Yamaha présente ses teams officiels 2016



MXGP, MX2, EMX 250 & 125 : les bleus sur tous les fronts !

Par Eric Breton - Photos Yamaha Racing

Yamaha présente ses teams officiels 2016

La saison 2015 a été fructueuse pour la marque japonaise : championnat MXGP et sacre inattendu de Romain Febvre, retour au premier plan en MX2 grâce à Valentin Guillod, Julien Lieber, Benoît Paturel et Brent Van Doninck et, au surplus, couronne mondiale Junior avec Maxime Renaux !

Les patrons nippons, monsieur Yanagi, Président, et monsieur Tsugi, boss des activités sportives, n’ont pas manqué de le souligner, tout comme Eric De Seynes, directeur de Yamaha Motor Europe : sur tous les circuits du monde la firme aux trois diapasons a superbement célébré son soixantième anniversaire (la création de Yamaha Motor Co. remonte à 1955), d’autant que ses satisfactions ne se sont pas limitées au motocross. Ainsi a-t-elle dominé en MotoGP, et de quelle manière, mais aussi aux Huit Heures de Suzuka ou en British Superbike, par exemple, entre autres… Car la liste de victoires et de titres obtenus par les bleus n’en finit plus, une vraie razzia !

En ce qui nous concerne, au rayon motocross, la vedette de l’année aura bien sûr  été Romain Febvre : il y a tout juste un an, à Milan dans les locaux du workshop MotoGP où Yamaha dévoilait alors ses batteries face à la presse en vue de la saison 2015, personne n’imaginait encore le véritable conte de fées que le Vosgien réservait au monde du MX ébahi et à son heureux employeur en tout premier lieu. Douze mois plus tard, à Barcelone cette fois où la Tour Telefonica, sponsor d’un team Yamaha MotoGP auteur d’une saison agitée certes mais ô combien fructueuse, accueillait l’événement, « RF 461 » partageait même un peu de la gloire du « Doctor » ! OK, ce n’était pas pour le Français qu’en bas sur le trottoir une nuée de fans portant casquettes et autres marques de reconnaissance à dominante jaune et dûment labellisées « 46 » s’était pressée toute la journée autour des différentes issues dans l’espoir d’apercevoir Valentino et, accessoirement, le champion du monde en titre, l’Espagnol Jorge Lorenzo… Mais il est amusant d’observer comme Vale « l’idole » s’intéresse au cross et à quel point il a « adopté » son collègue à crampons. Auquel il a proposé à plusieurs reprises de venir un de ces jours faire un tour chez lui, dans son ranch de Tavullia, son village natal, histoire de se tirer une bonne bourre au guidon de 450 YZF gréées flat-track… Invitation qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, Romain semblant très excité à l’idée de tenter l’expérience dès que possible, dès que le calendrier le permettra !

 

Monster Energy Yamaha Factory MXGP Team
Un champion du monde et un ex-vice-champion !

Bien entendu, l’YZ 450FM, machine d’usine, évolue sans cesse au fil des séances de testing et l’on ne sera guère étonné d’entendre le champion du monde, qui depuis qu’il a rejoint l’équipe de Michele Rinaldi à l’automne 2014 n’a cessé de répéter la satisfaction que lui procure cette moto, affirmer la belle confiance qui l’habite en ce début d’année. Il l’a dit toute la saison dernière, il était encore loin, selon lui, du maximum de son potentiel au cours de son année de rookie et il espère bien faire mieux encore, s’améliorer de manière assez sensible, et ce dès 2016. Ça promet, craignent déjà ses adversaires… En tous cas, lorsqu’il n’est pas en piste, le garçon, tout comme Julio Iglesias, « n’a pas changé ». Pas d’un poil. Toujours la même banane, le même enthousiasme naturel permanent et communicatif, cette même façon d’aborder les défis sans trop se poser de questions, mêlant idéalement humilité et confiance, une méthode qui lui a si bien réussi jusqu’à présent. Tenez : « On dit que le plus difficile, j’entends ça un peu partout, c’est de confirmer. On prétend que le second titre est toujours plus compliqué à aller chercher que le premier… On verra, mais à première vue je ne suis pas trop d’accord avec ça : à mon avis, lorsqu’on a déjà remporté un championnat, on s’est armé d’une certaine expérience, on sait à quoi s’attendre, on sait déjà comment ça se passe, non ? J’ai plutôt tendance à croire que le plus dur, ça reste d’aller chercher un premier succès… Et donc ce que j’ai vécu me rend plutôt confiant ! J’ai repris l’entraînement début décembre et à première vue ça devrait bien se passer… Je me sens vraiment bien, beaucoup mieux que l’année dernière à la même période, où j’étais blessé ! Aujourd’hui je ne suis pas encore tout à fait prêt, mais à un mois du premier GP tout va bien, on est dans les temps. Même si la moto était déjà très bonne en 2015, comme on a pu s’en rendre compte, elle a encore pas mal évolué, le team a travaillé dur, notre machine s’est encore bonifiée et ça donne quelque chose de vraiment super ! ».

On prétend que le second titre est toujours plus compliqué à aller chercher que le premier… On verra, mais à première vue je ne suis pas trop d’accord avec ça : à mon avis, lorsqu’on a déjà remporté un championnat, on s’est armé d’une certaine expérience, on sait à quoi s’attendre, on sait déjà comment ça se passe, non ? - Romain Febvre

Bref, le Français et son coéquipier belge semblent confiants, à l’orée d’un exercice 2016 qui s’annonce radieux. Jeremy Van Horebeek a vécu une saison compliquée, mais tous ces vilains soucis (haute pression, bobos, doute, déprime…) sont derrière lui désormais, affirme-t-il. « Chacun sait que je peux terminer dans les trois premiers et c’est bien ce que j’ai l’intention de confirmer ! ». Le Jerre va disputer l’intégralité du championnat italien, d’ici au premier Grand Prix au Qatar (le 27 février), le 31 janvier à Alghero en Sardaigne, le 7 février à Lamezia Terme en Calabre et le 14 à Ottobiano, du côté de Pavie, non loin de Milan. Des Internazionali d’Italia dont les épreuves vont toutes trois se disputer sur des terrains plutôt sablonneux. Romain, lui, a prévu de ne participer qu’aux deux premiers rounds italiens avant d’aller à Valence le 14, histoire de courir devant le public français mais aussi de se confronter à d’autres types de pistes avant le lancement du Mondial. Avis aux fans tricolores…

Yamaha présente ses teams officiels 2016

Wilvo-Standing Construct Yamaha Official MX2 Team
Deux pilotes capables de monter sur le podium

Finalement, le team Standing Construct ne fera pas ses débuts en catégorie MXGP cette année. En se séparant d’un commun accord, « à l’amiable », l’équipe belge et le Suisse Valentin Guillod permettent à la structure créée par Tim Mathys de continuer à se consacrer exclusivement au championnat MX2 et à cette cylindrée 250 cm3 dont le boss flamand est un fervent passionné. Aux côtés de Julien Lieber, qui avait rejoint l’équipe fin 2014 avant même que celle-ci ne quittât KTM pour Yamaha, Standing Construct a embauché Aleksandr Tonkov, en rupture de ban avec Husqvarna et Jacky Martens.

Sur le papier ces deux-là forment un duo de choc dont on a pu apprécier tout l’impact la saison dernière, même si l’un et l’autre n’ont pu donner leur pleine mesure à cause de divers pépins physiques. Le Russe avait réussi une première demi-saison épatante, menée sur un rythme impressionnant, ayant accédé au podium (5/2) dès le GP d’Europe à Valkenswaard et remporté une manche à Maggiora. Hélas, tout s’écroulait lors de l’épreuve suivante en Allemagne, un GP définitivement cauchemardesque pour l’usine Husqvarna puisque, en plus de l’accident dont a été victime Max Nagl, alors titulaire de la plaque rouge en catégorie reine mais out dès les essais avec une cheville dans le sac, leur pilote MX2 se crashait lui aussi et, une épaule hors-service, voyait son joli parcours s’achever à Teutschenthal. Le Russe allait échouer à un anecdotique quatorzième rang du classement final du championnat 2015 après avoir brillamment effectué neuf rounds, marqué zéro point lors du dixième et déclaré forfait pour les neuf suivants. D’accord, Alex n’est pas le roi de la constance à l’échelle d’un championnat complet, mais la vitesse est là et, pour peu qu’il ait enfin, avec l’âge (il aura 23 ans en juillet et 2016 constituera donc sa dernière « tentative » en 250 cc), pris un peu de plomb dans la tête, il peut rêver d’un top-5, au guidon d’une YZF qui semble lui aller comme un gant.

Le cas de son équipier est un peu différent : plus encore que Tonkov, Lieber avait démarré en fanfare avec un podium au Qatar (3/2). A l’étape suivante, en Thaïlande, le Wallon se faisait à nouveau remarquer, avec un podium en seconde manche et surtout… un incroyable vol plané qui aussitôt allait créer du buzz sur les réseaux sociaux. Bref, le rythme y était, mais en Argentine (4/-) une fois encore la Yamaha n°33 finissait au tapis, ce qui ne pouvait demeurer sans conséquence pour son pilote. Car, à partir d’Arco, Julien a souffert d’une hanche, une douleur qui l’a handicapé une bonne partie de la saison. Mais s’il s’est rapidement avéré obligatoire de passer sur le billard, Julien et son entourage ont préféré reporter l’intervention en fin de saison, après le MX des Nations. Certes, le pilote Standing Construct n’a pas manqué un seul GP, il a même retrouvé presque tout son potentiel durant l’été (podiums à Lommel, à Assen et au Mexique) et il a terminé le championnat à un très honnête sixième rang, mais ce ne fut pas sans souffrances, loin de là ! Il s’est abîmé l’autre hanche à Ernée lors des essais et si, assez miraculeusement, l’équipe belge a su décrocher un nouveau podium aux Nations, c’est à une douzième place tout à fait héroïque signée par son pilote MX2 qu’elle l’a dû. Bref, au sortir d’une année franchement chaotique, Julien a été opéré du bassin (des deux côtés) et une telle opération nécessite une très longue convalescence, aussi n’a-t-il repris le guidon de sa 250 cc que très récemment, rejoignant son équipe en Espagne pour une série de tests début janvier. Et là il s’est d’emblée fracturé un petit os du pied ! Bref, à l’inverse de son coéquipier qui de son côté roule depuis fin octobre (comme on a pu le voir sur une vidéo) et sera au départ du meeting Inter de Valence mi-février, Julien Lieber partira au Qatar sans aucune préparation ou presque, en tous cas sans avoir pris part à la moindre épreuve de pré-saison. Cela dit, le jeune Belge, comme toujours très déterminé, reste confiant : « Ça va le faire, il faudra bien ! N’attendez peut-être pas un podium de ma part à Losail comme l’année passée, mais de toutes façons je ferai de mon mieux et on verra… Sans doute débuterai-je mon championnat pour de bon à mon retour en Europe, cela dit je ne vais pas partir sur les courses outre-mer uniquement pour être au départ : j’y serai avec l’idée de rapporter les meilleurs résultats possibles, c’est certain ! ».

La dénomination exacte du team est désormais Wilvo Standing Construct Yamaha Team, le patron de l’entreprise néerlandaise de constructions métalliques Wilvo, Louis Vosters, s’étant associé à Tim Mathys pour diriger la structure à ses côtés. Celle-ci va disposer de nouveaux moyens, en plus de pilotes rapides, qui en veulent, et de machines toujours très performantes, pour confirmer le retour au sommet de Yamaha en MX2. Douzième du championnat 2014, Max Anstie, pilote de l’équipe britannique de Steve Dixon, avait été le meilleur représentant de la marque en classe deux-et-demie. Sur leurs YZ 250F nouvelle génération engagées par Standing Construct, Valentin Guillod et Julien Lieber ont achevé leur saison 2015 aux quatrième (clin d’œil : derrière Max Anstie, passé chez Kawasaki) et sixième places, respectivement. C’est dire le redressement réussi par le constructeur japonais en quelques mois seulement. Et encore faut-il préciser que Guillod a été en lice pour la couronne mondiale jusqu’à ses faux-pas de Lommel puis d’Assen… Bref, Standing Construct et Yamaha, ça le fait et l’on a vraiment hâte de voir Aleksandr Tonkov en course aux commandes de sa nouvelle monture, mais aussi un Julien Lieber « re-construit », en pleine possession de ses moyens, à l’œuvre en 2016.

Kemea Yamaha Official MX Team
Sur tous les fronts !

C’est finalement chez Kemea que Valentin Guillod, détenteur d’un contrat avec Yamaha, a trouvé refuge après avoir quitté cet automne Standing Construct, son équipe depuis deux ans. Par conséquent, l’équipe Kemea va donc découvrir, en même temps que son nouveau protégé, la catégorie MXGP vers laquelle le Suisse « atteint par la limite d’âge » s’est vu forcé (en n’ayant rien contre !) de migrer. L’équipe belge de Roy Curvers et Marnicq Bervoets est donc appelée à batailler sur tous les fronts, ou sur de nombreux fronts au moins puisqu’elle est d’ores et déjà engagée, comme on l’a vu, en catégorie reine, aux côtés du rookie helvète, en GP MX2, son cœur de cible a-t-on envie de dire, avec les deux mêmes pilotes qu’en 2015, à savoir le Français Benoît Paturel et le Flamand Brent Van Doninck, mais aussi en EMX 250, avec un certain Maxime Renaux, qu’elle a déjà accompagné au plan international la saison passée, une association sublimée par un titre de champion du monde Junior obtenu par le jeune Nordiste en juillet dernier à El Molar en Espagne. Jeune ? Yes : si physiquement Max est plutôt un costaud, il n’est né « qu’en » mai 2000. Faites le compte, nul besoin d’être un crack en calcul mental : il aura… 16 ans au mois de mai prochain !

Côté Guillod, bien sûr, on est très excité à l’idée de faire ses débuts en 450 cc. Cela dit, le Suisse et son coach, Yves Demaria, vont débouler en MXGP l’esprit très ouvert, sans a priori, plutôt sereins, sûrs de leur potentiel, de leur matériel, mais sans arrogance aucune. Juste parce qu’ils croient en eux, tout simplement, et aux vertus du travail bien fait. C’est marrant comme, tout en étant réaliste et en sachant garder les pieds sur terre, c’est à dire en ne perdant jamais de vue le caractère exceptionnel de l’exploit réalisé par le garçon auquel dorénavant on songe immédiatement dès qu’il est question de rookies, aujourd’hui on les regarde d’un œil tout à fait différent ces nouveaux venus quels qu’ils soient, et plus particulièrement ceux qui vont faire leurs grands débuts en MXGP ! Z’avez remarqué ? Depuis qu’un certain Romain Febvre a ouvert la boîte de Pandore en s’imposant dès son arrivée dans sa nouvelle cylindrée malgré une concurrence exacerbée, on ne peut s’empêcher, un peu comme si l’on craignait de se faire avoir deux fois de suite, de se « méfier » des rookies. Ben ouais, tous les soi-disant experts, auto-proclamés ou non, n’avaient rien vu venir, obnubilés qu’ils étaient par la venue d’un certain ami américain… En tous cas, personne n’avait anticipé pareille déflagration, alors aujourd’hui ils vont faire gaffe : et si un autre « newcomer » rééditait le coup de pied dans la fourmilière ? Bon, il est évident que Valentin Guillod, tout comme d’ailleurs son collègue Jordi Tixier, autre rookie du MXGP 2016 (et ex-champion du monde MX2, à l’instar de Tony Cairoli, précédent rookie en date, et ils ne sont pas légion, ayant coiffé la couronne dès sa première saison chez les grands), y sera vite comme chez lui. Au surplus, on a déjà vu l’un et l’autre, Guillod et Tixier, au guidon d’une quatre-et-demie, en SX en particulier, et ça allait plutôt pas mal… Alors évidemment certains signaleront aussitôt que « Cairoli, c’est pas pareil : tout le monde le connaissait, il avait déjà été double champion du monde MX2 avant de passer en 450 cc ! », ce qui n’est pas faux. C’était donc moins inattendu, forcément, que le coup de Febvre… Mais revenons plutôt à notre Helvète : je ne sais s’il sera champion du monde direct, en tous cas lui n’y croit pas spécialement et ça n’a rien à voir avec de la fausse modestie. « Ce qu’a fait Febvre ne peut devenir la règle, sûrement pas ! Bien sûr, je vais faire de mon mieux, mais je pense que cette année j’ai surtout beaucoup à apprendre. Les très bons pilotes seront nombreux en MXGP et, déjà, entrer dans le top-ten pourra être considéré comme un bon résultat. Je vais découvrir un nouveau championnat, il m’est donc difficile d’établir un pronostic quelconque, mais je me présenterai derrière la grille en visant le meilleur résultat possible, bien sûr. Et à l’heure actuelle c’est dans cet état d’esprit que je me prépare, c’est pour ça que je travaille dur ! D’autant que je vais disposer d’un matériel au top, d’une moto Factory en tous points identique à celles de Febvre et Van Horebeek. La machine championne du monde, quoi ! Tout est donc réuni pour faire du bon boulot, à moi d’être à la hauteur ».

Ce qu’a fait Febvre ne peut devenir la règle, sûrement pas ! Bien sûr, je vais faire de mon mieux, mais je pense que cette année j’ai surtout beaucoup à apprendre. - Valentin Guillod

L’an passé, la structure Kemea était présentée comme une sorte d’équipe « Junior », à côté du team Standing Construct chargé de représenter Yamaha à la pointe de l’action en MX2. Kemea faisait alors figure de section d’appui, avec le plein accord de Yamaha Europe, comme une sorte de pépinière avec ses très jeunes pousses, des pilotes qui étaient là pour « apprendre » les GP sous la houlette de Bervoets. Et faut dire que la formule a plutôt bien fonctionné : Benoît Paturel, qui vient d’avoir 21 ans en décembre, a fini dans le top-ten (neuvième) final, avec un podium de manche au Mexique au passage, quant à Brent Van Doninck (20 ans depuis le 1er janvier), préféré au dernier moment à Damon Graulus, il a terminé treizième en ayant raté quatre épreuves (il n’était pas prévu sur le Mondial à l’époque des deux premières étapes, puis il a dû faire l’impasse sur l’Angleterre et la France à cause de ligaments d’un genou amochés). On connaît le talent du premier : il pourrait bien exploser à la face du monde cette saison, avec l’entier soutien d’un certain Jacky Vimond. On y croit. Le second possède lui aussi toutes les qualités d’un authentique champion et notamment, en pur Flamand, un abattage exceptionnel sur le sable (on ne fait pas 4/4 à Assen par hasard !). Marnicq Bervoets en est convaincu, son poulain est un futur grand et l’on a très envie de se ranger à son avis sur cette affaire. Dites, l’air de rien, on pourrait bien se retrouver avec quatre hommes en bleu dans le top-dix du MX2 en septembre prochain… Car, oui, les Kemea-boys ont bel et bien pris l’aspi des grands frères de Standing Construct au cours de la saison dernière et, entre l’affirmation de ses pilotes MX2, l’arrivée de Guillod et l’accès au MXGP et un rayonnement à la hausse, l’équipe belge a complètement changé de statut en un an. Au niveau de la famille Yamaha comme aux yeux du petit monde du MX et des fans. Les intitulés officiels des communiqués de presse fournis par le QG d’Amsterdam l’indiquent clairement : on lit « Yamaha Factory MXGP Team » pour l’émanation directe de l’usine qu’est l’équipe de Michele Rinaldi, « Official MX2 Team » pour Wilvo Standing Construct, équipe soutenue par Yamaha Europe, et « Official MX Team » pour Kemea, équipe non plus limitée au MX2 et soutenue sur le même plan que la précédente par Yamaha Europe. Fallait préciser. 

Le team Yamaha Kemea au complet avec de gauche à droite, Valentin Guillod, Maxime Renaux, Benoit Paturel et Brent Van Doninck

Cela dit, dans le communiqué Yamaha il est aussi indiqué que, fidèle à ses fondamentaux, l’équipe Kemea reste un « habile développeur de talents de course » (traduction mot à mot de « slick developer of racing talent »), c’est à dire qu’elle est toujours cette pépinière de jeunes champions et, même si son statut a considérablement évolué, fidèle à ses principes elle continue de jouer à fond la carte jeunes. La preuve ? Elle poursuit son effort auprès de Maxime Renaux, sacré champion du monde Junior l’an dernier, mais hélas blessé (clavicule) alors qu’il semblait bien parti pour conquérir également la couronne EMX 125. Cette saison Max « monte » à l’échelon supérieur, en EMX 250, ce qui au vu du gabarit du garçon, paraissait inévitable. Autrement dit, chez Yamaha on croit dur comme fer en ce jeune espoir, intronisé en quelque sorte premier choix du constructeur en championnat d’Europe cette saison. Et on a bien raison !

DP 19 Yamaha Official MX Team
Du MXGP à la formation

Nombreuses sont les équipes représentant les intérêts de la marque japonaise dans le cadre de compétitions nationales ou continentales, voire même à l’échelon supérieur : en France, on pense par exemple à Tip-Top Racing, Team 2B, JPM, MJC, etc. Au niveau des Grands Prix, directement soutenu par Yamaha Europe, un autre team est en train de prendre une nouvelle dimension : il s’agit de DP 19, la structure créée il y a deux ans par David Philippaerts. Jusqu’à cette année, elle n’avait qu’un but, assurer la présence en compétition du premier champion du monde italien en catégorie reine (2007), resté fidèle à la marque depuis ce moment de gloire, Yamaha lui fournissant du matériel de premier plan, digne du standing d’une telle icône. Eh bien en 2016 l’équipe DP 19 ne sera plus au service exclusif de son seul patron, qui va peu à peu délaisser le casque pour la casquette de team-manager. En effet, sous son auvent l’Italien va accueillir de jeunes pilotes et les faire profiter de sa vaste expérience en matière de MX au plus haut niveau. Ainsi deux garçons vont-ils débuter en EMX 250 cette saison avec DP 19 : un jeune compatriote du boss, Morgan Lesiardo, 17 ans en avril, champion d’Italie SX Junior, et un Suédois un peu plus connu, Alvin Ostlund, remarqué en EMX 125 dès 2014 et cinq du 250 l’année passée.

Le jeune suédois Alvin Ostlund attaquera sa première saison d'EMX 250 au sein du team Yamaha DP19

Ces deux heureux élus ne seront pas les seuls à bénéficier de l’attention de DP 19 puisque la structure italienne devenue un véritable team va aussi se charger en partie d’une nouvelle initiative Yamaha à destination des jeunes de l’EMX 125, une sorte d’ « YZ 125 Academy » visant à aider puis à mettre en concurrence une flopée de kids d’une quinzaine de pays. Au bout du compte huit aspirants champions seront sélectionnés et soutenus par Yamaha Europe. Le meilleur portera les couleurs de la firme japonaise en EMX 250 en 2017. Parallèlement à cette opération de détection, Yamaha va également soutenir cette saison Zachary Pichon, le Néerlandais Rick Elzinga et le Suédois Christian Simonsson, déjà remarqués l’an dernier, à travers l’équipe française MJC dirigée par Loïc Le Foll et toujours plus impliquée en championnat d’Europe 125.

Voilà, il semble que chez les bleus tout est réuni pour faire de 2016 une année plus remarquable encore que la précédente. On a forcément, au moment de conclure ce tour d’horizon des forces en présence en Grands Prix MX, côté Yamaha, une pensée pour JCO. N’aurait-il pas été super heureux, lui qui a tant œuvré pour intensifier l’implication de sa marque chérie en compétition, tout-terrain et motocross en particulier, de constater que ses « héritiers » mettent en pratique ses instructions ?