sa plaque rouge, et n'est pas prêt à l'abandonner sans combattre. Et lui pourra compter sur quelques amis ouvertement anti-Webb au moment crucial. La fin de saison s'annonce chaude, à l'ouest. En parlant d'anti-Webb, Chris Alldredge n'a décidément pas de bol. Pour une fois qu'il part bien et semble enfin en position de concrétiser son potentiel, sa Kawa Pro-Circuit le lâche. C'est moche.

Après sa magnifique victoire de la semaine dernière, j'attendais mieux de Christian Craig, à fortiori sur un terrain avec des whoops costauds, devant son public. Pour une fois mal parti, il a tout de même réussi à sauver le podium, ce qui n'est pas si mal. Mais quelque chose me dit qu'il ferait encore beaucoup mieux avec plus de caisse, parce qu'il avait l'air de piocher un poil en fin de course...
Quatrième de la course comme du provisoire, Colt Nichols. Et ce malgré un mauvais départ. Colt qui ? Depuis son podium, Nichols a clairement pris une autre dimension et joue maintenant dans la cour des grands. Attendez-vous à le retrouver rapidement avec un bon guidon entre les mains ! Avec un bon départ, il pourrait même en gagner une avant la fin de saison. Oui, je m'avance un peu.

Encore une soirée moyenne pour Zach Osborne, qui s'enfonce course après course, lui qui paraissait être le meilleur remède anti-Webb en début de saison. C'est toujours mieux que son pote Alex Martin, plus souvent au sol que sur sa brêle... Allez, plus qu'une course et c'est le break. Un break également bienvenu pour Jordon Smith, bien parti et dans le coup avant de se mettre un beau par l'avant après avoir tapé la roue de Webb. Lui aussi en passe, du temps par terre !
On se retrouve la semaine prochaine, pour ce fameux round 7 de la saison. Peut-être le début d'une nouvelle ère !

Commentaires

Ah oui, Arlington cette année, c'est à l'Ouest. J'm'ai fait reprendre par le modo de Vital. Première course Est dans 15 jours à Atlanta...

Et merci!